Les friches

J’aime bien les friches industrielles.

C’est, je crois, le dernier endroit de la planète où peut prospérer une nature vierge, sans que personne ne s’avise de la modeler ou de l’exploiter. Paradoxal non ?
Personne ne s’y intéresse… ou très peu de gens disons… En général ce serait plutôt « Une ballade dans une friche industrielle ? Beeeurk vous n’y pensez pas, donnez moi plutôt un club hotel en Egypte… oui celui qui est en promo dans votre vitrine s’il vous plaît »… Bah, il en faut pour tous les goûts et puis c’est plutôt bien comme ça… car pendant ce temps là…

Les petites souris peuvent à nouveau danser entre les boogies rouillés lorsque les chats vont s’empiffrer à Hourgada. Les plantes sont discrètes, tellement communes sous nos latitudes que nul n’y prête plus attention. Elles déploient leurs halliers sur les plate formes des wagons, et leurs feuilles font des écrins de verdure aux tags à demi masqués. Des insectes vont et viennent, s’entrecroisent, virevoltent. Des petits papillons papillonnent gaiement autour d’une tige de métal rouillé enveloppée d’une résille de liseron. Leurs ailes irisées resplendissent sous la lumière chaude du soleil et semblent palpiter d’une vie qui leur est propre. Est ce un rêve ? Est ce la réalité ?

Les friches industrielles sont des terres de reconquête, des zones de guérison. Il faudra des siècles pour achever le processus.

Et alors ?

Il a fallu des siècles pour bâtir les cathédrales, et puis je trouve que ce n’est pas si laid comme ça.

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Creative Commons License Heidi Silicium

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5 Responses to Les friches

  1. doigt de miel says:

    Vous avez raison, les friches industrielles ont un côté fascinant, un arrière goût de fin du monde. C’est peut-être pour cela que la récupération de vieux matériaux d’usine est autant à la mode ou que des artistes investissent ces lieux…
    Posté par Véro, 03 août 2008 à 18:40

    A qui le dites vous Madame, j’ai tout un coin de ma bibliothèque qui me sert de…
    je ne sais pas bien comment on peut appeler ça… un cabinet de curiosités kitsch-indus peut être ;o)…
    ça mérite un post… je crois ;o)
    Rien que pour vous .
    Posté par doigt de miel, 03 août 2008 à 18:40

    J’avais un endroit comme ça près de chez moi, j’y allais tout le temps et ma mère venait me rechercher dans les bois, inquiète. Et puis un mercredi, alors que j’y retournai pour jouer dans un vieux bâtiment en ruine, j’ai vu à perte de vue des grues, des pelleteuses, des bulldozers. Je me suis cachée et j’ai attendu qu’ils s’en aillent… j’avais peur qu’ils me voient. Quelques temps après c’était un golf, où d’ailleurs je n’avais pas le droit d’aller n’étant pas membre. C’était affreux, j’étais furieuse.
    Posté par Lou, 06 août 2008 à 01:54

    je crois comprendre…
    … ce que tu as pu ressentir… j’ai connu ça en quittant une vieille maison où j’ai longtemps habité… Transformée en apparts sans âme et moches comme tout… Le jardin, les arbres, la remise, les murets couverts de lierre arrachés pour faire des résidences et un parking à voitures…

    Ce genre de lieux continuent à vivre dans nos souvenirs… C’est peut être pour ça que j’aime bien faire de la photo… Témoigner de ce qui fut…

    C’est peut être en partie là bas que tu as forgé ta belle sensibilité… En ce sens c’est pas si négatif …
    Posté par doigt de miel, 06 août 2008 à 21:01

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