Anthomologie

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Il y a un an, à la même époque, j’aimais une délicieuse jeune femme amoureuse de moi, qui s’apprêtait à franchir un océan pour repasser une seconde saison en ma compagnie. Je venais aussi de rencontrer une partenaire de cordes géniale qui prenait la route chaque mardi pour passer un moment de cordes avec moi. Il y a un an j’avais cette impression étrange d’avoir tout ce qu’une personne peut rêver.  Peut-être aussi éprouvais je une vague culpabilité en ce temps là : est ce que vraiment je méritais tant de bienfaits ?

Un an plus tard la belle américaine a retraversé le grand océan, dans l’autre sens cette fois ci et il n’y a pas un jour sans qu’elle me manque. Et pas un jour sans que je me dise que c’était la bonne chose à faire, le bon chemin. Quant à la jolie modèle elle a rencontré le sien, d’amoureux, et je lui souhaite, je leur souhaite sincèrement tout le bonheur du monde.

C’est amusant qu’un insecte se soit posé sur ma bouche et m’aie piqué le bout de la langue précisément tandis que j’esquissais le premier jet de ce billet. C’était avant-hier. C’était douloureux. Ca embrasait le bout de ma langue et ma lèvre supérieure. Et en mon for intérieur je me demandais : mais c’est quoi cet insecte ? Et pourquoi il m’a fait ce truc insensé qui n’arrive jamais. A t on déjà vu un insecte mordre la langue d’un humain ? C’est amusant car ce soir, en cette fin de vendredi 13, à l’instant où je complète ce billet il me semble que les choses sont exactement telles qu’elles doivent être.

Dans quelques minutes ce sera jour de pleine lune et ce sera le jour de mes 50 ans aussi. Sans même une pauvre rolex à l’horizon, mais avec le sentiment étrange d’avoir accompli un peu de chemin à l’intérieur, et pas seulement pour avoir su, 10 ans plus tôt, quitter une vie qui ne me convenait pas pour aller vers mes aspirations. J’ai aussi je crois su dépasser ce qui m’a été inculqué pour aller à la rencontre de mon moi profond. Dépasser mes peurs, certaines au moins, et beaucoup de blocages assurément, beaucoup. Assurément il me reste du chemin a parcourir, des progrès à faire dans tous les domaines, mais globalement je me sens plutôt accompli avec l’impression étrange de me trouver au bon moment et au bon endroit, et ça c’est plutôt chouette je trouve.

Je me sens tout bête à l’orée de cette seconde moitié de siècle. Penaud. ne sachant que dire devant un tel jalon. Si je devais faire un voeu je me souhaiterai, et je me souhaite d’être heureux et toujours en accord avec moi même…  et puis aussi d’aider à rendre ce petit coin du grand univers plus joli. Et si je pouvais embellir quelques vies autour de moi, aussi :-)

Et là je songe très fort à celleux qui rendent la mienne de vie plus jolie… Et à celleux qui ont pu, su, savent le faire et le cultiver jour après jour. .. Et à la vie, qui est si belle parfois. Merci, merci, merci <3

Pleine lune tout à l’heure à 6h34 !

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De l’usage du monde et autres merveilles

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Ca m’a frappé au début de cette semaine. L’incongruité, voire la laideur des éléments modernes rapportés dans ce joli coin de garrigue que j’ai la chance d’habiter. Ca se fait par petites touches insidieuses, par ajouts successifs banalisant peu à peu l’espace. Il suffirait de si peu pour traiter ces verrues pourtant.

Quelqu’un m’avait demandé la veille pourquoi je ne faisais rien pour masquer les parpaings. C’est clair que ce ne serait pas du luxe ! Simplement je trouverais étrange de me lancer dans ce genre de travaux dans un lieu dont je suis seulement locataire. Bien sûr ce serait différent si j’étais propriétaire… encore que… il me semble que je pourrais bien être propriétaire de tout ce que je veux je n’en demeurerai pas moins, et à jamais, simple locataire de ce monde.

Je serai certainement parti depuis longtemps que ces murs vénérables seront toujours debout. En tout cas je le leur souhaite de tout coeur et c’est bien ainsi.

 Pleine lune à 14h30
Les Hopis l’appellent la lune de la joie :-)

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Canicule…

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« (…) de l’italien canicula, qui signifie « petite chienne ». C’est l’autre nom de l’étoile Sirius, la plus brillante de la constellation du Grand Chien, (qui se) lève et se couche avec le Soleil à la période des fortes chaleurs »

Pleine lune à 23h38

(Ouaf ! )

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Lorsque la parenthèse se referma

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Merci, merci, merci ! <3

Lorsque la parenthèse s’était ouverte je pensais naïvement qu’une fois refermée je retournerai à la vie que je menais avant, mais cette vie là n’existe plus en fait, et pas seulement parce que je ne vis plus du tout de la même manière depuis que j’ai arrêté de fumer. Mon paysage intérieur a changé, mes aspirations se sont affinées. J’ai grandi, assurément, beaucoup.

J’écris beaucoup en ce moment, à l’ancienne, stylo, carnet. Au départ il y avait le souhait de recréer une zone anonyme permanente, un havre de paix et d’intimité à l’abri des antennes algorithmiques. Je ne m’attendais pas à retrouver aussi le plaisir de pousser le stylo sur le papier, comme s’il s’animait d’une vie propre sous ma main, volupté qu’aucun clavier ne m’a jamais procuré quand j’y songe.

J’écris ce que je retiens de notre histoire, ce qu’elle m’enseigne. J’aimerais pouvoir en tirer un bilan complet, un tableau panoptique, mais ça me semble très prématuré. Ce que nous avons partagé a semé en moi des graines que je sens à peine germer. Peut être que je pourrai en tirer une synthèse après floraison, si tant est que cette démarche ait un intérêt, ce dont je ne suis même pas persuadé.e en fait. En revanche je suis à peu près certain.e que notre histoire fut plus qu’une parenthèse. Une phrase à part entière, voire tout un paragraphe !

Ces temps ci je pense beaucoup aux bienfaits que j’ai reçu, à toute la tendresse et tout l’amour dont iel a su m’entourer. Lors d’un de nos premiers week-end je me souviens m’être dit que j’avais reçu davantage d’amour en un seul week-end qu’au cours de toute ma vie précédente. Une des choses les plus étonnantes c’est comme j’ai appris à m’aimer à travers ses merveilleuses photos de moi. Je me suis senti.e beau, belle dans ses yeux et ça ça n’a pas de prix… Tous ces jolis portraits que je serai tellement fier.e de publier à la face du monde si je pouvais…

A défaut je vous en offre une en pied, légèrement floutée. J’avais hésité avec un gros plan de mes fesses rougies mais ce n’était pas tellement dans l’esprit de ce billet ;-)

 Paré.e pour la suite !

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Pleine lune à 10h30
(avec une jolie conjonction lune – jupiter cette nuit :-)

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Voyage en pays de fées

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La parenthèse enchantée touche à sa fin. Naturellement ça me perturbe. J’ai des moments de tristesse à cette perspective et dans le même temps je sais que les choses sont comme elles doivent être. Je ne puis m’exprimer en son nom, mais il me semble qu’iel ressent à peu près la même chose.

J’ai parfois, souvent, des moments de gratitude et à chaque fois je me dis que c’est la plus saine des réactions en fait : de la gratitude devant ce merveilleux cadeau de la vie.

Confiance, amour, liberté, vigilance, foi, raison, détachement… et gratitude
[Edit 16 juin : et intuition aussi]
Et du plaisir toujours :-)

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River of earth, by Andy Goldsworthy
Refuge d’art « le vieil Esclangon »
Géoparc de Haute-Provence – mai 2019

Pleine lune à 23h10

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Une question pertinente

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Lorsque Ovidie se penche sur les effets de la sexualisation de l’espace public, ça donne ça…
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J’avoue que ça me déprime plutôt. Hormis quelques beaux témoignages la vue d’ensemble est si sombre ! Si la liberté sexuelle devient une injonction de comportement et d’apparence alors elle n’a plus rien d’une liberté. La liberté c’est avoir le droit d’aller vers ses besoins, ses envies, ses préférences, quelles qu’elles soient…  Il me semble que cette liberté commence par la capacité à s’écouter soi même, ses besoins, ses aspirations, ses préférences, ses intuitions parfois…  et aussi qu’elle a pour corollaire de laisser chacun-e libre d’en user à la manière qui lui plaît, quelle qu’elle soit.

Et là je songe très fort à cette belle personne lumineuse que j’ai la joie et le privilège de connaître. Cellui que j’ai le bonheur d’aimer. Le plus joli des pieds de nez à l’aliénation par les normes quelles qu’elles soient. Cellui qui m’offre jour après jour l’exemple magnifique et inspirant d’un être libre, autonome et à l’écoute d’iel même comme de son partenaire. Avec respect et gratitude <3

<3

Pleine lune à 13h11

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Rhapsodi.e.s à trois

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Cordes, photos, poses by Morwenn et moi et Rmstitanica <3
Special guest appareance by Hazel <3
Merci Pilar Aldea pour l’inspiration <3

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(Marin DÔôo Douce)
(ca donne des envies de tatoo je trouve ;-)

Equinoxe à 20h58, et pleine lune à 2h42

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One year of ropes

 

Quelques souvenirs de cordes de 2018

Merci pour ces moments <3 <3 <3

Pleine lune à 16h51 :-)

 

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Heidi grimpe sur le balcon du monde

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The World Below: Time-Lapse | Earth 2, by Bruce W. Berry Jr

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Pleine lune demain à 6h16 :-)

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Pierres bois feu cordes et amour

Professionnellement l’année qui vient de s’écouler marque un aboutissement, et en même temps une déception. Je me réjouissais d’apponter dans un havre mais à l’arrivée je me sens plutôt comme dans une nasse. L’horizon me semble singulièrement rétréci. En même temps c’est peut être juste un fonctionnement ? Une forme de masochisme social qui me pousse à fuir à chaque fois que je peux me poser quelque part ? Je l’ai fait une première fois dans mon premier taf, puis une seconde il y a dix ans… Jamais deux sans trois ?

Pourtant ce que je fais ne manque pas d’intérêt… C’est plutôt modeste par rapport aux choses que j’ai pu faire par le passé mais ça a vachement de sens. Le souci c’est que ça végète. C’est comme une plante qui ne donnerait que de toutes petites fleurs chétives. Ces jours ci je scrute l’horizon et je pense parfois à cet ancien  mentor qui disait que si rien ne se passe dans un job pendant un temps donné il vaut mieux partir ailleurs. L’idée de changer encore fait son chemin, mais ce genre de projet se mûrit, se polit et il me semble que j’ai encore des choses à faire par ici avant de partir;-)

Sur le plan amoureux j’aime et me sens aimé comme jamais je ne l’ai été. Je passe tout mon temps libre, mes week-ends, mes vacances, avec iel. C’est à la fois simple, plaisant, jouissif et perturbant. Parfois je me souviens que notre histoire n’est, ne peut être qu’une parenthèse et qu’il faut vivre tout ce qu’il y a vivre. C’est flippant et d’un autre côté c’est le destin de toute chose ? Iel m’enseigne l’absolue nécessité d’aimer au présent, comme si demain n’existait pas, alors merci pour ça, et merci pour les caresses et le petting aussi :-). Maître.esse, amant.e, compagne.on.  On explore beaucoup, dont la déconstruction des pronoms, mais ça c’est plutôt normal pour une linguiste je crois ;-)

On fait des cordes, mais pas tant que ça en fait. C’est juste une facette  de nos jeux. Au début de notre relation ça m’avait perturbé. J’avais même craint un temps de régresser, puis l’été s’était chargé de me rassurer, avec une série de sessions somptueuses. Puis quelque chose est arrivé vers la fin de l’été : une rencontre inattendue avec une jeune femme volontaire et disponible pour des rencontres de cordes régulières en semaine. Depuis ce temps  j’ai la joie et le privilège de travailler les cordes toutes les semaines avec elle. C’est une fine guêpe et une super modèle, avec une belle complicité qui se noue au fil des rencontres.

Pour la première fois je vis deux vraies relations de front, et en toute transparence. C’est une situation assez inédite que je gère du mieux que je peux. Une des principales difficultés est de ne pas me laisser piéger par mes propres représentations. Arriver à déconstruire ce que je sais, ou crois savoir. et m’affranchir de la culpabilité que je ressens parfois à ne pas être tout entier dévolu à une seule personne… Un ressenti d’autant plus curieux que ces deux relations sont assez merveilleusement complémentaires.

Quelque part ça ressemble à une vieille croyance limitante issue d’une éducation ancienne. En règle génerale j’aime assez l’éducation que j’ai reçue, elle porte de belles choses qui méritent d’être perpétuées, mais dans ce cas précis elle me semble quelque peu dépassée, alors choisir de cultiver des relations multiples harmonieuses et bénéfiques me semble un assez bon programme pour les temps qui viennent. Je trouve d’ailleurs particulièrement réjouissant d’écrire ces lignes en cette belle nuit de solstice d’hiver doublé de pluies d’étoiles filantes et je fais un voeu donc, et plusieurs même, car c’est une pluie

Pleine lune à 18h49…

Belles fêtes de fin d’année, chaleureuses, à vous :-)

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Ps. dans quelques jours ça fera pile un an que j’ai arrêté de fumer, et c’est un assez bon motif de fierté je trouve :-)

 

 

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