Heidi explore trois styles (générations ?) de cordes

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Haruki Yukimura & Shin Kou Sabre

La quarta Corda et Arinel

Tifereth & Joan von Brook

Pleine lune demain à 7h22

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La vie secrète des pierres

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J’ai posé ma main sur la pierre. C’était une pierre comme les autres, si ce n’est qu’elle offrait une assise plus confortable que ses voisines, raison pour laquelle je m’y étais installé.e. C’était sur une longue crête, toute en pelouses d’altitude et roches affleurantes, qui dessinait avec les sommets voisins de belles ondulations parallèles. L’ensemble n’était pas sans évoquer une colonne de dragon.ne.s pétrifié.e.s en pleine chevauchée par quelque enchanter.esse esthète. Facétieu.se.

Un endroit parfaitement féérique donc, qui accueillait avant-hier un événement dont le blog de Heidi s’était déjà fait l’écho lors d’une précédente édition. Modulations. 24h de performances sonores radiodiffusées en autonomie complète dans un espace d’altitude avec, en prime cette année, un des plus fameux coucher de soleil que j’aie jamais vu.

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Je m’étais installé.e un peu à l’écart du groupe, en tailleur sur cette pierre accueillante, pour écouter en savourant le paysage. Où était ce l’inverse ? J’ai posé la main sur la pierre donc, et je l’ai sentie qui vibrait sous ma paume. J’ai d’abord cru que c’étaient les ondes sonores de la performance en cours, mais non, il n’y avait que cette pierre ci qui vibrait. C’était comme une fontaine d’énergie. Ou un puits peut-être ? Je me suis demandé si ce que je ressentais me plaisait ou non avant de m’ouvrir pour que l’énergie puisse circuler en moi. Me faire pont, canal, et la sentir s’écouler à travers moi, hors de moi, en route vers l’infini et au-delà.

Elle est entrée par ma main et j’ai parlé avec elle. Mon esprit a voyagé un long moment sous le ballet parfait de la lune et des étoiles et des planètes. J’ai appris que les pierres sont vivantes. Bon je le savais déjà en vrai (c’est bien connu !), mais j’ignorais en revanche qu’elles étaient porteuses d’une sagesse ancienne.  Quelque chose a bougé en moi, comme un ménage dans les arches encombrées de mon âme. Des choses qui m’étaient obscures se sont éclaircies, et ma réflexion à progressé sur d’autres points qui demeurent largement des mystères.

Qui dois je remercier pour ce bienfait ? La pierre ? L’énergie ? le lapiaz ? La montagne ? Gaïa ?

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Je lui ai fait don de mes peurs et mes peines, avec toute ma gratitude pour ce qu’elles m’ont enseigné. Je les laisse derrière moi à présent, entre de bonnes mains je crois. Je lui ai fait don de la colère que je ressens, pour qu’elle se dissipe et passe comme les nuages dans le ciel, mais il faudra sans doute d’autres dons tant il m’en reste en couches enfouies. J’ai aussi songé à lui faire don de mes blessures de l’âme, mais là je me suis ravisé.e. C’est trop tôt je crois, et important de les aimer bien pour qu’elles puissent cicatriser. Alors je lui ai simplement demandé conseil et appui pour en prendre soin.

A un moment la pierre toute entière s’est mise à vibrer sous moi et j’ai senti une colonne d’énergie monter. Je ne sais plus à quel moment précis. Je ne sais qu’en penser. Je ne sais ce qu’il en adviendra. Je veux simplement dire ma gratitude ici et maintenant.

Merci, merci, merci donc, la pierre et l’énergie, la montagne et le lapiaz ;
Merci les organisateur.ice.s ; Merci les participant.e.s ; Merci Gaïa ;
[Edit 06/08 : Merci les géants et leur pas]
Merci la Vie <3

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Pleine lune à 17h58

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Rencontre au sommet

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Pleine lune à 6h44

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Une boussole

Pour les jours où on se sent perdu.e

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Pleine lune ce soir à 21h11

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Le chameau, le lion, l’enfant

Une découverte. Quelques lignes dans la horde du contrevent d’Alain Damasio (excellent roman, sans doute le plus prenant que j’aie lu depuis des années !) qui avaient curieusement tinté en moi.

« Qu’est ce qui est lourd? demande l’esprit qui respecte et qui obéit, que je puisse, en héros, en bon hordier, porter les plus lourdes charges ». Ainsi parle le chameau. (…) Et solidement harnaché, il marche vers son désert et là il devient lion. Devant lui se dresse le dragon des normes millénaires et sur chacune de ses écailles brillent en lettres d’or ces valeurs et ces mots: « Tu dois. » mais le lion dit: « je veux! » – sauf qu’il ne sait pas encore ce qu’il peut bien vouloir, il n’a fait que se chercher un dernier maître pour le contredire, que se rendre libre pour un devenir qu’il est encore incapable d’incarner. Alors survient la troisième métamorphose : le lion devient enfant. Innocence et oubli, premier mobile, roue qui roule d’elle même, recommencement et jeu et l’enfant dit « je crée ». Ou plutôt il ne dit plus rien : il joue, il crée. Il a trouvé son Oui, il a gagné son monde.

Ces trois métamorphoses peuvent être les étapes d’une vie, d’un amour, d’une quête – mais tout aussi bien coexister en toi en ce moment même, à différentes vitesses et proportions, en couches fondues.

– Le chameau, le lion, et l’enfant?
– « Tu dois », « Je veux », « Je crée » : les trois métamorphoses. Le hordier obéissant, puis le hordier révolté qui se libère, puis l’enfant retrouvé, à force de courage adulte, et qui crée sa voix, et qui la fera entendre.

La horde du contrevent, Alain Damasio
Et aussi : Les trois métamorphoses, Friedrich Nietzsche

Pleine lune demain à 12h44

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Chroniques du premier kilomètre

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Pleine lune cette nuit à 4h34

(photo du jour !)
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Somewhere I have never travelled, gladly beyond

Je me souviens avec tendresse de ma toute première nuit avec ma petite Américaine. C’était dans le donjon du club où on venait de faire connaissance. On avait dormi, après un chaste câlin, dans un grand lit en métal au milieu des cages, piloris et autres croix de Saint André. Je devais partir tôt le lendemain. Je m’étais éloigné sans bruit pour ne pas la réveiller, le coeur gros de ne pouvoir la saluer après les merveilleux moments de cordes qu’on venait de partager… Et au moment de partir la voici qui attendait au bord du lit. Irrésistible ! Peu après iel m’avait demandé si j’étais disposé à accepter tout ce qu’iel avait à me donner. Et la réponse était oui. Un oui serein.Tranquille. Evident.

L’amour est venu tout naturellement. Avec notre différence d’âge – 22 et 48 ans – il me semblait avoir une responsabilité spécifique. Sachant comme on peut aimer fort à 20 ans je craignais qu’iel puisse s’enferrer dans un cadre qui l’aurait empêché de se construire une existence à la hauteur de ses possibilités. Avec le recul il me semble avoir surtout projeté ce que moi j’aurais fait à sa place à ce moment là, mais bon ;-). Il n’en demeure pas moins qu’iel avait l’âge où on fait ses premiers pas, après des études super brillantes qui lui ouvraient n’importe quelle carrière de son choix, et que j’aurais eu l’impression de lui voler quelque chose si j’avais tenté de la retenir dans mon coin de garrigue, charmant certes (et en fort belle compagnie ;-), mais tout de même un peu étriqué pour quelqu’un de son envergure.

J’étais, et je suis toujours, un peu gêné aux entournures par le paternalisme implicite contenu dans cette attitude. J’avais conscience pourtant qu’iel était adulte et vacciné.e, tout.e jeune certes, mais capable de décider ce qui est bon ou pas. Simplement je voulais qu’iel se sente libre de choisir, ne surtout pas chercher à l’influencer. « T’aimer sans te posséder », comme le dit très joliment Jacques Salomé. Donner l’espace nécessaire pour un choix libre et éclairé. Après son départ je me suis parfois demandé si cette attitude n’avait pas porté préjudice à notre histoire. Si je n’avais pas fermé une porte en m’abstenant de lui exprimer clairement mon désir qu’elle reste, mais au final il me semble c’est juste une péripétie d’un récit plus vaste, avec des choses qui m’appartiennent, d’autres qui lui appartiennent et qui, bout à bout, font qu’iel est rentré.e.

Bien sur c’était prévu ainsi dès le départ. Une parenthèse a toujours vocation à se refermer. Mais est ce que ça aurait pu devenir autre chose ? Pour ça il a manqué une perspective à un moment, une direction commune. C’était surtout lors de la seconde saison, lorsque son départ programmé barrait l’horizon d’un bout à l’autre… J’avais choisi de profiter de ce joli cadeau de la vie, de vivre ce qu’il y avait à vivre avec légèreté, mais je crains de ne pas être très doué pour la légèreté. J’ai fait de mon mieux, et ne m’en suis pas trop mal sorti je crois. C’était une période déroutante. Je ne ressentais plus l’élan que j’avais ressenti l’année précédente, pourtant j’ai aimé chaque moment qu’on a partagé.

Il me semble davantage nécessaire d’aimer que d’être aimé, mais quelle joie, quel bonheur, quel accomplissement lorsque cet amour est partagé ! Je me suis senti couvert de bienfaits et de bénédictions. Nettoyé jusqu’aux tréfonds, remis à neuf, régénéré par tant d’amour. J’avoue que cette expérience m’a laissé un goût de reviens y et que aujourd’hui, pour la première fois de ma vie je me sens disposé pour une relation dans la durée, comme quoi tout arrive ;-). J’ai aussi appris que ma première relation, ma première fidélité est avec moi même, et que j’ai besoin de beaucoup temps pour moi.

Je l’ai connue par les cordes, mais suis rapidement devenu.e saon soumis.e, ou sa pup plutôt. C’était juste génial. Je m’occupais aussi des tâches domestiques quand on se voyait. Ménage, repas, service, lessive. Ce n’était pas déplaisant, et chouette pour faire péter les stéréotypes de genre, mais je ne le referai plus dorénavant. C’est trop épuisant quand on a déjà une vie professionnelle chargée par ailleurs. A moins que je devienne un jour homme au foyer ? Plus tard quand je serai grand qui sait ? Faut toujours être ambitieux dans la vie :-D

On a fait de moins en moins de cordes avec le temps. En me sentant soumis je n’avais plus l’état d’esprit nécessaire pour faire de bonnes cordes avec iel. Ca m’était déjà arrivé avec d’autres personnes : je ne peux pas être à la fois le soumis et l’encordeur avec une même partenaire. Ce sont deux énergies incompatibles pour moi.  Je l’ai fait pourtant. Parce que je savais qu’elle aimait ça et je voulais lui faire ce plaisir, ce qui est une assez bonne raison je trouve.

On faisait beaucoup de gender play encore. C’était chouette d’explorer ce domaine en sa compagnie. Me maquiller, porter des vêtements féminins… C’était facile car je me suis toujours senti.e davantage féminin.e que masculin.e à l’intérieur, mais curieusement c’est devenu moins structurant pour moi. Je suis moi tout simplement. Non binaire. A-genré.e. Ou plutôt ça ne se joue pas dans une apparence, mais c’est peut-être car je n’ai jamais prêté une grande attention à mon apparence ? (C’est d’ailleurs un tort je crois ;-)

Et à présent ?
Notre histoire telle qu’on l’a connue est passée, mais j’aime penser que le lien demeure et qu’on a encore des choses à partager… Ici, là bas, ou ailleurs encore.
Iel  vient d’être admis.e dans l’école où iel souhaitait aller, pour apprendre le métier qu’iel a choisi.
Iel est sur son chemin, et cette pensée me remplit de joie et de fierté tandis que je vais sur le mien.

Merci à E.E. Cummins pour le titre
Merci à Ivy et Lux, et à quelques autres
Merci Toi
<3

Pleine lune à 18h47

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Rope story

Je n’ai jamais fait si peu de cordes que l’an dernier depuis que j’ai entamé mon chemin sur cette voie. Pendant un temps je me suis même dit que je n’en ferai peut être plus jamais, puis… chassez le naturel ! ;-). Et puis ce temps n’a pas été perdu. C’est, c’était comme une respiration, une plage de dormance entre deux cycles et un temps pour mesurer le chemin parcouru depuis mes premières tentatives aussi.

A l’époque le monde des cordes était très confidentiel. il n’y avait pas de communauté là où j’habitais. J’avais juste cette envie qui m’habitait depuis aussi loin que je me souvienne, et la chance de rencontrer quelques partenaires qui n’avaient pas froid aux yeux, souvent par le biais de ce blog d’ailleurs.
Merci Heidi donc, et merci Home aussi de t’être prêtée à mes premiers pas, et merci à quelques autres encore.
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Puis ce fut le temps des premiers workshops, lorsqu’il est devenu possible de prendre des cours ou d’aller à des jams. Ce fut le temps d’une immense transformation intérieure, qui alla bien au delà des cordes, et qui m’a donné l’assurance nécessaire pour encorder. C’est là aussi que j’ai commencé à comprendre l’effet que pouvaient faire les cordes sur mes partenaires… L’infinie palette des effets qu’elles peuvent procurer. Quelle belle, magnifique, sublime découverte que celle ci ! :-D
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Puis vint une volée de marches gravies au pas de charge, un envol, avec la meilleure partenaire imaginable pour un apprenti encordeur : Naïs, une guerrière des cordes qui m’a challengé comme personne ne l’avait fait jusqu’alors. Elle habitait à l’autre bout de la France et on s’enfilait d’authentiques marathons quand on se voyait, des semaines entières de cordes à chaque fois qui nous laissaient l’un et l’autre épuisés. Mais quels résultats aussi !


J’ai attaché beaucoup de monde à cette période, des femmes et quelques hommes, des personnes binaires, non binaires, transgenres. Il y avait une sorte d’exaltation en moi. Un besoin d’explorer, de multiplier les expériences, les interactions. Ca avait sans doute à voir avec l’égo aussi. Une amie m’avait dit à l’époque que j’avais une revanche à prendre, et c’est possible en effet. Ceci étant posé il me semble que beaucoup d’encordeur.se.s passent par cette étape à un moment… Et puis cette « frénésie » m’a permis de faire de belles rencontres…

A un moment j’ai ressenti le besoin de me centrer sur un petit nombre de partenaires. J’avais appris beaucoup de choses sur le plan technique, mais pour moi l’essence des cordes se situe dans ce qu’elles éveillent chez ma partenaire et dans la relation qui en découle. C’est là que ça devient vraiment intéressant je trouve. Enoncé de la sorte c’est une évidence bien sûr, mais pour moi ça n’avait rien d’évident jusqu’à une époque toute récente. J’en étais conscient naturellement, mais j’avais tellement à faire ailleurs ! Il y avait l’apprentissage technique, et j’étais également très occupé à créer des liens avec moi-même.

On dit qu’il n’est pas possible d’avoir une relation avec quelqu’un si on n’en a pas une avec soi même au préalable. Ca me semble très juste et ce n’est peut être pas un hasard que j’aie rencontré maon petit.e américain.e. adoré.e précisément à l’époque où je commençais à bien m’aimer moi même. Et si c’en est un (de hasard) c’est qu’il a vraiment très bien fait les choses. Merci le hasard, donc, et merci la Goddess !
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J’ai fait de belles cordes dans cette période. Il y eut une forme de maturation, mais aussi l’impression d’être dans une zone de confort, une sorte de routine confortable mais pas très exaltante au bout du compte. Et quand le sensei que je m’étais choisi pour apprendre les cordes a cessé d’exercer ca n’a pas du tout arrangé mon impression de tourner en rond ! C’est dans ce contexte que j’ai presque arrêté les cordes l’an dernier. Bien sur il y eut d’autres causes, mais c’est, ce sont d’autres histoires.

J’ai eu un déclic à l’automne dernier. Tout à coup j’ai su la direction que je veux suivre comme une étoile dans le ciel. J’ai vu l’endroit où je veux aller, ainsi que ma source d’inspiration pour les temps à venir. C’était une évidence, tout comme c’est évident à présent que je souhaite m’orienter vers des sessions avec un petit nombre de partenaires régulières, deux, voire trois au plus… L’énergie des cordes est revenue et j’ai recommencé à en faire. De belles cordes. L’envie était de retour ! :-D
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Cette belle énergie est tempérée par un incident en workshop il y a trois semaines : une corde qui a cassé net en montée et ma partenaire qui est tombée au sol, sans gravité heureusement. C’était mon premier accident de cordes en 10 ans, et j’espère bien que ce sera le dernier ! J’ai fait ce qu’il faut pour que ça n’arrive plus mais il y a toujours un risque, fut il résiduel. Si on ne l’accepte pas il ne faut pas faire de cordes, et c’est vrai pour la personne qui attache comme pour celle qui est attaché.e.

J’ai passé la journée d’aujourd’hui à traiter mes cordes, les brûler, les nettoyer, les traiter à la cire d’abeille pour qu’elles retrouvent toute leur souplesse après cette pause. C’est une opération très particulière, un rituel, presque une méditation. Il y a une mystique des cordes et je trouve particulièrement chouette d’avoir pratiqué cette opération en prélude à cette veillée de pleine lune. Au moment où fleurissent les amandiers.

C’est également plaisant que ma prochaine session de cordes soit précisément demain, jour de pleine lune. Il s’agira d’une seconde rencontre et si elle est aussi réussie que la précédente, ma foi… :-)

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Pleine lune à 8h33

Avec toute ma gratitude :-)

(Takato Yamamoto)

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Fragments de sagesse aviaire

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« Chez l’oiseau, l’époque du changement de plumage est une période de fragilité. Parfois il ne peut momentanément plus voler, c’est le cas de certains canards. On dit alors qu’ils sont en plumage d’éclipse. Une jolie expression pour désigner ce moment où l’oiseau se met un peu entre parenthèses, attendant que certaines plumes essentielles qui sont tombées repoussent. Il se sait fragile, se fait discret, n’engage rien d’important. Il prend patience. Il attend que le renouvellement s’opère, pour recouvrer toute sa force, toute sa beauté. Ainsi devrions nous faire, parfois »

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« … coupons donc la tête à cette vieille croyance, qui veut que la majorité des oiseaux soient fidèles pour la vie, hérauts d’une monogamie du plus grand romantisme. Bien sûr il y a les oies, les cygnes, certains rapaces… mais pour le reste la vérité est plus nuancée que cela, et l’on rencontre en fait tous les intermédiaires possibles entre monogamie et polygamie (…) Chez les humains, y compris chez ceux qui cherchent à vivre des pratiques sexuelles plus libres, le rêve de l’amour absolu vient souvent compliquer un peu les choses. De plus la liberté n’est pas forcément de multiplier les partenaires : on peut aussi se sentir libre d’être fidèle (…) Certains vivront leur sexualité comme des cygnes, d’autres comme des accenteurs, avec toutes les nuances intermédiaires possibles. Pour éviter trop de malentendus le tout sera de trouver comme partenaire le même type d’oiseau que soi ! »

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« … les animaux ont de tout temps été considérés comme très inférieurs, et le mot ‘bête’ signifie à la fois ‘idiot’ et ‘animal’. Pourtant avec notre manie de tout mesurer et de tout classer nous usons de critères bien trop humains pour définir l’intelligence des animaux, qui parfois nous échappe (…) Cette arrogance des humains envers les formes d’intelligence ou de sensibilité animales évoque d’une certaine façon Claude Lévi-Strauss (Tristes Tropiques), quand il parlait de la façon dont les hommes peuvent se juger entre eux : « Les Blancs proclamaient que les Indiens étaient des bêtes, les seconds se contentaient de soupçonner les premiers d’être des dieux. A ignorance égale le premier procédé était certes plus digne d’hommes. »
Et si le début de l’intelligence c’était l’humilité ? »

In « Petite philosophie des oiseaux », Philippe J. Dubois, Elise Rousseau, Editions de la Martinière, 2018

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Pleine lune à 20h22 :-)

Avec mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année,
et cette nouvelle décennie ! :-)

 

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Au moment où les arbres se mettent à nu

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Ce fut un bel automne


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assurément


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J’ai même repris les cordes, c’est dire ! ^^

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(Il était temps ! ;-)

Pleine lune demain à 6h14

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