Série d’été / Les créatives culturelles

Dernier volet de cette trilogie estivale… Avec un billet du 3 juin dernier…
A bientôt donc, et bonne rentrée si vous revenez de vacances :-)…

Dostoïevski a dit que la beauté sauverait
le monde. Je n’ai jamais trop compris ce qu’il voulait dire, mais je
sens qu’il y a du vrai dans cet aphorisme.

J’ai quelques amies qui gravitent dans le monde de l’art et des
cultures d’avant garde… peut être car c’est principalement vers là
que me conduisent mes goûts, même si j’ai aussi beaucoup de tendresse
pour l’art en général et surtout le gothique rhénan.

Pour en revenir à mes amies ce sont elles qui m’indiquent les
concerts, les expos, les happenings, les pièces de théâtre, les
spectacle de danse à ne pas rater… Parfois ce sont même elles qui les
organisent.

Certains soirs je rentre du bureau, j’enlève mon costume cravate (je
n’en suis pas fan mais je reconnais que c’est là un accessoire bien
pratique… pour une Dame) . J’enfile des converses et un jean plus ou
moins net et elles me conduisent dans des lieux étonnants : des usines
désaffectées reconverties en salles associatives ou en squats
d’artistes, des happenings dans des clairières, des projection de
cinéma dans des parcs, des concerts dans des églises, des performances
dans des galeries souterraines… C’est parfois très festif, et parfois
très trash, souvent beau, souvent surprenant, toujours très amical.
Elles m’ont fait découvrir des merveilles.

Elles savent tout ce qui se passe dans le monde en matière d’art.
Elles se fichent des oeuvres qui se vendent à Miami, Bâle ou Venise.
Pour elles c’est déjà de l’histoire ancienne, voire pas d’histoire du
tout, tant il est vrai qu’elles ont des goûts très surs et savent très
bien distinguer la création de la spéculation. Elles s’intéressent à ce
qui viendra dans quelques années ou peut être dans quelques décennies.
Elles écrivent des livres, des articles, font de la radio, elles ont
des sites sur internet, des pages sur myspace, parcourent l’Europe pour
parler dans des conférences sur des sujets dont peu de gens soupçonnent
l’existence. Elles sont chef d’entreprise le jour et dj la nuit,
designeuses. Je crois que leur travail, et celui d’autres, contient en
germe le monde qui vient. Ca commence dans l’art, ça se poursuit dans
les romans, dans les salles obscures. On n’en parle que dans certains
milieux, jamais dans les grands medias…

Mon rapport aux médias a totalement changé, en gros depuis que j’ai
découvert le SM (même si je serais étonné qu’il y ait un rapport de
cause à effet)… J’ai progressivement cessé de regarder la télé, et
totalement arrêté depuis 2002. Ca m’a permis de me libérer d’une
certaine forme d’emprise perverse, que j’appelle  » culture du temps de
cerveau disponible « , mais ça m’a reconnecté sur le monde comme jamais
je ne l’avais été auparavant. Il y a beaucoup de choses qui
m’effraient, et m’épouvantent même dans le monde d’aujourd’hui, mais
beaucoup aussi qui me font croire à l’avenir, et ce sont souvent mes
amies qui me les font connaître :o).

Elles me donnent beaucoup d’espoir. Elles et beaucoup d’autres qui
se défoncent dans des boulots payés au lance pierre, et parfois,
souvent, pas payés du tout, mais qui les passionnent. Ce sont des
créatives culturelles. Leur travail façonne de nouvelles façons de
penser, de voir le monde, et peut être un jour de vivre, de travailler,
de consommer, d’aimer.

Il y a une cinématique de la culture, une cinématique de la
conscience, une cinématique de la façon de voir et de penser le monde,
et ce sont elle qui l’alimentent. Et à côté elles mènent leurs vies de
femmes, rarement simples. Et ça ne les empêche pas de continuer à y
croire. Ce ne sont pas des amantes, ni des Maîtresses, pas pour moi en
tout cas, juste des amies, de longue date pour certaines. Et je les
adore.

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Creative Commons License Heidi Silicium

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Heidi dévoile (un peu) son intimité

Les galeries de Heidi… ses copines, les coquines et les fées… en photos commentées

Un coup de coeur… Corpus
delicti
… Splendides parures SM… Ames vanilles s’abstenir

Une confidence… Heidi a été conseillère sur le tournage d’une pub TV. Oooh shocking !

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Le syndrôme du doigt de miel

La semaine qui vient sera pour moi l’aboutissement d’un travail commencé il y a plusieurs années… Pas une fin, mais une étape importante, à marquer d’une pierre blanche… Le début de quelque chose de neuf aussi… j’espère…

C’est étrange, au cours des derniers mois j’ai eu de plus en plus de mal à travailler sur ce fameux projet… C’est comme si mon cerveau s’arrêtait de fonctionner à chaque fois que je voulais me mettre au travail… Je devais me forcer beaucoup pour travailler peu… C’est devenu de plus en plus dur au fil du temps, et presque impossible au cours des dernières semaines. Je croyais que c’était parce que j’avais peur de me planter…

Je suis allé voir une spécialiste de l’hypnose sur les conseils d’une amie… En général j’aime bien régler moi même mes petits dysfonctionnements mais là c’était devenu une nécessité vitale. Et là en parlant avec  cette Dame, appelons la Isabelle,  j’ai réalisé que ce n’est pas de l’échec que j’avais peur, mais de la réussite… Peut être parce que la dernière fois que j’ai réussi quelque chose de vraiment bien sur le plan professionnel, en 2001 (ce qui ne nous rajeunit pas ;-), l’euphorie que j’avais ressentie m’avait mené tout droit dans un fossé, suspendu avec la tête en bas dans le siège de ma voiture réduite à l’état d’épave… J’aime bien être suspendu parfois, mais… enfin vous voyez ce que je veux dire ;-). J’ai réalisé d’autres choses pendant ces deux séances, mais il me faudra sans doute encore un peu de temps pour les comprendre et les évacuer…

Il faudrait peut être que je pense à léguer mon cerveau à la science après
mon trépas… La faculté y trouverait certainement une maladie
compliquée qu’ils baptiseraient le « syndrôme du doigt de miel »
;-)… En attendant (suis pas pressé de toute façon ;-) ça va un peu mieux maintenant et j’ai pu me recoller à mon travail… J’espère bien être prêt pour l’échéance même s’il reste beaucoup de boulot à abattre. Merci Isabelle donc :-).

Ce sera une semaine de dingue, et j’aurais certainement du mal à
répondre à d’éventuels commentaires, voire même à consulter ce blog.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas de garder le
silence pendant quelques jours, et je vous répondrais de toute façon à mon retour. Bien sûr j’ai déjà posté le prochain billet de Heidi Silicium
en publication différée… Il y a des choses qu’on ne raterait pour
rien au monde ;-)… Et je vais peut être rajouter un troisième et dernier volet de la série d’été tiens…

A bientôt donc :-)
Avec une pensée spéciale pour Vous qui me lirez :-)

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Une petite confidence…

J’ai un petit faible je l’avoue…

Pour les Dames qui vont torse nu comme ces jolies sirènes…

Est ce de la sensualité ?…

Une forme de fétichisme ?…

Du fétichisme sensuel ?…

Ou tout simplement…

De l’émerveillement :-)

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L’amende

Ce matin j’ai réglé une amende de 68 roros pour un crime gravissime :
avoir roulé à 76 km/h sur une sortie d’autoroute limitée à 70… Je les trouve un peu laxistes sur la sanction (bah oui, à leur place j’aurais
prévu direct 1 mois de camp de rééducation… et bien sûr à mes frais), mais malgré ça je n’ai pas pu m’empêcher d’admirer l’efficacité
du système de paiement mis en place…

Au début je pensais naïvement acheter un timbre amende
à 68€ au tabac du coin… Mais au bout du 3ème essai j’ai dû me rendre à la triste évidence :
il n’y a pas de timbres à 68€ dans les bureaux de tabac, en tout cas pas vers chez moi… Après tout ce n’est
jamais que le montant standard pour une amende pour excès de vitesse…

Heureusement l’administration fiscale toujours pleine de sollicitude a mis en place un numéro spécial pour me simplifier la vie en réglant par téléphone… C’est gentil, mais tant qu’à raquer moi je préférerais encore pouvoir me plaindre chez ma buraliste quand j’achète le timbre… Au moins elle est humaine… Parce que sur leur bête numéro là il n’y avait qu’un pauvre serveur vocal avec une voix préenregistrée qui me demandait d’appuyer sur telle touche, de saisir tel numéro, tel code, de vérifier tel point…  avant de me répéter très gentiment (et avec une lenteur exaspérante grrr) tous les chiffres que j’avais saisi pour être bien certain que je n’avais pas fait d’erreur…

Il y a quelque chose de désespérant à parler à un automate. La voix a l’air humaine, mais on se retrouve entrainé dans une procédure
ultra-rigide, définie par quelqu’un dont on ignore tout, et on n’a nul moyen d’y
échapper… Je ne sais plus qui a dit que toute civilisation mécaniste tend à
réduire ses membres à l’état de machines… Mais c’est exactement l’impression
que j’ai eue face à cet automate : me retrouver face à une machine qui essayait
de faire de moi une autre machine
exécutant une routine prédéfinie par un programmateur. Et c’est une impression que j’ai de plus en plus souvent depuis quelques années.

Eh ben non. Je ne suis pas une machine. Je ne le serais
jamais.
J’ai fait ce que je fais à chaque fois que je tombe sur
un serveur téléphonique vocal : j’ai raccroché… pour le principe… et généralement
je boycotte la boîte qui veut m’imposer cette déshumanisation dans la foulée… Je n’ai plus mis les pieds à la fnac par exemple depuis qu’ils ont mis en place un serveur vocal… Je me doute bien qu’ils s’en remettront, mais ils ont perdu un bon client… Et si beaucoup de gens font comme moi ils seront bien obligés de faire marche arrière un jour… Ne dit on pas que les petits ruisseaux font les grands fleuves ?

Bon d’accord c’est pas simple de boycotter le fisc…
Mais je
finirais bien par trouver… Je trouve toujours ;-).

Et l’amende me direz vous ?
Payée en ligne. Pouêt.

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La montagne

« Cette montagne était comme la terre, féminine dans son essence. Elle ne pose pas de question, elle ne demande rien, elle donne… simplement parce que c’est dans sa nature d’être ainsi ».

Je la revois tandis qu’elle me racontait son après midi passé à méditer devant une montagne. Je revois la paix profonde sur son visage. Je revois la lumière qui semblait l’éclairer de l’intérieur.

J’ai senti qu’il y a avait une vérité profonde dans ses paroles. J’ai senti aussi qu’il me faudrait beaucoup de temps pour en saisir toutes les implications.

C’est étrange comme cette anecdote s’est gravée dans mon esprit. Elle date d’il y a quelques années déjà, et je continue à y repenser de temps à autre. Ca m’est encore revenu hier soir en rentrant du bureau…

Tant de choses à apprendre…


(Desktopography)

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Série d’été / Premiers émois

(Billet initialement daté du 22 mai 2008)

Elle se remet doucement de sa récente jouissance
S’étire comme une chatte dans les rayons du soleil
Qui ruissellent par l’embrasure de la fenêtre ouverte
Prend son air de Joconde lubrique. Une petite fessée ?

Je m’étonne. Elle s’y est toujours refusée. Maintenant ?
Elle hoche la tête, son sourire est déjà plus explicite
Et cette lueur dans l’oeil… Que je connais bien… A force
Que voulez vous ? j’ai toujours été d’un naturel conciliant

Elle me demande un disque… Death in Vegas
Je choisis… Massive attack vs Mad Professor
Que voulez vous ? Il m’arrive aussi d’être contrariant
Et j’aime bien la taquiner, la petite ingénue… Parfois

Elle boude un peu
Je la charrie
Fausse soumise va
Ca la fait rire

Je m’installe et lui fais signe d’approcher en tapotant mes cuisses
Elle comprend le message, vient s’allonger en travers de mes jambes
Et enfouit sa tête entre ses bras, croise ses chevilles
Je me cale contre le mur. Ses fesses sont juste à la bonne hauteur

Je lui caresse les jambes. Que ressent elle en ce moment ?
Quelques papouilles dans son dos pour réveiller le désir
Au creux de ses reins. Je tente de me glisser entre ses cuisses
Elle reste obstinément close. Son plaisir est encore trop récent.

C’est bête, car moi je ne m’en lasse jamais. Dure dure est ma vie de libertin
Il n’y a pas que ma vie qui soit dure d’ailleurs… Mais c’est une autre histoire
J’explore le fond de sa vallée profonde. Ca la crispe. Elle est parfois si pudique
J’échauffe ma main, la pulpe de mes doigts sur ses lobes tendres et charnus.

Au début je me cale sur la musique, puis c’est l’instinct, qui m’inspire
Piano, allegro. A plat, en biais, avec la paume, du bout des doigts…
Et des caresses en interlude. Beaucoup de caresses, des tas de caresses
Avant de recommencer. Une main, deux mains. Je m’enhardis. J’alterne, je combine

Son premier gémissement. Je m’offre une pause pour lui donner le temps de s’habituer
J’apaise sa chair. Pas d’incursions déplacées. Ce serait dommage qu’elle se braque.
Elle est prête, je crois, pour la suite. Mes doigts trépignent déjà sur sa peau
Sévices ou caresses ? Bien malin qui saurait le dire… Parfois… Ma main se lève.

Elle émet un soupir sonore… ses cordes vocales soudain animées d’une vie propre
Des ondes concentriques fleurissent sur sa peau au rythme de mes impulsions.
J’ai l’impression de jouer du djembé. Je la pousse, un peu, vers ses retranchements…
Puis calme le jeu, je tapote, je taquine, j’agace. J’espère qu’elle apprécie ce répit

Elle se tait, parfaitement immobile… Marrant, ce n’est pas son genre d’être stoïque.
Sa peau de princesse commence a présenter d’intenses variations chromatiques
Des petites boursouflures naissent sous mes doigts. J’élargis mon rayon d’action
Piano sur le haut des cuisses… si fragiles… Allegro ma non troppo sur les hanches.

Elle gémit, jappe, ahane au rythme que je lui impose. Je l’empêche de toucher terre
Je veux la maintenir à feu moyen, la faire glisser sur un flot de sensations pures
A mi chemin des berges du plaisir et de la douleur, vers les rapides de la jouissance
Je me plais a imaginer les secrètes luisances d’une fleur momentanément inaccessible

Mais peut être que je m’avance un peu. C’est sa première fois.
Je ne veux rien lui demander, ça risquerait de rompre le charme.
Alors je lui annonce la fin prochaine de la séance. Encore cinq tapes.
Et lui demande de choisir… piano ou allegro… Mais elle ne veut pas choisir

Puisque c’est comme ça j’opte pour le feu d’artifice, le final Wagnérien
1, 2, 3, 4… Prête pour la der des der ? Elle hoche la tête, se contracte
J’hésite entre une pichenette et quelque chose de vraiment mordant
Je suis parfois retors… et puis il faut en garder pour la prochaine fois…

Elle ne dit rien. Pas un mot. Je lui demande si elle veut bien que je me lève.
J’ai repéré un tube de crème dans sa salle de bains. A la fleur d’oranger.
J’en mets trop. Un peu anxieux d’avoir quelque chose à me faire pardonner
Je la masse de la tête aux pieds. Elle a les fesses brûlantes, ou ce sont mes mains

Je m’assieds devant les barreaux du lit, juste en face de son visage
Je nous allume deux cigarettes. Elle n’est pas certaine d’avoir aimé.
Elle fume en silence. Veut se lever. Vacille. Me dit qu’elle a le tournis
Qu’elle se sent vannée, vidée de toute son énergie, rit de son état. .

Elle revient s’allonger sous mes yeux. Je me dis qu’elle va s’assoupir
Elle m’observe derrière ses paupières mi closes, et commence a parler.
Elle est détendue, souriante, volubile. Je ne l’ai jamais vue aussi joyeuse.
Elle éclate de rire en m’avouant qu’elle aurait été très frustrée…

… Si j’avais conclu sa première fessée par une simple pichenette…

Il faut que je parte. Je lui dis qu’on m’attend, loin de chez elle.
Elle m’ouvre sa porte, me présente sa fleur gorgée de rosée
Et me demande si je ne peux vraiment pas rester encore un peu.
Que voulez vous ? J’ai toujours été d’un naturel conciliant…

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Heidi décide de se faire plaisir

El Camino del rey… Le chemin des rois, celui où même les chamois ne vont pas…

Propeller Island City Lodge (Berlin)… chaque chambre son artiste… la 42 pour Heidi ;-)

Secrets… Histoire d’une libération, sensuelle et instructive… par Chantal Thomass

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Miam…

 « Heuuu pour les restaurants, mieux vaut ignorer la composition des menus….a moins d’avoir un
estomac a toute épreuve et pas d’apriori ».

J’avais promis de faire un billet sur mes expériences culinaires en Chine en réponse à ce commentaire
de JessicaLouV… et la réponse est…

… Hihi, oui.

Euuuh… un peu court peut être… Après tout je ne voudrais pas que vous restiez sur votre faim ;-)…

On dit des chinois qu’ils mangent tout ce qui marche à 4 pattes et tout ce qui a des plumes… Je n’ai pas vu d’étals de marché avec des serpents ou des chiens ou des rats, mais il est vrai que je n’ai vu qu’une partie infime du pays…
Ils ont des traditions culinaires très variées là bas, et chaque région a les siennes… Un peu comme en France où il n’y a pas grand chose de commun entre un confit de canard, une bouillabaisse et une choucroute…. Pour vous donner un exemple je n’ai pas vu une seule fois de nems ou des rouleaux de printemps là où je suis allé…

En revanche les cartes des restaurants – du moins celles qui étaient traduites en Anglais – étaient truffées de toutes sortes de plats vraiment bizarres, du poumon de boeuf, des yeux de poisson… et surtout des tas de plats que je n’arrivais pas a traduire et que du coup j’ai préféré ne pas trop tester. L’expression « dans le doute abstiens toi » prenait tout son sens là-bas ;-)

Parfois aussi les cartes étaient mal traduites… Et un jour l’amie avec qui je voyageais a commandé du boeuf et s’est vu ramener du poisson. Je vous laisse imaginer sa surprise… Bon ça aurait pu être pire ;-)…

Il y a eu d’autres surprises comme ce petit restaurant où on m’a servi de l’émincé de poulet mélangé avec des petits morceaux d’os broyés… Ou le premier jour à Pékin, où nous nous sommes vus servir des beignets de potiron sucrés… Joliment présentés d’ailleurs :-)

Une autre expérience bizarre a été de faire 24 heures en train avec deux jeunes femmes qui grignotaient des pattes de poulet… Ca faisait des petits bruits très rigolos d’ailleurs ;-)… Elles avaient l’air d’adorer et il n’est pas exclu que je me serais laissé tenter si elles m’en avaient proposé… C’est amusant car elles m’ont proposé d’autres friandises, plus classiques… peut être qu’elles se disaient qu’un occidental n’aimerait pas ces choses là.

Ce n’était pas simple dans les restaus. J’avais parfois du mal à me faire servir ce que je souhaitais… Je demandais des nouilles sautées en accompagnement (un de mes péchés mignons) et, miracle, je les recevais en bouillon qui aurait pu faire office de repas à lui tout seul, et avec des ingrédients pas toujours bien identifiés dedans… Mais c’était toujours comestible et je n’en suis pas mort, pas plus que je n’ai contracté de maladie là bas. En revanche c’est vrai que j’avais perdu 7 kilos en rentrant…

Un jour on a voulu goûter un vrai canard laqué à la Pékinoise dans un restau traditionnel recommandé par le routard… Hihi, c’était ignoble… La peau était totalement insipide a l’exception d’un arrière goût d’huile rance quand elle fondait sur la langue… On l’a pas mangé du coup, et le personnel du restau (pas un qui parlait anglais d’ailleurs… ) nous avait bien fait sentir que nous n’étions que des barbares ignorants. Le plus agaçant c’était que ça avait l’air
d’être vraiment un excellent restaurant, et qu’on bavait un peu d’envie en voyant les plats sur les autres tables, qui avaient l’air tous plus délicieux les uns que les autres…

J’avais aussi l’impression de traîner une sorte de « malédiction du thé » derrière moi… Souvent quand j’en commandais on me servait… un soda au thé… Rhaaaaah
Un jour bien décidé à faire face je sors mon guide de conversation et montre les idéogrammes pour « thé vert  » à la serveuse. Elle me fait un grand sourire en pointant la bouteille du doigt pour dire ya, ya,
tu peux boire, c’est bien du thé vert… Gros soupir…
Je ressors mon guide de conversation et lui montre les idéogrammes pour « chaud »… Elle réfléchit, son visage s’éclaire, elle reprend la bouteille et me ramène… une autre bouteille de soda, mais tiède cette fois ci… Aaaargh…
J’ai secoué la tête d’un air désolé et dit « choueille », qui signifie, comme chacun le sait « eau »… Pfff, et en plus elle m’a ramené de l’eau tiède, alors qu’il devait bien faire dans les 75 degrés sous abri… Je n’ai pas eu le courage de ressortir le guide de conversation ;-).

Autre grand moment de bonheur : un instant au frais et au calme dans une maison de thé.. Je commande un thé noir… très cher sur la carte (l’équivalent de 6 Euros, contre 2-3 Euros pour un repas normal)… La serveuse m’a ramené un grand verre à long drink avec un sachet de lipton yellow qui flottait dans l’eau bouillante…
Grand moment de solitude là aussi ;-).

Comme j’en parle ça a l’air un tantinet décevant, mais en fait c’était super sympa… J’ai toujours beaucoup de joie à découvrir un pays à travers ses traditions culinaires… pas celles des restaus à touristes mais, dans la mesure du possible, celles de la vie de tous les jours…

J’ai fait trois jours en bateau sur le Yang Tsé… On y mangeait de la nourriture chinoise parfaitement adaptée à un estomac occidental, et c’était beaucoup moins drôle que les petits plats à manger dans la rue, genre dim sum, beignets,
crêpes (Hmm les crêpes pékinoises, et les crêpes huis de Xi’an)… Beaucoup moins drôle aussi que cette petite gargotte à Pékin qui servait des brochettes et des tas de petits ingrédients à faire bouillir en plein air dans une casserole à fondue.

Il y avait aussi beaucoup de vendeurs de rue qui proposaient des tranches de pastèque ou de melon piquées sur une tige en bois… Je n’en ai pas pris car on m’avait dit de me méfier de tout ce qui était cru… Maisqu’est ce que ça donnait envie ;-)… Rétrospectivement je me dis que j’aurais dû le faire… Après tout les expats que j’ai rencontré le faisaient bien…

Mon meilleur souvenir culinaire c’est un bol de nouilles sautées à Chongqing… peut être car c’est là que j’ai dit mon premier mot en Chinois sans que mon interlocuteur me regarde avec de grands yeux interloqués… J’ai dit « pàlà » ce qui signifie « pas trop épicé »… (p‘tit clin d’oeil au passage à Claire par rapport à son billet d’hier sur les aphrodisiaques)… Pour une fois j’avais mis les bons accents sur les « a », et le monsieur m’a simplement souri en faisant sauter les nouilles… Grand moment de bonheur :-).

 

 

Bonne chère + aphrodisiaque = finir ce billet sur une note coquine… Savez vous que 95% des sex toys vendus en occident sont made in China ? Il y a avait un salon international de l’érotisme à Shangaï lorsque j’y suis passé… J’y ai fait des affaires hallucinantes… un magnifique corset pour 20€ par exemple… et je ne vous parle pas du reste ;-)… J’aurais eu l’air très fin si j’avais été fouillé à la douane en rentrant ;-)…
Oui, je sais… suis incorrigible… quoique ;-).

Il y avait une jolie expo sur le salon, avec des pièces prêtées par le musée de l’érotisme de Tongli… Je vous en offre quelques unes pour finir ce billet… Après tout il s’appelle Miam… Bon appétit donc ;-)…

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Du bon usage de la vénération

Lors de ma première expérience de soumission, il y a déjà un certain
nombre, voire maintenant un nombre certain d’années, il m’est arrivé quelque
chose de vraiment étrange.

C’était tout à la fin de la séance, elle m’avait attaché les
poignets à un palan suspendu au plafond de la pièce, et donné dix coups de
cravache que j’avais dû compter un à un en la remerciant à chaque fois. Ils
n’étaient pas très forts, c’étaient presque des caresses en fait… C’était une
Dame très respectueuse qui avait intégré le fait que je débutais. Elle voulait simplement
me donner un aperçu de ce qu’est le SM afin que je puisse décider si cela me
plaisait et si oui ou non je voulais aller plus loin dans cette voie.

Bon bien sûr pour vous qui me lisez maintenant et connaissez
la teneur de ce blog il n’y a pas de suspense… vous savez bien ce que j’ai pensé
de cette séance… Mais je vous assure que quand on débute en soumission
(et je suppose que c’est pareil en domination) ça n’a rien de simple. Déjà on n’a pas la moindre idée de ce que l’on a vraiment dans le
ventre, de la façon dont on va réagir en passant du fantasme à la réalité, et puis surtout c’est super flippant de se dire qu’on va se laisser
aller entre les mains d’une personne que l’on connaît à peine… un peu comme la première fois qu’on plonge du rebord d’un pont, avec un élastique noué autour des chevilles… Et la vérité c’est
qu’avant ma première expérience je n’en menais pas large du tout et que j’avais
parcouru les 1000km qui me séparaient du donjon de ma première Maîtresse en
tremblant comme une feuille d’un bout à l’autre du trajet… Ce qui m’arrive
d’ailleurs encore assez régulièrement lors d’une rencontre il faut bien le dire…
Je dois être un peu émotif ;-).

Etant en outre d’un naturel conciliant j’avais au cours de cette fameuse première séance docilement
compté ses coups de cravache sans omettre de la remercier à chaque fois. Au
début je me sentais un peu bête, mais au fur et à mesure de l’avancement de la séance je me suis surpris à
réaliser que chacun de mes remerciements était absolument sincère et venait du
plus profond de mon être. C’était assez étrange, pour un jeu qui somme toute était
finalement assez anodin.

Quand ce fut fini elle m’a détaché les mains et ordonné de
me mettre à quatre pattes devant elle. A ce stade je préfère jeter un voile
pudique sur ce qui s’est passé après qu’elle soit passée derrière moi… disons
simplement que ce fut la première fois…
 Mais lorsqu’elle eut fini et que je me suis
trouvé vidé et tout tremblant à ses pieds, elle est revenue se planter juste en face
de moi, me dominant de toute sa hauteur dans sa robe noire toute simple, et montée
sur ses chaussures de ville à talons… et m’a dit de faire la première chose
qui me passerait par la tête. Aujourd’hui encore je m’étonne de ma réaction à
ce moment là. Ce fut viscéral, animal, totalement instinctif. Je me suis allongé
sur le sol à ses pieds, j’ai pris ses chevilles entre mes mains, et lui ai
léché les pieds comme si ma vie en dépendait. Ce fut un instant d’abandon total
et, quelque part, une renaissance aussi, car ce jour là j’ai su que j’avais
trouvé ma voie... ou une voie disons ;-)

C’était aussi un instant de vénération profonde, pendant
lequel je n’étais plus qu’un élan tendu vers elle, pour elle. L’a-t-elle
senti à ce moment là ? Je le crois. Je l’espère. Car je n’ai plus jamais
eu de ses nouvelles après cette expérience. Elle ne m’a pas manqué car je
savais que ce serait une rencontre sans lendemain, mais j’ai souvent repensé à
ce moment par la suite…

 

 

Bizarrement il m’a fallu très longtemps avant de commencer à m’interroger sur les origines de ce que j’avais éprouvé à ce moment là.

Je crois qu’il y avait une immense gratitude pour ce qu’elle
m’avait donné la chance de vivre, et pour le plaisir qu’elle m’avait donné.
C’était aussi une façon de reconnaître sa suzeraineté, de lui dire « vous
êtes ma Maîtresse, et en cet instant je me donne entièrement à vous et ne suis que pour vous servir et vous donner du plaisir »

Et il y avait une troisième chose enfin, quelque chose de
plus profond, quelque chose qui était de l’ordre de la communion, d’un rituel
de partage, d’un besoin atavique de se sentir relié à l’autre. J’aime beaucoup
ce mot de communion. C’est ce qu’il y a de plus beau je trouve dans le SM, et
d’ailleurs dans l’érotisme en général, parce que, entre nous, j’aime bien aussi
faire l’amour « normalement » (mais shhhht je vous ai rien
dit hein ;-). Je vois l’acte amoureux un peu comme les Chinois des temps jadis : une cérémonie où se mélangent le ying
et le yang pour déboucher sur une sensation de plénitude et de régénération.

Pour moi ce sentiment de vénération n’est qu’une façon un
peu particulière de procéder à ce rituel de communion, uniquement réservé aux bons auspices d’une Dame qui l’apprécie, quel
intérêt autrement ?

J’entends parfois parler de « subspace » depuis
que je me promène à nouveau sur le net SM (cf. comment j’ai
redécouvert la planète cyber SM
pour savoir comment j’y suis revenu ;-).
Je ne sais pas si le « subspace » a un rapport avec ce dont je vous parle car je découvre
seulement ce concept, qui est neuf pour moi. A creuser donc… Et d’ailleurs si
vous avez un avis sur le sujet… ;-).

J’ai connu deux façons de pratiquer la vénération. L’une qui
est consciente et que j’assimile un peu à un réflexe pavlovien, lorsqu’on se
répète intérieurement « je vous appartiens, je vous appartiens, je vous appartiens… »
Comme si on voulait se convaincre soi même de l’existence de quelque chose
qu’on ne ressent pas vraiment, ou plus… et qui agit comme une forme d’auto-intoxication. J’en parle ici car je l’ai vécu, en me rendant à des rendez vous dans le cadre d’une relation qui a fini un peu
plus tard… Ce qui m’amène a penser que quand on ressent ça il faut le prendre
comme un sérieux signal d’alarme sur la relation.

Il y a une seconde façon de procéder, que je trouve très belle car elle se situe dans la légèreté et la fluidité, et qui
consiste, lorsque l’on vit un très beau moment, à lâcher prise, à cesser de penser à ce que l’on est en train de faire
pour devenir totalement acteur de son rôle. Dans ces moments là on s’en remet totalement à l’autre. C’est toujours une expérience assez intense,
car en ce qui me concerne j’ai a chaque fois l’impression de larguer les
amarres pour un voyage sans retour, pourtant passé le premier moment de
flottement je me rends assez vite compte qu’il y a une sorte de « pilotage
automatique » qui se met en place et que fondamentalement je demeure moi
même et en pleine possession de mes facultés… simplement j’ai quitté le
plancher des vaches pour m’envoler dans les airs, aux côtés, et au demeurant souvent
aux pieds, de ma complice du moment.

Ca dure quelques minutes, quelques heures… C’est comme une
ivresse, puis ça disparaît… Je crois que par nature c’est un moment circonscrit, limité
dans le temps…

Au fond je me rends compte que je vis ces moments de lâcher
prise comme une sorte de
catharsis… Et cette catharsis ne peut, par définition, qu’être limitée dans
le temps. Je ne pourrais plus m’épanouir dans le SM si je me retrouvais dans un
état de vénération permanente… ni de soumission permanente d’ailleurs…

Il y a eu pourtant des moments où je me suis surpris à penser que c’était
un état bien agréable, et que j’aimerais bien le vivre plus souvent, plus
longtemps… Et je l’aurais sans doute fait si j’avais rencontré une Dame qui aurait désiré de moi que je l’adore sur la durée… Mais au fond ce n’aurait été qu’une forme d’abandon… de soi … Au fond je sais bien que ce serait une erreur, et que ça deviendrait rapidement destructeur sur la
durée… Et aussi que j’en reviendrais rapidement, car où serait le plaisir alors ?

J’ai
eu la chance aussi d’avoir des complices qui avaient les pieds sur terre, et
qui ont su me recadrer quand je prenais un peu trop cette voie à leur goût. Et
je leur suis infiniment reconnaissant de l’avoir fait, c’est important d’être
bien entouré quand on se soumet, et j’ai beaucoup appris
à leur contact :-)

Celà dit il n’en demeure pas moins que oui, il est bien
agréable d’avoir de temps à autre une pensée pour une Demoiselle un peu
spéciale :-).

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