Les puces

J’ai fait les puces récemment. Magnifique soleil. Plein de monde dans les rues ordinairement réservées aux voitures et quelques amis d’enfance chers. C’est drôle de voir ce que deviennent les amis d’enfance. La plupart deviennent des étrangers car nos vies ont pris des chemins trop divergents. Mais certains demeurent. Ce n’étaient pas forcément les plus proches à l’époque, et on ne se voit pas très souvent, mais le lien est là, indéfectible.

J’avais décidé de ne rien acheter cette année, car je ne fais qu’un seul marché aux puces par an et c’est celui de mon village natal. Mais des objets n’ont pas cessé de venir – inexplicablement – se jeter dans mes mains pendant toute la journée. Et à la fin je me suis retrouvé avec :

  • Une balance (mais qu’est ce que je vais bien pouvoir faire avec ça ?)
  • Un DVD hautement improbable, qu’un ami m’a chaudement recommandé en me disant qu’il n’avait pas tenu plus de 10 minutes. Ca s’appelle  » steel frontier « , avec Joe Lara et Brion James s’il vous plaît (mais euuuh au fait… qui sont Joe Lara et Brion James ?)… 50 centimes quand même, j’espère qu’il est bon sinon ça va saigner.
  • Un livre d’Alexandre Jardin, l’île des gauchers. Il était posé sur une table et celui ci m’a tout de suite parlé… Il pose une bonne question je trouve… et j’aime bien les îles… et je suis gaucher… Et je n’ai jamais lu cet auteur…
  • Un extenseur (ça ça doit vouloir dire qu’il est temps que je me remette à la muscu…)
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Vendredi dernier…

… J’avais entrepris une tournée des bars avec un ami de passage. Au cinquième nous nous sommes retrouvés – passablement imbibés – dans un de mes lieux préférés à Strasbourg, un bar underground totalement inclassable fréquenté par toutes sortes de gens, plutôt des alternatifs en règle générale, mais tout le monde y est bienvenu. J’aime bien l’idée de mixité, de  » cross-over  » entre des gens de tous horizons, c’est malheureusement de plus en plus rare, à Strasbourg du moins. Deux filles se sont approchées de notre table, et l’une d’elle est venue, sans un mot, se frotter contre moi. Elle a pressé ses seins contre moi, d’abord l’un, puis l’autre… je pouvais sentir la texture de son soutien gorge sous son t-shirt (bon, ça ne vaudra jamais un toucher naturel ;o)… puis elle est retournée danser au sous sol avec sa copine.

C’est drôle comme cette histoire me trotte dans la tête. Je me demande ce qu’elle avait en tête. Bah, peut être que je l’aurais su si j’avais songé à lui sourire et à la vouvoyer du regard… Mais… Sur le coup j’ai été simplement pris au dépourvu par son geste, et je me suis senti… stupide, au sens étymologique de ce mot :  » frappé de stupeur  » ;o). Mais quand j’y repense… quelque part j’ai l’impression qu’elle m’a apposé un tampon… son tampon… et j’aime bien cette idée :-). Je ne sais pas comment elle s’appelle, ni où elle est. Je ne la reconnaîtrais certainement jamais si je la croisais dans la rue, mais j’espère qu’elle va bien, et qu’elle a passé un bon week-end.

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Au bonheur des dames

Je viens de réaliser que je n’ai jamais osé aborder une femme inconnue qui s’était mise sur son 31. Pourtant ce n’est pas faute d’en connaître et d’en fréquenter, mais c’est vrai que, très bien habillée et très bien maquillée une femme inconnue devient intimidante et inaccessible.

Ce doit être la version vanille de la dominatrice fétichiste, ou peut être son pendant public, juste avant que la nuit tombe et qu’elle revête d’autres parures… à moins, naturellement, qu’elle ne préfère simplement se dévêtir pour se révéler dans toute sa splendeur lumineuse.

Cela dit j’ai aussi quelques amies qui vivent, je le crains, leur apparence comme une contrainte sociale… C’est dommage. Le charme est une lumière qui vient de l’intérieur. Pas besoin, ne vous en déplaise, de maquillage ou de beaux vêtements pour être belle et désirable. Le plus triste c’est quand ça devient une habitude, quand on s’habille pour aller acheter une baguette comme on va au bureau… machinalement.

C’est un jeu en réalité. Et un rituel de bien être. Et il n’y a pas de règles, si ce n’est le bonheur des Dames :o).

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Les friches

J’aime bien les friches industrielles.

C’est, je crois, le dernier endroit de la planète où peut prospérer une nature vierge, sans que personne ne s’avise de la modeler ou de l’exploiter. Paradoxal non ?
Personne ne s’y intéresse… ou très peu de gens disons… En général ce serait plutôt « Une ballade dans une friche industrielle ? Beeeurk vous n’y pensez pas, donnez moi plutôt un club hotel en Egypte… oui celui qui est en promo dans votre vitrine s’il vous plaît »… Bah, il en faut pour tous les goûts et puis c’est plutôt bien comme ça… car pendant ce temps là…

Les petites souris peuvent à nouveau danser entre les boogies rouillés lorsque les chats vont s’empiffrer à Hourgada. Les plantes sont discrètes, tellement communes sous nos latitudes que nul n’y prête plus attention. Elles déploient leurs halliers sur les plate formes des wagons, et leurs feuilles font des écrins de verdure aux tags à demi masqués. Des insectes vont et viennent, s’entrecroisent, virevoltent. Des petits papillons papillonnent gaiement autour d’une tige de métal rouillé enveloppée d’une résille de liseron. Leurs ailes irisées resplendissent sous la lumière chaude du soleil et semblent palpiter d’une vie qui leur est propre. Est ce un rêve ? Est ce la réalité ?

Les friches industrielles sont des terres de reconquête, des zones de guérison. Il faudra des siècles pour achever le processus.

Et alors ?

Il a fallu des siècles pour bâtir les cathédrales, et puis je trouve que ce n’est pas si laid comme ça.

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