Category Archives: Au fil des jours

La vie secrète des pierres

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J’ai posé ma main sur la pierre. C’était une pierre comme les autres, si ce n’est qu’elle offrait une assise plus confortable que ses voisines, raison pour laquelle j’y avais installé mon auguste séant. C’était sur une longue crête, toute en pelouses d’altitude et roches affleurantes, qui dessinait avec les sommets voisins de belles ondulations parallèles. L’ensemble n’était pas sans évoquer une colonne de dragon.ne.s pétrifié.e.s en pleine chevauchée par quelque enchanter.esse esthète. Facétieu.se.

Un endroit parfaitement féérique donc, qui accueillait avant-hier un événement dont le blog de Heidi s’était déjà fait l’écho lors d’une précédente édition. Modulations. 24h de performances sonores radiodiffusées en autonomie complète dans un espace d’altitude avec, en prime cette année, un des plus fameux coucher de soleil que j’aie jamais vu.

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Je m’étais installé un peu à l’écart du groupe, en tailleur sur cette pierre accueillante, pour écouter en savourant le paysage. Où était ce l’inverse ? J’ai posé la main sur la pierre donc, et je l’ai sentie qui vibrait sous ma paume. J’ai d’abord cru que c’étaient les ondes sonores de la performance en cours, mais non, il n’y avait que cette pierre ci qui vibrait. C’était comme une fontaine d’énergie. Ou un puits peut-être ? Je me suis demandé si ce que je ressentais me plaisait ou non avant de m’ouvrir pour que l’énergie puisse circuler en moi. Me faire pont, canal, et la sentir s’écouler à travers moi, hors de moi, en route vers l’infini et au-delà.

Elle est entrée par ma main et j’ai parlé avec elle. Mon esprit a voyagé un long moment sous le ballet parfait de la lune et des étoiles et des planètes. J’ai appris que les pierres sont vivantes. Bon je le savais déjà en vrai (c’est bien connu !), mais j’ignorais en revanche qu’elles étaient porteuses d’une sagesse ancienne.  Quelque chose a bougé en moi, comme un ménage dans les arches encombrées de mon âme. Des choses qui m’étaient obscures se sont éclaircies, et ma réflexion à progressé sur d’autres points qui demeurent largement des mystères.

Qui dois je remercier pour ce bienfait ? La pierre ? L’énergie ? le lapiaz ? La montagne ? Gaïa ?

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Je lui ai fait don de mes peurs et mes peines, avec toute ma gratitude pour ce qu’elles m’ont enseigné. Je les laisse derrière moi à présent, entre de bonnes mains je crois. Je lui ai fait don de la colère que je ressens, pour qu’elle se dissipe et passe comme les nuages dans le ciel, mais il faudra sans doute envisager d’autres dons tant il m’en reste encore en strates enfouies. J’ai aussi songé à lui faire don de mes blessures de l’âme, mais là je me suis ravisé.e. C’est trop tôt je crois, et important de les aimer bien pour qu’elles puissent cicatriser. Alors je lui ai simplement demandé conseil et appui pour en prendre soin.

A un moment la pierre toute entière s’est mise à vibrer sous moi et j’ai senti une colonne d’énergie monter. Je ne sais plus à quel moment précis. Je ne sais qu’en penser. Je ne sais ce qu’il en adviendra. Je veux simplement dire ma gratitude ici et maintenant.

Merci, merci, merci donc, la pierre et l’énergie, la montagne et le lapiaz ;
Merci les organisateur.ice.s ; Merci les participant.e.s ; Merci Gaïa ;
Merci la Vie <3

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Pleine lune à 17h58

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Creative Commons LicenseKann Danns

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Une boussole

Pour les jours où on se sent perdu.e

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Pleine lune ce soir à 21h11

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Le chameau, le lion, l’enfant

Une découverte. Quelques lignes dans la horde du contrevent d’Alain Damasio (excellent roman, sans doute le plus prenant que j’aie lu depuis des années !) qui avaient curieusement tinté en moi.

« Qu’est ce qui est lourd? demande l’esprit qui respecte et qui obéit, que je puisse, en héros, en bon hordier, porter les plus lourdes charges ». Ainsi parle le chameau. (…) Et solidement harnaché, il marche vers son désert et là il devient lion. Devant lui se dresse le dragon des normes millénaires et sur chacune de ses écailles brillent en lettres d’or ces valeurs et ces mots: « Tu dois. » mais le lion dit: « je veux! » – sauf qu’il ne sait pas encore ce qu’il peut bien vouloir, il n’a fait que se chercher un dernier maître pour le contredire, que se rendre libre pour un devenir qu’il est encore incapable d’incarner. Alors survient la troisième métamorphose : le lion devient enfant. Innocence et oubli, premier mobile, roue qui roule d’elle même, recommencement et jeu et l’enfant dit « je crée ». Ou plutôt il ne dit plus rien : il joue, il crée. Il a trouvé son Oui, il a gagné son monde.

Ces trois métamorphoses peuvent être les étapes d’une vie, d’un amour, d’une quête – mais tout aussi bien coexister en toi en ce moment même, à différentes vitesses et proportions, en couches fondues.

– Le chameau, le lion, et l’enfant?
– « Tu dois », « Je veux », « Je crée » : les trois métamorphoses. Le hordier obéissant, puis le hordier révolté qui se libère, puis l’enfant retrouvé, à force de courage adulte, et qui crée sa voix, et qui la fera entendre.

La horde du contrevent, Alain Damasio
Et aussi : Les trois métamorphoses, Friedrich Nietzsche

Pleine lune demain à 12h44

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Chroniques du premier kilomètre

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Pleine lune cette nuit à 4h34

(photo du jour !)
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Cahier de vacances

J’ai profité de cette fin de vacances pour commencer mon premier mur au mortier de chaux. Généralement je bâtis à pierre sèche mais là il s’agissait de reprendre une brèche dans un mur ancien, vieux de 200 ans si j’ai bien compris.

Il fallait respecter la modénature d’origine, et veiller à donner une bonne cohésion à l’arrière, car dans un mur en pierre ce qui ne se voit pas est aussi important, sinon davantage que le parement, mais cette caractéristique est assez universelle je crois.

Je n’avais pas d’objectif particulier si ce n’est d’arriver à faire quelque chose de joli, alors je suis plutôt satisfait.e du résultat. Un peu étonné.e tout de même de ne pas avoir fait davantage dans la semaine, mais il a bien fallu des siècles pour bâtir les cathédrales. Naturellement ceci n’est pas une cathédrale, encore que, vu sous l’angle de la biodiversité présente dans ce parc cela puisse se discuter. En tout cas je suis content.e d’apporter ma contribution à l’ouvrage d’origine.

La pierre est ma seconde passion avec les cordes. J’en fais quand j’ai envie de rester seul.e ou quand je n’ai pas de partenaire disponible. Il y a quelque chose de très méditatif dans cette activité, parfaite pour se déconnecter l’esprit, et faire paysage en plus.

Un voisin m’a prêté sa tonne à eau pour préparer le mortier de chaux, un objet roulant hautement improbable créé à partir d’un camion citerne et qui n’aurait pas déparé dans le dernier Mad Max. Ca m’a émerveillé toute la semaine, et curieusement fait penser à la photo qui ornait le tout premier billet du blog de Heidi. Tout à coup j’ai su que j’étais arrivé.e.

Pour le moment je fais des murs car il faut bien commencer par quelque chose mais quand je serai grand.e je ferai des ponts.

Pleine lune à 23h10

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Anthomologie

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Il y a un an, à la même époque, j’aimais une délicieuse jeune femme amoureuse de moi, qui s’apprêtait à franchir un océan pour repasser une seconde saison en ma compagnie. Je venais aussi de rencontrer une partenaire de cordes géniale qui prenait la route chaque mardi pour passer un moment de cordes avec moi. Il y a un an j’avais cette impression étrange d’avoir tout ce qu’une personne peut rêver.  Peut-être aussi éprouvais je une vague culpabilité en ce temps là : est ce que vraiment je méritais tant de bienfaits ?

Un an plus tard la belle américaine a retraversé le grand océan, dans l’autre sens cette fois ci et il n’y a pas un jour sans qu’elle me manque. Et pas un jour sans que je me dise que c’était la bonne chose à faire, le bon chemin. Quant à la jolie modèle elle a rencontré le sien, d’amoureux, et je lui souhaite, je leur souhaite sincèrement tout le bonheur du monde.

C’est amusant qu’un insecte se soit posé sur ma bouche et m’aie piqué le bout de la langue précisément tandis que j’esquissais le premier jet de ce billet. C’était avant-hier. C’était douloureux. Ca embrasait le bout de ma langue et ma lèvre supérieure. Et en mon for intérieur je me demandais : mais c’est quoi cet insecte ? Et pourquoi il m’a fait ce truc insensé qui n’arrive jamais. A t on déjà vu un insecte mordre la langue d’un humain ? C’est amusant car ce soir, en cette fin de vendredi 13, à l’instant où je complète ce billet il me semble que les choses sont exactement telles qu’elles doivent être.

Dans quelques minutes ce sera jour de pleine lune et ce sera le jour de mes 50 ans aussi. Sans même une pauvre rolex à l’horizon, mais avec le sentiment étrange d’avoir accompli un peu de chemin à l’intérieur, et pas seulement pour avoir su, 10 ans plus tôt, quitter une vie qui ne me convenait pas pour aller vers mes aspirations. J’ai aussi je crois su dépasser ce qui m’a été inculqué pour aller à la rencontre de mon moi profond. Dépasser mes peurs, certaines au moins, et beaucoup de blocages assurément, beaucoup. Assurément il me reste du chemin a parcourir, des progrès à faire dans tous les domaines, mais globalement je me sens plutôt accompli avec l’impression étrange de me trouver au bon moment et au bon endroit, et ça c’est plutôt chouette je trouve.

Je me sens tout bête à l’orée de cette seconde moitié de siècle. Penaud. ne sachant que dire devant un tel jalon. Si je devais faire un voeu je me souhaiterai, et je me souhaite d’être heureux et toujours en accord avec moi même…  et puis aussi d’aider à rendre ce petit coin du grand univers plus joli. Et si je pouvais embellir quelques vies autour de moi, aussi :-)

Et là je songe très fort à celleux qui rendent la mienne de vie plus jolie… Et à celleux qui ont pu, su, savent le faire et le cultiver jour après jour. .. Et à la vie, qui est si belle parfois. Merci, merci, merci <3

Pleine lune tout à l’heure à 6h34 !

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De l’usage du monde et autres merveilles

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Ca m’a frappé au début de cette semaine. L’incongruité, voire la laideur des éléments modernes rapportés dans ce joli coin de garrigue que j’ai la chance d’habiter. Ca se fait par petites touches insidieuses, par ajouts successifs banalisant peu à peu l’espace. Il suffirait de si peu pour traiter ces verrues pourtant.

Quelqu’un m’avait demandé la veille pourquoi je ne faisais rien pour masquer les parpaings. C’est clair que ce ne serait pas du luxe ! Simplement je trouverais étrange de me lancer dans ce genre de travaux dans un lieu dont je suis seulement locataire. Bien sûr ce serait différent si j’étais propriétaire… encore que… il me semble que je pourrais bien être propriétaire de tout ce que je veux je n’en demeurerai pas moins, et à jamais, simple locataire de ce monde.

Je serai certainement parti depuis longtemps que ces murs vénérables seront toujours debout. En tout cas je le leur souhaite de tout coeur et c’est bien ainsi.

 Pleine lune à 14h30
Les Hopis l’appellent la lune de la joie :-)

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Lorsque la parenthèse se referma

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Merci, merci, merci ! <3

Lorsque la parenthèse s’était ouverte je pensais naïvement qu’une fois refermée je retournerai à la vie que je menais avant, mais cette vie là n’existe plus en fait, et pas seulement parce que je ne vis plus du tout de la même manière depuis que j’ai arrêté de fumer. Mon paysage intérieur a changé, mes aspirations se sont affinées. J’ai grandi, assurément, beaucoup.

J’écris beaucoup en ce moment, à l’ancienne, stylo, carnet. Au départ il y avait le souhait de recréer une zone anonyme permanente, un havre de paix et d’intimité à l’abri des antennes algorithmiques. Je ne m’attendais pas à retrouver aussi le plaisir de pousser le stylo sur le papier, comme s’il s’animait d’une vie propre sous ma main, volupté qu’aucun clavier ne m’a jamais procuré quand j’y songe.

J’écris ce que je retiens de notre histoire, ce qu’elle m’enseigne. J’aimerais pouvoir en tirer un bilan complet, un tableau panoptique, mais ça me semble très prématuré. Ce que nous avons partagé a semé en moi des graines que je sens à peine germer. Peut être que je pourrai en tirer une synthèse après floraison, si tant est que cette démarche ait un intérêt, ce dont je ne suis même pas persuadé.e en fait. En revanche je suis à peu près certain.e que notre histoire fut plus qu’une parenthèse. Une phrase à part entière, voire tout un paragraphe !

Ces temps ci je pense beaucoup aux bienfaits que j’ai reçu, à toute la tendresse et tout l’amour dont iel a su m’entourer. Lors d’un de nos premiers week-end je me souviens m’être dit que j’avais reçu davantage d’amour en un seul week-end qu’au cours de toute ma vie précédente. Une des choses les plus étonnantes c’est comme j’ai appris à m’aimer à travers ses merveilleuses photos de moi. Je me suis senti.e beau, belle dans ses yeux et ça ça n’a pas de prix… Tous ces jolis portraits que je serai tellement fier.e de publier à la face du monde si je pouvais…

A défaut je vous en offre une en pied, légèrement floutée. J’avais hésité avec un gros plan de mes fesses rougies mais ce n’était pas tellement dans l’esprit de ce billet ;-)

 Paré.e pour la suite !

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Pleine lune à 10h30
(avec une jolie conjonction lune – jupiter cette nuit :-)

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Voyage en pays de fées

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La parenthèse enchantée touche à sa fin. Naturellement ça me perturbe. J’ai des moments de tristesse à cette perspective et dans le même temps je sais que les choses sont comme elles doivent être. Je ne puis m’exprimer en son nom, mais il me semble qu’iel ressent à peu près la même chose.

J’ai parfois, souvent, des moments de gratitude et à chaque fois je me dis que c’est la plus saine des réactions en fait : de la gratitude devant ce merveilleux cadeau de la vie.

Confiance, amour, liberté, vigilance, foi, raison, détachement… et gratitude
[Edit 16 juin : et intuition aussi]
Et du plaisir toujours :-)

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River of earth, by Andy Goldsworthy
Refuge d’art « le vieil Esclangon »
Géoparc de Haute-Provence – mai 2019

Pleine lune à 23h10

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Une question pertinente

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Lorsque Ovidie se penche sur les effets de la sexualisation de l’espace public, ça donne ça…

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(A quoi rêvent les jeunes filles ? – 2014)

J’avoue que ça me déprime plutôt. Hormis quelques beaux témoignages la vue d’ensemble est si sombre ! Si la liberté sexuelle devient une injonction de comportement et d’apparence alors elle n’a plus rien d’une liberté. La liberté c’est avoir le droit d’aller vers ses besoins, ses envies, ses préférences, quelles qu’elles soient…  Il me semble que cette liberté commence par la capacité à s’écouter soi même, ses besoins, ses aspirations, ses préférences, ses intuitions parfois…  et aussi qu’elle a pour corollaire de laisser chacun-e libre d’en user à la manière qui lui plaît, quelle qu’elle soit.

Et là je songe très fort à cette belle personne lumineuse que j’ai la joie et le privilège de connaître. Cellui que j’ai le bonheur d’aimer. Le plus joli des pieds de nez à l’aliénation par les normes quelles qu’elles soient. Cellui qui m’offre jour après jour l’exemple magnifique et inspirant d’un être libre, autonome et à l’écoute d’iel même comme de son partenaire. Avec respect et gratitude <3

<3

Pleine lune à 13h11

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