Oschterputz… (prononcer ochteurpoutss)

… C’est l’expression alsacienne pour signifier « ménage de printemps »… Pourquoi me direz vous utiliser un idiome barbare et méconnu alors qu’il serait tellement simple d’employer l’expression française correspondante. A cela je répondrais simplement que peut être mais là n’est pas la question…

Il m’a fallu guère plus d’une trentaine d’années pour prendre conscience de mes carences dans certains domaines de la vie quotidienne et, ayant peu de goût à occuper mon temps libre à passer l’aspirateur j’ai décidé un beau jour de recourir aux services d’une femme de ménage. Le coût est très raisonnable, je peux me dire avec une touche d’orgueil que j’apporte une contribution décisive au bon fonctionnement de l’économie, et surtout quel bonheur de rentrer chez soi et de retrouver son appart nickel, et son linge repassé plié rangé.

Ca fait quatre ans qu’elle vient tous les mardis accomplir son miracle hebdomadaire… mais il y a quand même des limites, et je ne peux pas décemment lui demander de classer mon courrier… alors j’empile les factures, les courriers de rappel et autres joyeusetés administratives sur le meuble de l’entrée en me disant que je trierais tout ça un de ces jours (ça fait deux ans que je me dis ça ;-)… et ma femme de ménage y ajoute régulièrement les journaux, revues, bouquins que je dissémine gaiement dans l’appart… et au bout d’un moment ça finit par donner quelque chose de ce genre…

Bon faut dire que là j’avais un peu forcé la dose et que ça devenait critique… Une réaction énergique s’imposait. C’était le moment de sortir l’oschterputz de son clapier, expression qui signifie ittéralement, comme chacun le sait, « nettoyage de Pâques »… Pourquoi me direz vous parler de Pâques alors que nous sommes mi-juin, à cela je répondrais simplement peut être, mais décidément vous n’aimez pas les langues…

Ceci étant posé, j’ai donc passé ma soirée de samedi dernier à trier mes vieux papiers tandis que d’autres se la coulaient douce au choix dans des soirées, des bars, des expos diverses et variées, voire, comme je le leur souhaite ;-) dans les bras d’un(e) complice attentionné(e).

Et au bout de quelques heures de tri intensif ça a fini par donner quelque chose de ce genre là…

Bon la pile de papier c’est le courrier non trié des deux dernières années, mais je verrais ça plus tard… l’an prochain peut être… si j’ai le temps :-).

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La fleur de châtaignier

« On prétend, je ne l’assurerais pas, mais quelques savants nous persuadent que la fleur de châtaignier a positivement la même odeur que cette semence prolifique qu’il plut à la nature de placer dans les reins de l’homme pour la reproduction de ses semblables.

Une jeune demoiselle d’environ quinze ans, qui n’était jamais sortie de la maison paternelle, se promenait un jour avec sa mère et un abbé coquet dans une allée de châtaigniers dont l’exhalaison de fleurs parfumait l’air dans le sens suspect que nous venons de prendre la liberté d’énoncer.
– Oh mon Dieu, maman, la singulière odeur, dit la jeune personne à sa mère, ne s’apercevant pas d’où elle venait… mais sentez-vous, maman… c’est une odeur que je connais.
– Taisez-vous donc, mademoiselle, ne dites pas de ces choses-là, je vous en prie.
– Eh pourquoi donc, maman, je ne vois pas qu’il y ait de mal à vous dire que cette odeur ne m’est point étrangère, et très assurément elle ne me l’est pas.
– Mais, mademoiselle…
– Mais, maman, je la connais, vous dis-je ; monsieur l’abbé, dites-moi donc, je vous prie, quel mal je fais d’assurer maman que je connais cette odeur-là.
– Mademoiselle, dit l’abbé en pinçant son jabot et flûtant le son de sa voix, il est bien certain que le mal en lui-même est peu de chose ; mais c’est que nous sommes ici sous des châtaigniers, et que nous autres naturalistes, nous admettons en botanique que la fleur de châtaignier…
– Eh bien, la fleur de châtaignier ?
– Eh bien, mademoiselle, c’est que ça sent le f… »

Sade – la fleur de chataigner (spécial clin d’oeil ;-)

Moralité : si un jour vous construisez une maison biologique… évitez d’utiliser des chataîgniers ;-)…

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La petite maison dans l’arbre…

Plantez un arbre, enfin, quelques arbres à croissance rapide, entrelacez les branches maîtresses selon la technique antique dite du  » Pleaching  » (ou arborisculpture) et laissez pousser quelques années… ou quelques décennies selon le climat… sur un treillis amovible… et vous obtiendrez une structure qui peut tout à fait servir d’ossature à une habitation totalement écologique … C’est le point de départ du projet Fab Tree Hab, une idée un peu folle développée par trois architectes issus du MIT

Bien sur qui dit MIT dit high tech, et cette demeure n’en manque pas, même si parfois la high tech vient se nicher sur des branches bien inattendues :
– Les murs extérieurs sont faits d’un mélange de terre et de vigne vierge, doublée d’une couche isolante en torchis de paille et d’argile, revêtue, sur l’intérieur d’une couche d’argile
– Le chauffage est assuré par le soleil en hiver, grâce à des fenêtres orientées plein sud et un chauffage par le sol alimenté par des capteurs solaires thermiques. La maison est rafraîchie en été par la couronne végétale de l’arbre et par un système de ventilation naturelle
– L’approvisionnement en eau se fait par récupération et traitement des eaux de pluie sur le toit. Les eaux usées sont filtrées par lagunage, les déchets organiques compostés et réintroduits dans l’environnement.
– Les fermetures sont en plastique de soja pour pouvoir s’adapter aux variations de taille et de courbure liées à la croissance des arbres…

Le cycle de vie a été pris totalement en compte, l’arbre fournit des fruits et de l’ombre pendant sa période de croissance, avant d’être transformé en habitation… Et en fin de vie tous les composants sont bio-dégradables.

Ce projet est en cours de développement en Israël… premier prototype espéré vers 2011…

J’aime beaucoup cette idée d’une habitation symbiotique, totalement intégrée à l’écosystème, constituée, au moins pour partie, de matériaux vivants… Bien sur ça pose quelques problèmes : gérer les changements de taille, les parasites, mais n’empêche… Je crois que je vais planter quelques arbres… au pire ça fera toujours une jolie cabane… Je suis resté très jeune dans ma tête ;-).

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Heidi invite un ami

Sigur ros – Gobbledigook…  un clip vraiment trop horrible, censuré par tous les médias pour immoralité… (Hé Sigur, quand tu veux tu viens dans le Tyrol ;-)

Fusion « froide » … 8 mars 2006, une date historique ? Ce serait beau…

Photoshop… Quand Pierre Richard se met à la palette graphique… depuis je n’arrive plus à voir la dernière campagne azzaro pour homme sans sourire ;-)

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Ikebana de rêve

Habiller l’espace en une disposition plaisante et émouvante…

L’art du shibari n’est pas sans rapport avec celui de l’ikebana

J’aime beaucoup cette posture, qui m’évoque une fleur offerte

Les liens enserrent le corps et le tendent de façon fort élégante

Le buste se dresse, les reins se creusent, les fesses se cambrent

Il est impossible de tricher dans cette position, ni de se cacher.

Que survienne une nymphe, et pour elle l’on se sentira lys

Offert à son regard de velours, disponible pour tous ses caprices

Et il n’est pas rare que l’on ressente une certaine raideur à sa vue

Il est troublant d’être trahi par son corps en présence d’une Dame

On se sent à la fois confus et fier de cet hommage involontaire.

On se laisse fondre dans ses yeux, et plus rien n’a d’importance…

… Sauf elle.

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C’est dans la vallée…

…que tout se passe encore et encore… grâce à Rodolphe Burger et sa bande de passionnés qui organisent année après année un festival qui brasse des gens des horizons les plus divers dans une vallée autrefois dédiée aux mines d’argent… d’où le nom de Sainte Marie aux Mines, dans le val d’argent… Plus tard elle fut le siège d’une industrie textile florissante… D’où la présence de nombreuses friches industrielles et d’un théâtre du XIXème siècle un peu anachronique.

Les temps sont devenus plus durs, mais l’énergie demeure… Une énergie très particulière… Et c’est peut être pour ça que ce festival si singulier ne pourrait avoir lieu qu’ici… Vous déambulez dans les rues, vous vous installez à une terrasse pour écouter un concert… Vous échangez quelques mots avec le mec qui est assis à la table d’à côté avant de réaliser que vous êtes en train de parler à Higelin… C’est dans la vallée est avant tout une affaire de potes qui se retrouvent ici pour passer un bon moment et foisonner loin de tout enjeu commercial ou médiatique

   

L’édition 2008 était une fois de plus de toute beauté… retour en photos toutes pourries pour cause d’appareil oublié à la maison… heureusement que mon portable n’avait pas encore tout à fait rendu l’âme…

Musique… avec cette année, entre autres, Moriarty, Jean Louis Murat, Ez3kiel, Bumcello et bien sûr Rodolphe Burger qui invitait quelques amis, dont Rachid Taha, un autre enfant de la vallée tiens… (psst, Rodolphe Burger sera à l’Alhambra le 12 juin et je vous le conseille vraiment ;-)… 

Cinéma… courts métrages, expérimental ou ciné concert (ah, la création sur Nanouk ;-)… faites votre choix…

Arts plastiques, avec cette année le théâtre d’objets oniriques et décalés de Turak

 

Comatage musical sur un air de fanfare pour se réveiller le dimanche matin aux aurores, vers 14 heures… en comptant les clochettes sur les digitales…

Le site de l’édition 2008 est par ici

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Les créatives culturelles

Dostoïevski a dit que la beauté sauverait le monde. Je n’ai jamais trop compris ce qu’il voulait dire, mais je sens qu’il y a du vrai dans cet aphorisme.

J’ai quelques amies qui gravitent dans le monde de l’art et des cultures d’avant garde… peut être car c’est principalement vers là que me conduisent mes goûts, même si j’ai aussi beaucoup de tendresse pour l’art en général et surtout le gothique rhénan.

Pour en revenir à mes amies ce sont elles qui m’indiquent les concerts, les expos, les happenings, les pièces de théâtre, les spectacle de danse à ne pas rater… Parfois ce sont même elles qui les organisent.

Certains soirs je rentre du bureau, j’enlève mon costume cravate (je n’en suis pas fan mais je reconnais que c’est là un accessoire bien pratique… pour une Dame) . J’enfile des converses et un jean plus ou moins net et elles me conduisent dans des lieux étonnants : des usines désaffectées reconverties en salles associatives ou en squats d’artistes, des happenings dans des clairières, des projection de cinéma dans des parcs, des concerts dans des églises, des performances dans des galeries souterraines… C’est parfois très festif, et parfois très trash, souvent beau, souvent surprenant, toujours très amical. Elles m’ont fait découvrir des merveilles.

Elles savent tout ce qui se passe dans le monde en matière d’art. Elles se fichent des oeuvres qui se vendent à Miami, Bâle ou Venise. Pour elles c’est déjà de l’histoire ancienne, voire pas d’histoire du tout, tant il est vrai qu’elles ont des goûts très surs et savent très bien distinguer la création de la spéculation. Elles s’intéressent à ce qui viendra dans quelques années ou peut être dans quelques décennies. Elles écrivent des livres, des articles, font de la radio, elles ont des sites sur internet, des pages sur myspace, parcourent l’Europe pour parler dans des conférences sur des sujets dont peu de gens soupçonnent l’existence. Elles sont chef d’entreprise le jour et dj la nuit, designeuses. Je crois que leur travail, et celui d’autres, contient en germe le monde qui vient. Ca commence dans l’art, ça se poursuit dans les romans, dans les salles obscures. On n’en parle que dans certains milieux, jamais dans les grands medias…

Mon rapport aux médias a totalement changé, en gros depuis que j’ai découvert le SM (même si je serais étonné qu’il y ait un rapport de cause à effet)… J’ai progressivement cessé de regarder la télé, et totalement arrêté depuis 2002. Ca m’a permis de me libérer d’une certaine forme d’emprise perverse, que j’appelle  » culture du temps de cerveau disponible « , mais ça m’a reconnecté sur le monde comme jamais je ne l’avais été auparavant. Il y a beaucoup de choses qui m’effraient, et m’épouvantent même dans le monde d’aujourd’hui, mais beaucoup aussi qui me font croire à l’avenir, et ce sont souvent mes amies qui me les font connaître :o).

Elles me donnent beaucoup d’espoir. Elles et beaucoup d’autres qui se défoncent dans des boulots payés au lance pierre, et parfois, souvent, pas payés du tout, mais qui les passionnent. Ce sont des créatives culturelles. Leur travail façonne de nouvelles façons de penser, de voir le monde, et peut être un jour de vivre, de travailler, de consommer, d’aimer.

Il y a une cinématique de la culture, une cinématique de la conscience, une cinématique de la façon de voir et de penser le monde, et ce sont elle qui l’alimentent. Et à côté elles mènent leurs vies de femmes, rarement simples. Et ça ne les empêche pas de continuer à y croire. Ce ne sont pas des amantes, ni des Maîtresses, pas pour moi en tout cas, juste des amies, de longue date pour certaines. Et je les adore.

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Phyllis et Aristote : ze enquête

Il y a quelques années, j’ai lu la nef des fous, un chef d’oeuvre de la littérature médiévale aux accents étonnamment contemporain, rédigé en 1494 par Sébastien Brant dans la plus pure tradition satirique rhénane. Et là je tombe sur un lai disant que le sage Aristote avait pour coutume de se faire harnacher et monter par sa maîtresse Phyllis.

Bon d’accord, Sébastien Brant a écrit pour caricaturer les folies et les vices qu’il voyait autour de lui, une relecture médiévale et commentée des 7 péchés capitaux en quelque sorte… Toutefois je vous laisse imaginer l’état de ravissement dans lequel ça m’a plongé… Quoi Aristote lui même ? Le sage d’entre les sages ne dédaignait pas d’aller se faire monter de temps à autre par une Dame… Si les plus grands philosophes de l’antiquité eux mêmes cautionnaient mes petites fantaisies… C’était un peu comme d’aller voir un film érotique avec la bénédiction du festival de Cannes…

Et puis un jour… j’ai voulu vérifier. Internet est parfait pour vérifier une anecdote, on peut accéder en quelques secondes à n’importe quelle information (bon faut faire gaffe quand même à ce qui est écrit, tant il est vrai que c’est aussi le média idéal pour réécrire le passé en propageant de fausses informations, et pas toujours de bonne foi d’ailleurs), mais globalement, quand vous avez plusieurs sources académiques qui disent toutes la même chose vous pouvez considérer qu’il s’agit d’une information un tant soi peu avérée et fiable…

Il m’a suffi de taper  » Aristote et Phyllis  » sur google (si si, essayez, vous verrez comme c’est simple…) et je suis tombé sur cette notice d’une oeuvre exposée au musée Dobrée, de Nantes :

 » Au Moyen Âge, alors que les théories d’Aristote sortent tout juste d’un long oubli, circule un roman relatant un curieux épisode de la vie d’Aristote : Aristote reprochait à son élève Alexandre de délaisser ses études pour l’amour d’une courtisane, Phyllis. Celle-ci se vengea en séduisant le philosophe et en se promettant à lui s’il se laissait chevaucher par elle. Il céda, et Phyllis prévint alors Alexandre en chantant un lai d’amour [petit poème narratif]. Ce dernier ne manqua pas de se moquer de son maître… « 

L’Alexandre en question était le fils d’un roitelet de Macédoine, et promis à un avenir assez glorieux… Mais c’était quand même assez curieux… Et puis on n’était plus du tout dans une histoire de plaisir partagé, mais dans quelque chose qui ressemblait fort à une vengeance.

Plus tard je tombe sur un livre scanné dans Google books , avec un petit encadré disant que ce sujet est emprunté au  » lai d’Aristote, lui même inspiré d’un conte oriental et dû au trouvère Henri d’Andely, actif à Paris vers 1220-1240 (…) « 

Allons donc, v’là t’y pas un conte oriental maintenant… Fichtre ! Et Aristote dans tout ça ?

Bon il est vrai que si vous prenez un jour le temps de lire les mille et une nuits, vous verrez que c’est loin d’être une bluette, et c’est même souvent carrément trash… Mais je digresse là… Revenons plutôt à notre philosophe et à sa Dame hippophile…

Je poursuis, et je tombe sur une page consacrée à Hans Baldung Grien… extrait…  » (…) Le thème du philosophe, réduit en esclavage par la femme, est au Moyen Age prétexte à fabliaux, représenté dans des miniatures et des ivoires. ( …) « 

Et encore plus tard, dans un autre document je trouve :

 » (…) Les nombreuses illustrations de cet épisode se nourrissent probablement d’autres textes sur le pouvoir des femmes et sur les dangers de l’amour. Ainsi, dans son fabliau érotique Le vilain de Bailluel, Jean Bodel déclare :
Mes li fabliaus dist en la fin
C’on doit por fol tenir celui
Qui mieus croit sa fame que lui ! (…)

Et plus tard encore… sur un autre site

 » Héritage de la misogynie traditionnelle des milieux cléricaux du Moyen Age (dont la querelle du Roman de la Rose, vers 1400, fut une manifestation), le thème du pouvoir des femmes se teinte probablement, à la fin du XVe siècle, d’une satire des codes courtois. Il s’oppose assez nettement à celui des neuf Preuses : certes les preuses sont puissantes, mais elles s’inscrivent dans un idéal chevaleresque que la fin du XVe siècle commence à railler… « 

Hmmm, ça commence à sentir franchement le roussi tout ça… ce que je prenais pour une anecdote croustillante ne serait il qu’une légende urbaine pour persifler l’influence néfaste des sentiments en général et des femmes en particulier ? Il est vrai que la renaissance marque le début d’une époque où la raison va prendre progressivement le dessus sur toute autre considération… 

Et alors Aristote dans tout ça ?
Est ce qu’il se faisait vraiment harnacher par Phyllis ?

En l’absence de traces de textes contemporains d’Aristote narrant cette histoire, je serais plutôt porté à croire qu’il s’agit d’un conte destiné à l’édification des masses, rédigé pour fustiger la quête de volupté en l’opposant à la vertu et à la sagesse.

Finalement cette histoire est très manichéenne : elle veut montrer qu’il y a incompatibilité entre la volupté et la sagesse. Elle invite l’homme a renoncer aux plaisirs de la sensualité pour se consacrer au seul culte de la raison… et s’il ne le fait pas on ne manquera pas de faire de lui la risée de ses pairs. C’est le début d’une époque très moralisatrice et très mysogyne, qui comme par hasard sera bientôt inaugurée par 150 ans de guerres de religions qui vont saigner l’Europe comme jamais elle ne l’a été… avant de déboucher sur d’autres horreurs.

C’est assez ironique je trouve que cette histoire ait pris Aristote pour cible… Sa logique, qui est d’ailleurs toujours un des fondements de notre mode de pensée occidental, nous invite a raisonner en termes d’exclusions : Si la raison est plus grande que la volupté c’est qu’il faut renoncer à la seconde, pour ne se consacrer qu’à la première.

C’est, me semble t il, ce qu’en ont retenu les penseurs de la renaissance.

C’est là aussi qu’ils se sont peut être trompés : pour ma part je vois pas pourquoi je devrais choisir entre la raison ou la volupté, renoncer à l’un pour l’autre… Pour ma part j’ai envie de les concilier, de les reconnaître comme deux pôles influents de ma nature d’homo sapiens. Pour ma part j’ai envie de m’appuyer à la fois sur la raison et sur la sensualité pour guider mes pas. J’ai envie de faire en sorte que chacune nourrisse l’autre, et que ça me permette de réconcilier ce qui relève en moi de la cérébralité de mon esprit et ce qui relève de la sensualité de mon corps

Pour en revenir à Aristote, j’ai longtemps eu une image très sérieuse des grands anciens, je me les représentais en hommes très sages, très graves, très austères, utilisant toujours des mots très compliqués… Un peu ch… pour tout dire ;-).

Puis j’ai découvert que les questions qu’ils se posaient étaient de bonnes questions, et que les réponses qu’ils avaient données expliquaient pour une bonne partie le monde actuel… Et surtout je me dis qu’ils ne devaient pas être aussi austères que ça, que ce n’est qu’une façade, une autre fable érigée par des générations de contempteurs… Je ne vois pas pourquoi la philosophie empêcherait d’être léger. Je ne serais pas étonné de découvrir un jour qu’ils aimaient aussi se laisser aller de temps en temps à de franches rigolades en se murgeant le groin à l’hydromel sur l’agora avant d’aller se lâcher un peu sur les autels de dyonisos.

Finalement j’aime bien me dire qu’Aristote prenait plaisir à se faire chevaucher de temps à autre par une Dame langoureuse qui n’avait pas froid aux yeux… :-).

Même si au fond la réalité c’est que je n’en sais rien.
Allez, une p’tite dernière pour finir, que je trouve très jolie… Lisez la notice qui figure au bas de l’image… Elle est amusante je trouve… :-).

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C’est le printemps dans les alpages

Tunng – Bullets… Un jolie ritournelle qui me trotte dans la tête

Providence de Mathias Pliessnig… hmmm… des tas d’applications détournées ;-).

Prada 1 de Jamesjean… rêves et enchantements sur une fresque toute en largeur

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Mais où peut bien mener cette voie ?

Vers d’autres voies…

Au coeur d’un bois…

Profond…

Très profond…

Les photos viennent de unknown pleasures sur flickr

Un club de photographes inpirés par l’esthétique de,
The Cure, Siouxsie et ses banshees, les voix de 4AD…
Ca me rappelle quelques souvenirs d’adolescence :-).

J’adore ce porte folio. Je le trouve magnifique
Sombre et mélancolique, mais aussi très sensuel
Je crois que c’était l’époque qui voulait ça.

Les débuts d’une ère consciente de sa fragilité,
Réfugiée dans la musique et les caves obscures
Avant de renaître… ailleurs… et en couleurs…

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