Les friches

J’aime bien les friches industrielles.

C’est, je crois, le dernier endroit de la planète où peut prospérer une nature vierge, sans que personne ne s’avise de la modeler ou de l’exploiter. Paradoxal non ?
Personne ne s’y intéresse… ou très peu de gens disons… En général ce serait plutôt « Une ballade dans une friche industrielle ? Beeeurk vous n’y pensez pas, donnez moi plutôt un club hotel en Egypte… oui celui qui est en promo dans votre vitrine s’il vous plaît »… Bah, il en faut pour tous les goûts et puis c’est plutôt bien comme ça… car pendant ce temps là…

Les petites souris peuvent à nouveau danser entre les boogies rouillés lorsque les chats vont s’empiffrer à Hourgada. Les plantes sont discrètes, tellement communes sous nos latitudes que nul n’y prête plus attention. Elles déploient leurs halliers sur les plate formes des wagons, et leurs feuilles font des écrins de verdure aux tags à demi masqués. Des insectes vont et viennent, s’entrecroisent, virevoltent. Des petits papillons papillonnent gaiement autour d’une tige de métal rouillé enveloppée d’une résille de liseron. Leurs ailes irisées resplendissent sous la lumière chaude du soleil et semblent palpiter d’une vie qui leur est propre. Est ce un rêve ? Est ce la réalité ?

Les friches industrielles sont des terres de reconquête, des zones de guérison. Il faudra des siècles pour achever le processus.

Et alors ?

Il a fallu des siècles pour bâtir les cathédrales, et puis je trouve que ce n’est pas si laid comme ça.

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Creative Commons License Heidi Silicium

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