L’animateur radio

J’ai
découvert les musiques électroniques en même temps que la musique en général,
quand j’ai commencé à m’y intéresser, vers le tournant de l’adolescence…
C’était au début des années 80… A l’époque où il se disait que la vidéo avait tué les radio stars… Mais je digresse… quoique ;-).

Quelques
années plus tard 4AD a produit Marrs et plein de gens se sont mis à brailler « Aciiiiiid » à tout bout de champs… énervant à souhait il faut bien le dire… Moi je
m’en fichais j’étais à fond dans le grand tourbillon indie rock qui a saisi le
monde au tournant des années 90… Je continuais à suivre les musiques électroniques de loin,
d’une oreille distraite, comme des expériences musicales sympathiques et un peu
exotiques… Et puis…

C’est
arrivé vers 1996… Je me souviens très bien de ce jour. Je roulais non loin de la frontière espagnole, sur une petite route à flanc de vallée. Il faisait beau. C’était en mars. Les flancs du pays basque commençaient à reverdir. Au loin on devinait des cîmes encore enneigées, et moi je me contentais de suivre la route en profitant du paysage, libre comme l’air sous la lumière éblouissante qui précède le
couchant. J’ai allumé la radio et une musique vraiment étrange a envahi l’habitacle. C’était un son radicalement neuf, quelque chose que je n’avais jamais entendu jusque là… Un mélange de clarinette et de chants tribaux qui se déversait en volutes légères et fluides, tournoyait au fil des méandres du ruban d’asphalte qui me ramenait vers l’océan… un pur rêve
éveillé… Je n’ai jamais su qui a fait ce morceau, mais ça a été le début de ma
troisième grande époque musicale… celle de l’électro…

La french touch avait déjà quelques
années au compteur, et l’âge d’or des free partys était déjà – d’après les puristes – passé, mais comme de toute façon la hype n’a jamais été mon truc… ;-) Je dévorais tout ce que je trouvais…
Je rattrapais le retard, et puis ça s’est tassé… Je continue à faire de
belles découvertes, mais
fondamentalement je n’entends rien qui me parait vraiment neuf et exaltant… à
l’exception d’un petit miracle, une heure de concentré de bonheur que je
savoure semaine après semaine sur ma radio culte… j’ai nommé la planète
bleue, sur couleur3…

Le
pitch résume assez bien l’esprit de l’émission :
« Après l’ère cybernétique, voici l’heure cyber-ethnique…
… tam tam et computer, du sable et du silicium »

Sur la planète bleue il n’y a pas
d’interview, pas de promo, juste des univers sonores
intemporels créés aux quatre coins
de la planète par des rêveurs, des esthètes, des rebelles vivant parfois au
bout du bout du monde… Et, de temps à autres, des digressions passionnantes et lumineuses, portant sur les sujets qui feront
l’actualité de demain : l’écologie, les nouvelles technologies, les mouvements
de fond qui traversent la société en silence, loin des feux de la
rampe…

Yves
Blanc nous propose un regard différent, salutaire, libre
de toute contrainte commerciale. Sa voix vient nous rappeler
qu’un autre monde est là, tapi dans les failles, les
interstices, les beaux chemins de traverses oubliés par les grands
médias, prêt à émerger et déjà accessible à qui veut bien s’en donner la
peine… Merci Monsieur Blanc…

Toutes
les émissions sont archivées et disponibles chez couleur3,
et l’intégrale des play lists et des références sont citées sur le site de la planète bleue


 


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Heidi dévoile le dessous des choses

Eisenhower jouait les
prophètes en 1961… et ça ne s’est pas arrangé depuis

Branislav Kropilak… ou la
face cachée de la pub

Dans
Cosmo
… Ce que les hommes ont toujours voulu savoir sur le plaisir des
Dames


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Leçon d’une nuit d’été

Pourquoi s’agiter…

Lorsqu’il suffit de laisser…

Le temps
au temps…

Mais shht…

… C’est un secret :-)

 

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Objets inanimés…

Je ne sais plus qui a dit que le déclin de la civilisation
avait commencé le jour où on a cessé de repriser les chaussettes, en revanche
je me souviens très bien, et avec émotion, de ce copain, directeur financier
issu du secteur de l’automobile, qui s’est ému un jour d’un produit en cours de
développement dans une entreprise du coin…

Mais vous êtes fous ! Avait il dit, arrêtez ça tout de
suite ! Vous êtes en train de faire de… de… de la… de la… sur-qualité !

Rhaaaah, le mot était lâché. La sur-qualité voilà l’ennemi !
Arrière antéchrist synonyme de coûts de production démesurés, de marges rognées
et de produits qui ne se renouvellent plus assez vite. Mais vous vous rendez
pas compte… faire des produits qui pourraient se conserver dans la durée ? Non sens ! Et les actionnaires ??? Vous me dégoutez
tiens, ennemis du compte de résultats que vous êtes…

Je sais, j’en rajoute, je ne peux pas m’en empêcher. Le DAF
en question, un bon copain d’ailleurs était simplement issu d’un secteur
industriel qui a érigé la chasse aux coûts en religion ( 3ème commandement
: le moindre surcoût inlassablement tu pourfendras )…

N’empêche… je ne peux pas m’empêcher de songer que cette chasse aux coûts n’est pas totalement sans rapport avec la quantité invraisemblable d’objets
défaillants que j’entasse dans mon petit chez moi depuis quelques années… Récemment, pris d’une
inspiration subite je me suis enfin décidé à faire le ménage, et j’ai commencé
à rapatrier mes anciennes cafetières en direction de la déchetterie la plus proche… Peut
être car il y en a une qui vient justement de me lâcher…

N’ont-elles pas fière allure ? On dirait presque les trois singes de la légende…

A gauche, modèle Seb, conçue par quelqu’un
qui n’a pas du songer plus de trois secondes qu’au-delà de la forme il y avait aussi une fonction, qui consiste à faire le café… Bref la forme sortait de l’ordinaire mais c’était pas trop pratique a utiliser… Finalement ce n’était pas trop gênant,
puisque le bidule a rendu l’âme au bout de 3 mois… Je pense qu’ils avaient un directeur
financier issu de l’automobile dans l’effectif…

Bon vous me direz j’aurais pu
le ramener pour faire jouer la garantie, retrouver la facture, me coltiner l’objet au service après vente du carrouf de l’autre coté de la ville (celui ou je mets jamais les
pieds puisque je fais toutes mes courses dans la supérette de mon quartier) et attendre
deux mois que l’objet revienne du SAV… Vu comme ça… Bah, on va pas chipoter… J’en ai racheté une
autre donc, oh une pas cher, 20 euros, marque Severin, du costaud, du solide, du lourd, du made in germany, du moins c’est ce que je
pensais naïvement, mais c’était oublier que quelque soit la marque et le lieu d’assemblage les composants viennent toujours de chez un sous traitant inconnu situé quelque
part du côté de la rivière des perles…

Elle a quand même duré deux mois avant de se
mettre à clignoter dans tous les sens un beau matin, inutilisable… Ma confiance
dans le made in germany en a pris un coup… Bon allez, après les produits de
m… mauvaise qualité de chez Carrouf et Rond Point direction Cora… où j’ai
d’ailleurs trouvé exactement les mêmes références que dans les deux précédents… A se demander à quoi sert la concurrence…

Je suis un gros flemme et j’aime bien me réveiller (quand je
me réveille) avec l’odeur du café chaud… Va pour un nouveau modèle avec
programmateur donc… Bestron, 30 Euros, c’est celle de droite (n’y voyez aucun
sous entendu politique hein)… Alors là je dois dire que autant j’ai dit
beaucoup de mal des deux premières, autant celle-ci n’a rien à voir !… Excellent
achat qui a tout de même duré 7 mois avant de rendre l’âme… Plus du double des deux précédentes ! Alors là je dis chapeau bas
messieurs de chez Bestron ! Vous auriez juste pu faire un effort avec le récipient baveur… ou alors fallait prévenir que c’était un accessoire de
farces et attrapes, car je vous dis pas la quantité invraisemblable d’éponges
que j’ai usées pour nettoyer la table à chaque fois que j’en mettais tout
partout en me versant mon café du matin…

Bilan des courses : 3 cafetières en un an, des
monceaux de détritus à recycler, et plus de 100 Euros d’achats cumulés… Vive
la vie moins chère grâce aux grandes surfaces…

N’empêche… je me demande avec quoi je vais bien pouvoir faire le café maintenant…

D’un côté je me dis autant mettre le paquet pour investir dans une
bonne cafetière un peu plus chère, mais même made in germany j’ai un peu peur qu’ils aient eux aussi un
directeur financier qui vient de l’automobile… du coup j’hésite surtout avec une de ces merveilleuses cafetières à piston,
vous savez, celle où on verse juste l’eau chaude et on pousse… c’est joli, c’est fiable et en plus c’est
écologique… Ou alors me mettre au thé… pas encore décidé… Je vous dirais…

En attendant je vais plancher sur un nouveau dossier défense
du consommateur : l’électronique grand public… Et j’aime autant vous dire
qu’il y a de la casserole dans l’air… et j’ai les preuves ;-)

 

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Heidi s’équipe pour l’été

Des fonds d’écrans pour découvrir les talents de demain et visiter de bien étranges contrées… 

une jolie cabane… pour se reposer après les fiestas avec les fées de la forêt du bas de l’alpage

Et un boy friend d’appoint à mettre… pas trop loin de la cabane… juste en cas de besoin ;-)

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A la réflexion

Je me suis regardé dans votre miroir
J’y ai aperçu votre merveilleux reflet
C’était délicieux de vous voir oeuvrer
Façonner, raboter, arrondir, rectifier
Rajouter de beaux ornements au gré
De vos caprices d’esthète fantasque

Vous vous penchiez sur votre création
Souffliez la poussière de votre miroir
Vous reculiez pour admirer votre oeuvre
Regardiez vos jolis doigts fins et bagués
Toute étonnée de ce qu’ils avaient créé
Vous le rinciez d’une cruche d’eau pure

J’ai senti votre ondée se déverser sur moi
Des milliers de ruisseaux sur mon visage
Pour laver la crasse, raviver les couleurs
Ternies par les tours des jours qui passent
Je me suis senti brillant dans l’obscurité
Illuminé par la grâce de votre beau regard

Vous vous observiez dans la pénombre.
Belle et altière, et pourtant si délicate
Votre belle image se déversait sur moi
En ondes légères, fraîches et lumineuses
Que vous seule pouviez entrevoir.
Mais moi c’est vous que j’admirais…

…En me regardant dans votre miroir.

___________________
Creative Commons License Heidi Silicium

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10 choses simples et délicieuses

Avoir de petits secrets

Marcher au soleil

Caresser une Demoiselle

Prendre un bain

Savourer le présent

Faire des bulles

Tenir une porte

Déguster du chocolat

Regarder l’horizon

S’émerveiller d’un papillon

Faire un clin d’oeil ;-)

PS. Ou en fin de soirée disons ;-)
PS2. Ah mince, ça fait 11 ;-)

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Je fais parfois ce rêve…

… étrange et pénétrant d’une architecture qui se fondrait dans la nature. C’est là je crois une réminiscence de mon enfance, lorsqu’on traversait Bâle en voiture avec mes parents pour aller skier dans l’Oberland Bernois ou le Gothard… Lorsque je m’émerveillais des ornements en béton recouverts de plantes grimpantes qui défilaient le long de l’autoroute qui traverse la ville avant de filer vers les beaux vallons du Jura Suisse.

J’ignorais en ce temps là qu’à l’autre bout du monde, quelque part du côté de Santa Monica, d’anciens soldats vivaient déjà dans des maisons à base de ferrociment. Une technique mise au point pendant la seconde guerre mondiale pour construire rapidement et avec des moyens minimaux des abris, des stockage, ou des réservoirs d’eau. Le principe est bête comme chou : prenez une armature métallique, donnez lui la forme que vous désirez, et recouvrez la ensuite, à la truelle, d’une mince couche de ciment ne dépassant pas 4 cm d’épaisseur.

Cette technique donne des constructions d’une solidité à toute épreuve. Elle permet également, avec des moyens limités, d’obtenir une variété infinie de formes et de motifs, à l’extérieur comme à l’intérieur. Les maisons sont toutes en courbes organiques, elles peuvent être recouvertes de toitures végétalisées accueillant parcs et oiseaux… Les intérieurs se prêtent à toutes les fantaisies et l’on peut même sculpter le mobilier de manière à ce qu’il fasse corps avec la maison… De grandes baies arrondies permettent à l’imagination de se transporter par delà l’horizon… Ce mode de construction fut popularisé en Europe par Antonio Gaudi, qui l’utilisa largement à Barcelone pour ses belles constructions organiques… Elle est aujourd’hui encore largement utilisée pour faire des sculptures.

Elle eut également son heure de gloire dans les années 70, puisqu’elle permettait à n’importe quel amateur de plaisance peu fortuné de se construire son propre bateau, sa propre coque, sans pour autant avoir besoin d’un moule. Car oui, elle est même utilisable pour construire des bateaux… et ils flottent, du moins à ce qu’il paraît ;-).

Elle n’est pas simple à mettre en oeuvre car elle demande beaucoup de minutie pour éviter les problèmes d’étanchéité, et ne s’est jamais beaucoup développée car elle n’est pas adaptée aux exigences de productivité des chantiers modernes. Au fond c’est une technique pour l’auto-construction, ou pour les pays à faible coût de main d’oeuvre…

Et pourtant, elle a continué à faire son petit bonhomme de chemin, les techniques se sont améliorées, de nouveaux matériaux de renfort sont apparus… notamment le bambou, et la toile de jute… et le résultat est… ma foi, laissons le parler de lui même :-).

(Hmm, j’adore ce bureau ;-)

Toutes les photos proviennent du site d’ Arquitectura Organica (Mexique)
… Et plein d ‘autres exemples ici

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Creative Commons License Heidi Silicium

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L’art des pinces

Les pinces sont aux dominants ce que la boîte à rythmes est au musicien : une aide commode qui permet de se libérer les mains pour faire autre chose. Libre alors à chacun de s’essayer à d’autres instruments, voire simplement de s’installer dans un fauteuil pour savourer en mélomane la partition qui se déroule sous ses yeux…

Il existe toutes sortes de pinces. Elles peuvent être plates, dentées en étau, croisées ou non. On trouve assez fréquemment des paires de pinces reliées par des chaînettes… ce qui permet des jeux de traction amusants (enfin ça dépend pour qui ;-)… On trouve plus rarement des pinces inspirées des clamps chirurgicaux… Il existe enfin des systèmes plus légers, par exemple de petits élastiques à fixer sur les seins au moyen d’une pompe à vide, ou de petits noeuds coulants permettant de faire varier la pression, et qui constituent un excellent moyen d’initiation pour les débutants.

Mais le plus drôle reste encore de détourner toutes sortes d’objets de la vie courante… cintres, pinces à cheveux, à linge, à sucre (une façon très raffinée de travailler les seins ;-)… On peut aussi bricoler de très jolies pinces à partir de baguettes de bambou reliées entre elle par de petits élastiques… Ma dernière trouvaille date d’avant-hier, dans un cocktail : d’adorables mini pinces à linge utilisées pour fermer des amuses bouche… très esthétiques, et très faciles à poser sur toutes les parties du corps… ce qui n’est pas toujours le cas.

Et naturellement on peut employer les ongles ou les doigts, qui sont de merveilleux instruments pour ce type de jeux… Rien de tel pour doser la pression, et 100% naturels en plus :-).

La durée maximale de port des pinces varie énormément.
Elle dépend naturellement de la puissance de la pince. La force de fermeture dépend du ressort. En général plus les crocs sont petits, plus ils sont douloureux, car la pression s’exerce sur une surface de peau plus restreinte. Les dents métalliques sont généralement revêtues de latex ou de polymère pour mieux répartir la douleur… Mais ce n’est pas toujours le cas, et mieux vaut être prudent dans ce cas.

Elle dépend également de l’emplacement où l’on met la pince. Plus la peau est fine et plus la pince sera douloureuse. Et les muqueuses et zones érogènes sont bien sur les plus sensibles. L’utilisation classique des pinces se fait sur les seins. Mais il est possible de les mettre sur toutes les parties du corps. partout où la peau se prête à l’accrochage, et une personne couverte de pinces peut être fort agréable à regarder, ce qui présente un intérêt supplémentaire pour le dominant. Une pincée (c’est le cas de le dire ;-) d’esthétique qui vient se rajouter aux joies de la domination érotique.

La duré dépend également des limites individuelles de chacun et de l’état d’esprit du moment. Bizarrement une même personne pourra connaître des variations importantes de tolérance aux pinces d’une séance à l’autre, voire même au cours d’une même séance. C’est pourquoi il convient de prévoir un signal de sécurité, une sorte de bouton d’arrêt d’urgence qui signifie la fin immédiate de la séance. On utilise généralement un mot de sécurité. D’anciennes Maîtresses m’avaient donné le mot « pitié » pour demander l’arrêt d’une séance. Pour ma part je préfère utiliser le mot « rouge » avec ma soumise habituelle. C’est plus poétique je trouve, et tout aussi évocateur. Bien sûr le but est de ne pas arriver à cette extrémité. Il ne s’agit pas d’une compétition, mais d’un jeu entre deux adultes consentants et ce n’est jamais drôle de devoir botter en touche… Et, dans la cadre particulier du SM, il faut généralement un peu de temps avant de pouvoir remettre la balle en jeu, pour rester dans un vocabulaire foutebalistique, ce qui casse un peu le rythme de la soirée… Bien sûr cela n’a rien à voir avec les petites mi-temps qu’on peut avoir envie de s’offrir de temps à autre… mais là je sors du sujet… et j’en reparlerais une autre fois donc… peut être… ;-).

La réaction du sujet dépendra également de ses motivations. Un maso pur qui recherche la douleur pour les sensations qu’elle lui procure aura tendance a demander l’arrêt dès que ça devient trop douloureux. Un soumis pur qui ne recherche pas la douleur mais l’accepte pour le plaisir de sa complice aura, lui, tendance a vouloir repousser les limites pour ne pas décevoir sa partenaire. Bien sûr il existe une infinité de situations intermédiaires entre ces deux extrêmes.

Les pinces infligent des sensations en forme de profil de baignoire. La douleur est vive dans un premier temps, voire insupportable, puis s’estompe en quelques dizaines de secondes jusqu’à former une sorte de son de basse relégué à l’arrière plan sur laquelle pourront venir se greffer de nouveaux instruments de musique. La sensation de douleur revient ensuite progressivement, avec des fluctuations d’intensité.

La pose des pinces peut se faire de façon simultanée mais il est également possible de le faire de façon progressive, en attendant un peu que la douleur de la précédente s’estompe pour initier la suivante. Certains ajoutent aussi des poids en cours de route, ou jouent avec les pinces… Ces variations permettent de créer toutes sortes d’effets et de rendre la cérémonie plus intense. Il convient ensuite de laisser mitonner le sujet, et il n’est pas rare qu’il se tortille ou gémisse car c’est en réalité une expérience assez intense, et il peut s’avérer nécessaire de prévoir un bâillon dans les lieux mal insonorisés…

La douleur redevient insupportable à l’enlèvement des pinces. C’est en réalité le moment le plus douloureux, plus encore que lors de la pose. Et plus la séance est longue, plus la douleur est vive, ce qui est un paramètre supplémentaire qui doit être pris en compte par le dominant. La douleur s’abaissera ensuite graduellement et il arrive que la peau conserve une jolie marque qui s’estompera avec le temps.

La marque dépendra de la durée de la cérémonie et de la nature des pinces. Des pinces plates laisseront moins de traces que les crantées, et en tout état de cause il vaut mieux éviter d’utiliser des pinces crantées dans la durée car elles laissent des marques durables au bout de quelques minutes… Prudence donc.

Le plus impressionnant avec les pinces concerne leurs effets dans la durée. La peau reste sensible pendant des jours voire des semaines, et, une fois passée l’irritation initiale, le moindre frottement de tissu peut devenir jouissif sur la peau sur-irriguée.

Il arrive également qu’une couche de peau morte se forme et tombe au bout de quelques jours comme lors d’une mue, et pour ma part je conserve un souvenir ému du jour où une petite clochette de peau transparente s’est détachée de mon sein, quelques jours après une séance… J’aurais dû la garder tiens ;-).

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Creative Commons License Heidi Silicium

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Jury

Depuis quelques années je participe à des jurys de recrutement d’étudiants. C’est une expérience très enrichissante. Un point d’observation incomparable sur ceux qui formeront les CSP + de demain.

Ce sont des stratèges qui savent orienter leur trajectoire pour doubler leurs compétences, les enrichir, ou les réorienter vers des activités à fort potentiel. Ils sont ouverts sur le monde, plutôt drôles, très communicants, et j’ai deviné chez certains une belle sensibilité. Ce sont aussi des nomades, et ils ont tous vécu dans plusieurs pays (moi aussi remarquez : j’ai grandi en Alsace et fait mes études en France… eeh ! ça compte ;-)…

Ils parlent tous au moins trois langues, mais là c’est peut être tout simplement car c’est un cursus qui accueille beaucoup d’étrangers… Cette année l’Europe de l’Est était largement sur représentée… Pologne, Moldavie, Belarus, Bulgarie… Quelques ressortissant d’autres pays de l’UE aussi, et même une française… la seule  » locale  » parmi les candidats que j’ai vu ce jour là. Les promos précédentes étaient beaucoup plus variées, avec tous les continents représentés… J’espère que les autres jurys étaient plus variés, sinon faudra se mettre aux langues de l’est ;-).

C’est toujours le même rituel, arrivée du candidat, bonjour, présentez vous, parlez nous de vous, de ce qui vous a amené à postuler dans ce cursus. L’étudiant se présente tandis que les dossiers d’admission circulent entre les membres du jury, ont écoute en lisant, ou parfois l’on lit en écoutant, ce qui n’est pas toujours la même chose, et l’on en vient au plus amusant. Les parties de ping pong entre les candidats et le membre du jury. Il y a un côté très ludique dans ces échanges car on ne sait jamais ce qui va se passer.

Parfois il se forme une étrange mayonnaise et ça peut devenir très drôle. Les questions sont incisives, vaches, mais on sait que ce n’est qu’un jeu et tout se déroule dans la bonne humeur. C’est drôle, je m’aperçois en écrivant ces lignes que plus les questions sont vaches en fait, et plus le candidat à de chances d’être retenu… C’est en tout ce qui s’est passé au dernier jury auquel j’ai assisté.
– Et vous avez postulé ailleurs ?
– Non j’ai placé ma mise et j’attends de voir
– Ah, je vois que vous êtes amateur de poker, mais alors c’est qu’il vous arrive de bluffer
– Seulement quand ça en vaut la peine
– Aah et là ça vaut la peine ?

Sourire du candidat. Il ira loin celui là… Et beau gosse avec ça.
Après son départ tout le monde était d’accord pour dire qu’il ne bluffait pas. Peut être un tout petit peu trop sûr de lui, mais il sort vraiment du lot. Engagé.
Bon cela dit rêvez pas trop les filles. J’ai rarement vu un gay qui avait l’air aussi gay.

La candidate suivante a immédiatement retenu mon attention.
Ce sont d’abord ses yeux qui m’ont marqué. Des yeux foncés sans être noirs, emplis d’un regard étonnamment soutenu, trahissant un esprit fort et fluide enrobé d’un corps fin et athlétique. Une fille discrète, qui se fond un peu dans le paysage, et devient très jolie pour qui la remarque et la regarde.

Sa voix aussi, une petite voix douce qui énonce des choses très sensées témoignant d’un esprit cultivé, curieux, lucide, posé, analytique… Et en négatif juste une façon de ne jamais s’arrêter de parler trahissant un manque d’empathie et peut être aussi une certaine peur du silence.

Son dossier enfin m’a titillé les neurones, polyglotte avec 5 langues courantes, recommandée par tous ses anciens employeurs, et des qualités et défauts qui m’ont laissé songeur… Elle aime organiser des sorties pour ses amis, prendre l’initiative, être non conformiste… Défauts ? Ah… m… Je me souviens que ce qu’elle avait écrit d’elle m’avait intrigué, et que je voulais lui demander des éclaircissements pour lever les doutes qu’elle avait fait naître en moi, mais le temps était trop limité et j’ai oublié depuis de quoi il s’agissait… Forcément 8 dossiers à la suite, ça s’embrouille un peu… La prochaine fois je prendrais des notes je crois.

Je n’ai pas pu m’empêcher non plus de penser qu’elle était une dominatrice en puissance… Le savait elle ? Je ne sais pas, mais je pense qu’elle se rend compte de son charme et en joue admirablement… en plus d’être brillante. Engagée… Mais tout de même, quelque chose en elle me dérangeait.

Je ne peux m’empêcher de penser qu’elle fait partie de cette nouvelle catégorie d’étudiants que je commence à croiser quand je donne des cours : des jeunes brillants et pragmatiques qui ont intégré qu’on vit dans un monde où il est contre productif de s’encombrer de considérations éthiques, et en tirent les conclusions qui s’imposent au nom de l’efficacité. Ils ne sont ni bons ni mauvais, juste adaptés au milieu qui les a vu éclore et grandir.

Ca m’énerve et ça me fait peur… J’ai pour ma part été forgé dans un autre moule… Et je crois surtout qu’on ne pourra pas résoudre les grands défis qui s’annoncent en restant seul dans son coin à se la jouer perso

Mais peut être que je me plante, et peut être que ce genre de personnes ont toujours existé, mais que c’était simplement moi qui ne savais pas le voir… Il est vrai que ça ne fait que quelques années que je participe à des jurys de recrutement.

Mais ça me fait un drôle de pincement au coeur quand j’en croise dans les amphis.

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