Category Archives: Parfums de déesses

Savoir dire non

Il y a quelques années j’ai participé à un atelier sur le « savoir dire non » lors du festival Xplore Paris (excellent rendez vous consacré aux sexualités créatives et à la communication sensuelle, devenu entre-temps Erosphère, auquel j’espère bien assister derechef). Le principe de l’atelier était simple : une cinquantaine de personnes rassemblées dans une salle. Un participant sur deux se fait bander les yeux avec pour consigne de dire non à chaque fois que quelqu’un le touche… Au bout d’un moment on inverse les rôles et ceux qui avaient les yeux bandés devenaient eux même passants caressants.

Dans un premier temps il fallait dire simplement non, sans y mettre d’intonation particulière… Ca a duré 10 minutes environ, puis dans un second temps il fallait dire non avec davantage d’énergie… Et là j’ai senti monter une curieuse agressivité en moi, comme si quelque chose se libérait en moi… Dans un troisième temps on pouvait laisser éclater sa colère… Tout devenait permis, y compris attraper la personne qui vous avait touché… Et là je me rappelle avoir assisté, et participé aussi ;-), à des scènes étonnantes…

Le plus surprenant était qu’en laissant filer mes émotions, tandis que j’avais les yeux bandés, je réalisais qu’il y avait des contacts qui ne me donnaient pas du tout envie de dire non… bien au contraire même… Je continuais à dire non car c’était la consigne, et je suis un garçon très consciencieux, si, si ;-), mais tout en moi me portait à dire oui…

Paradoxalement c’est là que j’ai réalisé toute la valeur du oui… C’est idiot mais je n’avais jamais mesuré à quel point un oui peut être profond et sincère avant d’apprendre à dire non…
Ca a été pour moi une des expériences les plus marquantes de ces dernières années, et les plus formatrices également…

A l’époque j’en avais écrit ces quelques lignes

(..) Pour ce qui est d’Xplore j’en retiens avant tout l’apprentissage du non… Quelque chose que j’ai toujours eu du mal à faire car je n’aime guère être celui qui refuse… Cette attitude part d’une bonne intention, mais il se murmure que l’enfer en est parfois pavé, et je m’autoriserai dorénavant à poser des limites avec, je l’espère, élégance et délicatesse…

Ca m’a aussi permis de mieux accepter de ne pas plaire parfois… Au cours des ateliers Il m’est arrivé de croiser des gens qui ne souhaitaient manifestement pas entrer en contact avec moi… En temps normal ça m’aurait blessé, mais là il suffisait d’aller vers quelqu’un d’autre et ça finissait toujours par déboucher sur un échange… Une grande leçon pour moi…

En corollaire j’en déduis que j’ai moi aussi le droit de refuser un contact qui ne me conviendrait pas… Parce que dès lors que je ne plais pas à tout le monde pourquoi est-ce que tout le monde devrait me plaire ?… (…)

J’a été confronté à ce cas de figure récemment… Une rencontre de cordes où je n’ai rien ressenti de particulier… La demoiselle était charmante pourtant, une personne affable et agréable, plaisante. Pourtant l’alchimie n’était pas au rendez vous. Je ne saurais dire à quoi ça tenait… et en fait ça n’a pas tellement d’importance tant il est vrai que seul le ressenti fait loi en ce domaine…

La demoiselle avait beaucoup aimé et ça m’a fait de la peine de lui dire que quelque chose n’avait pas fonctionné de mon côté et qu’on ne pouvait pas continuer à se voir… Mais je sais que j’ai fait ce qu’il fallait… Subie ou infligée c’est la règle de ce type de rencontre et si l’on n’est pas disposé à l’accepter mieux vaut se trouver une autre occupation…

Et surtout à quoi bon nouer une relation qui ne serait pas le fruit d’une envie partagée ?…
Sans préjuger de l’envie de l’autre pour ma part j’espère simplement que, lors de ma prochaine rencontre, tout en moi me portera à dire oui, encore !…

Parce que rien ne vaut la durée pour nouer des liens :-)

 

Pleine lune demain à 13h05…

 

;-)

______________
Creative Commons License Kann Danns

Posted in Au fil des jours, Ombres et lumières, Parfums de déesses | Leave a comment

Fragment d’une rêverie de pleine lune

C’est amusant comme me revient cette nuit le souvenir d’une autre nuit, passée dans la pénombre d’une salle de bain. J’observais mon reflet et me surprenais à me trouver plaisant dans le miroir. Mes pensées flottaient, flottaient, flottaient, comme animées par un courant venu des profondeurs. Avec le recul il me semble que quelque chose a commencé à cristalliser à ce moment là, quelque chose qui continue à prendre corps.

C’était spartiate mais j’avais tout ce qu’il fallait. Un tabouret, de l’eau à volonté au lavabo, et puis il y avait cette jolie petite culotte, posée là pour la nuit par sa délicieuse propriétaire. Je la dépliais parfois, et jouais avec la dentelle, délicatement, entre mes doigts, puis j’y plongeais mon visage pour m’enivrer de son parfum subtil, et tout à coup ça a beaucoup de sens.

J’irai dormir dans la chambre du haut tout à l’heure… Et ça aussi, ça a beaucoup de sens.

Pleine lune à 20h10

Ps. J’adore les rêveries de pleine lune ;-)

______________
Creative Commons License doigt de miel

Posted in Parfums de déesses | 2 Comments

Triskaidékaphilie

13, c’est le nombre de lunaisons dans l’année, et aussi le nombre de cycles menstruels chez la femme. Est-ce pour cela que ce nombre a eu, depuis la nuit des temps, une grande importance en des lieux fort éloignés les uns des autres ?

Les calendriers mayas et aztèques, par exemple, comptaient 20 mois de 13 jours. Chez les aztèques toujours il y avait 13 cieux, ce qui me fait songer que nos sept à nous font pâle figure à côté ;-)… De ce côté ci de l’Atlantique le nombre 13 apparaît dès les commencements de l’écriture.

En ces temps reculés où le zéro n’avait même pas encore été inventé (tsss ;-), les mésopotamiens ne comptaient pas sur une base 10, mais 12. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a, aujourd’hui encore, 12 mois dans l’année, et 12 signes du zodiaque aussi. Le 12 marquait l’achèvement d’un cycle, et le 13 le début d’un autre. C’est pour ça que l’on l’associait ce nombre au changement, et à l’incertitude. On le retrouve également en Egypte, où il symbolisait la mort du corps et le passage à une existence spirituelle. Ainsi la vie était représentée par une échelle à 12 barreaux, dont le treizième donnait sur l’éternité. Cette lecture persiste dans la treizième arcane du tarot de Marseille, que l’on appelle l’arcane sans nom car elle représente la mort, mais qui signifie en fait le changement. Elle apparaît encore dans la tradition kabbalistique, où le 13 est associé à la mort, encore, et à l’amour aussi…

Est-ce pour cela que j’ai appris au fil du temps à ne plus craindre ce nombre qui m’a longtemps tellement effrayé ? Est-ce pour cela que je commence aujourd’hui à l’apprécier réellement ? Le fait est que je ne me souviens pas avoir autant changé que depuis bientôt une année…Le changement était déjà dans l’air en fait, et je réalise qu’il y eut une préhistoire avant l’histoire… mais c’est une autre histoire, que je raconterai peut être un jour… ou pas… Aujourd’hui c’est surtout le présent qui m’importe… Il y a quelque chose d’exaltant à vivre dans l’instant, qui m’emplit de papillons rien que de l’écrire, à lâcher prise et à laisser venir les choses, les gens, les émotions telles qu’elles se présentent, justement…

Il m’arrive de douter pourtant, de ressentir la peur, et à chaque fois je réalise que j’ai tout ce qu’il faut dans ces moments là… C’est comme une étoile pour éclairer mes pas, et j’adore ça… Je mesure également que rien n’est jamais acquis et qu’il me faut, qu’il me faudra, rester humble en toutes circonstances, mais pour un garçon comme moi ce n’est pas forcément déplaisant… loin s’en faut ;-)

Dans la mythologie du 13 il y a également le vendredi 13… qui tombe d’ailleurs demain… Jour de chance pour les uns, funeste pour les autres…et j’avoue avoir, moi aussi, longtemps appréhendé cette date (bah oui ;-)… Il y a plusieurs versions de l’origine de cette phobie, également dite, en langage vulgaire, paraskevidékatriaphobie (ben tiens ;-)… J’aime bien celle qui dit qu’après la conversion des peuplades nordiques et germaniques au christianisme, leur déesse de l’amour et de la fertilité, Frigga, se vengea en réunissant chaque vendredi douze sorcières et le diable, soit 13 en tout, pour tourmenter ceux qui l’avaient évincée… comme quoi il ne faut jamais faire de peine à une déesse…

Il se chuchote également qu’Adam et Eve auraient croqué la pomme un vendredi 13, mais cela me semble assez difficile a établir… Plus réaliste est l’hypothèse que le Christ ait été crucifié un vendredi 13… En effet c’était précisément le vendredi que l’on exécutait les condamnés dans l’antiquité romaine. C’était également ce jour là que l‘on vénérait Vénus, et Aphrodite, aussi, chez les grecs, et Frigga, encore…

C’est curieux que l’amour et la mort étaient célébrés le même jour… Pourtant à la réflexion ça peut se comprendre… Eros… Thanatos…  tout ça… Et puis l’épectase a son charme aussi… D’ailleurs ne dit-on pas de la jouissance qu’elle est une petite mort ?

Voilà, c’est un billet fort décousu, au moins autant que celui que j’ai écrit un jour sur l’amour, mais pour une veillée de vendredi 13 ça valait la peine je trouve :-)…

Et puis aussi… Pleine lune demain à 6h12

On l’appelle parfois la pleine lune des chaleurs car elle marque l’entrée dans la saison chaude… J’aime bien aussi la pleine lune rose, ou encore, comme disaient les algonquins, la pleine lune des fraises. Il paraît que la prochaine fois qu’elle tombera un vendredi 13 c’est en 2049… et j’espère de tout cœur être présent, et bien présent, pour la contempler encore… et si je me sens (toujours) aussi bien accompagné que ces jours ci sera encore plus joli :-)…

<3

 ______________
Creative Commons License doigt de miel

 

Posted in Au fil des jours, Le fin mot de l'histoire, Parfums de déesses | 3 Comments

Un conte de Halloween…

J’ai toujours adoré ce joli conte, visuel et sonore, qui m’évoque étrangement l’ambiance d’Halloween… ce doit être pour ses tons orangés, je suppose… Et puis j’ai toujours bien aimé les contes aussi… On dit que ce sont des histoires pour enfants, mais justement, il y a beaucoup de choses dans les histoires pour les enfants…

J’aime bien Halloween également. L’ancien samain des celtes… Autrefois cette fête marquait l’ouverture d’une nouvelle année, elle symbolisait le passage et le renouveau. La fête était bien plus longue, et bien plus significative également qu’en notre triste époque. Elle s’étirait alors sur 7 jours et 7 nuits, et il se murmure que des rencontres mythiques pouvaient advenir au cours de cette période entre certains humains et des êtres fabuleux issus du sidh… Beaucoup de belles histoires ont jailli de ce creuset, qui brillent encore au front de la légende, et il en reste certainement tout autant à écrire…

Ca donne envie de s’en remettre à la plume :-)…

______________
Creative Commons License doigt de miel

Posted in Au pays de Heidi Silicium, Parfums de déesses | Leave a comment

une question intéressante…

Vous en dites quoi vous ?…
Pour ma part je n’ai pas de réponse, mais je ne demande qu’à découvrir ;-)

Pleine lune demain à 10h28 :-)

Posted in Parfums de déesses | 4 Comments

1,2,3…

La première fois que je me suis mis à Ses pieds Ils avaient le parfum de l’évidence
La seconde fois Ils avaient celui de la mer, mais ce n’était pas le moment pour Elle
La troisième Elle m’a juste dit que Son tapis n’était pas en rafia, mais en jonc de mer

(aïeuh ;-)

Solstice à demain à 6h29
(c’est le moment d’allumer une bougie pour la nuit :-)

Posted in Parfums de déesses | 6 Comments

La Dame de la falaise

De grands nuages blancs s’élevaient en chou-fleurs géants au dessus des vallons et des collines. Leur floraison rapide contrastait étrangement avec le calme qui s’était emparé des alentours de la falaise. Pas un souffle de vent, pas un son, juste ce spectacle majestueux offert avec les compliments de Dame nature. Il ne prononçait pas un mot, subjugué par le camaïeu des forêts et des pâturages qui s’assombrissait à vue d’oeil., puis il tourna la tête vers La Dame qui se tenait à côté de lui. Elle aussi le subjuguait, encore que d’une manière assez différente.

Il lui trouva fort belle allure ainsi juchée sur ce promontoire dominant le paysage. Derrière elle le ciel avait pris une teinte de plomb crépusculaire, qui se reflétait dans le cristallin de ses beaux yeux clairs tournés vers l’orage qui s’avançait. Un souffle de vent vint lécher une mèche de ses cheveux. Un éclair traversa l’horizon, et la tira de sa contemplation muette.

- Partons, il ne serait pas prudent de rester ici.
Il n’était pas mécontent de lui emboiter le pas. L’orage n’était pas encore sur eux, mais il n’était pas du tout rassuré d’avoir à traverser la forêt qui les séparait de la voiture.  Elle même semblait parfaitement insouciante et marchait d’un pas calme et assuré dans le bruissement qui tombait des frondaisons et le tonnerre qui grondait dorénavant de toute part.
- Vous n’avez pas peur de la foudre ?
- Non. Un orage en forêt n’est guère plus dangereux qu’un orage en ville… Ce sont les arbres isolés qu’il faut éviter à tout prix dans ces cas là…  et de toute manière nous sommes presque arrivés.
Elle s’engagea sur un sentier discret qui bifurquait depuis la route et s’enfonçait sous les arbres en serpentant jusqu’à une clairière occupée par une vieille grange.

Tu vois, ce n’était pas la peine de t’affoler fit elle en s’installant sur une grande chaise en rondins disposée sous l’auvent de la bâtisse abandonnée.
- Vous saviez qu’il y aurait un abri ici.
- Bien sur ! Je m’étais renseignée môa, fit elle en tapotant l’accoudoir de sa chaise.
Il ne se fit pas prier et retrouva aussitôt cette impression d’apaisement  et la curieuse sensation d’être parfaitement à sa place qu’il éprouvait à chaque fois qu’elle le faisait asseoir à ses pieds.

La pluie était toute proche à présent. Il la devinait, tapie dans le roulement continu du tonnerre et le feulement des bourrasques qui venaient fouetter la cîme des arbres. Les hautes herbes qui tapissaient la clairière se mirent à danser un fox trot affolé. Un éclair tomba tout près  et ce fut comme si un mur de briques venait de s’écrouler  sur le côté de la grange. Il sursauta en gémissant et s’agrippa à ses jambes croisées. Elle lui caressa les cheveux tandis que le toit de l’auvent se mettait à crépiter. La clairière s’habilla de traits de pluie qui fusaient de toutes parts en scintillances argentiques dans les flashs de l’orage.

Il regarda le monde se dissoudre dans l’eau et la lumière, tout heureux d’être là, bien au chaud sur ses genoux. Il savait déjà que plus tard, lorsqu’il repenserait à cet instant, il s’interrogerait une fois encore sur ce mélange unique de  paix et de plénitude qu’elle avait le don d’éveiller en lui, mais pour l’heure cela n’avait strictement aucune importance, et seul comptait le cocon de chaleur animale qu’elle tissait autour de lui en cet instant. Il se lova autour de ses pieds pour contempler l’orage avec elle, et un temps situé hors du temps s’écoula ainsi tandis que les éclairs s’estompaient peu à peu.

- Dis moi mon ami, pendant que j’y pense…
- Oui, fit il soudain tiré de sa rêverie
- Tu n’étais pas sensé nous emmener dans un coin à champignons tout à l’heure ?
- Ben oui… mais comme je Vous disais il a fait trop sec ces derniers jours.
- Sans compter que si tu ne nous avais pas trainé dans ce coin perdu nous ne nous serions jamais retrouvés pris dans cet orage
Ah ben ça c’était la meilleure, comme si ce n’était pas elle qui avait voulu rester sur cette falaise au moment du retour !
- Oh, quelle mauvaise foi !, fit il d’un ton indigné
Elle lui répondit avec un charmant sourire, aussitôt suivi d’une gifle et de l’ordre de se déshabiller.
- Allons plus vite, insista t elle en ponctuant son ordre d’un discret coup de talon.

- Là-bas, fit elle en désignant la clairière du bout du doigt lorsqu’il se retrouva tout nu devant elle.
- Quoi ? Sous la pluie ?
- Bien sur, à moins que tu préfères ce gros fourré d’orties là bas, bien au sec sous le rebord du toit de la cabane.
- Mais c’est qu’elle est très froide.
- Bon, et bien les orties donc.
- Euh, je vais y réfléchir…
- Très bien va me chercher des orties !

- C’est très bien réfléchi, lui lança t elle un peu plus tard d’une voix moqueuse tandis qu’il se dirigeait vers la clairière en frottant ses fesses rougies.

Passé le premier choc thermique la pluie était très supportable, voire même presque agréable malgré la baisse de température. Il se tourna vers elle et s’agenouilla dans l’herbe en posant ses mains sur ses cuisses  entrouvertes, paumes tournées vers elle. Ainsi assise derrière les rideaux de pluie qui dévalaient de l’auvent elle lui évoquait quelque déesse trônant sur le monde. ll soutint son regard pendant quelques instants avant de baisser la tête, subitement intimidé par son allure. L’idée qu’elle était en train de l’observer en cet instant précis déclencha en lui une raideur immédiate. Il écarta ostensiblement les cuisses. Comme toujours il était fier de s’exhiber ainsi à elle et mit un point d’honneur à redresser le buste et à cambrer les fesses tout en gardant les yeux baissés en signe d’humilité. Un long frisson parcourut son échine et il se mit à trembler de tous ses membres sous la pluie.

Elle sourit, et le laissa mariner ainsi jusqu’à ce que les tremblements s’apaisent. Elle adorait le mettre dans cet état et l’y maintenir jusqu’à ce qu’il accepte entièrement sa soumission et retrouve la paix de l’abandon.  Ses doigts glissèrent hors de son ventre brûlant, puis elle se leva et se déshabilla à son tour.

___________________
Creative Commons License doigt de miel

Posted in Parfums de déesses | 2 Comments

A scene at the sea

Il aimait arriver très tôt le matin, lorsque l’aube n’était encore qu’une vague promesse courant sur l’horizon. Il s’installait sur le talus qui dévalait vers la plage et regardait le ciel s’éclaircir tandis que glissaient au loin les grands bateaux venus de Singapour ou d’ailleurs. C’était toujours le même spectacle, et pourtant la lumière, les couleurs, le chant des vagues et les cris des oiseaux n’étaient jamais tout à fait les mêmes.

Une petite troupe de phoques moines s’approchait parfois entre chien et loup. Ils arrivaient en grand silence et se hissaient sur quelques rochers émergés dans la clarté des étoiles mourantes. C’était vers le moment où s’éteignait le phare du bout de la plage, peu de temps avant que les contours des nuages ne s’embrasent, et que le soleil vienne iriser les flots de l’or de ses premiers rayons. Ce matin-là il aperçut un dauphin qui s’ébattait joyeusement dans les vagues. C’était un événement rare, qui l’emplit de joie, comme si cette vision était porteuse de quelque heureux présage.

La mer miroitait à perte de vue tandis que le soleil du matin réchauffait cette belle journée de fin d’été. Il était déjà proche du zénith lorsqu’un léger voile cotonneux se forma au loin, séparant le bleu des flots de celui du ciel en un fin ruban qui traversait l’horizon et faisait contrepoint à la blancheur du sable parsemé de galets. Il décida d’aller se baigner avant que la pluie n’atteigne la côte et s’élança vers l’eau, nu comme au premier jour, abandonnant derrière lui tout son matériel étalé au milieu de la plage déserte.

Elle arriva tandis qu’il se séchait au soleil. Il l’aperçut au dernier moment, alerté par un frémissement à la limite de son champ de vision. Cela ne le surprit pas davantage qu’il ne s’en effraya. C’était toujours ainsi qu’elle se manifestait.  A un instant il n’y avait personne et l’instant d’après elle était là, au point qu’il s’était parfois demandé si elle ne se matérialisait pas purement et simplement à côté de lui.

Elle lui sourit et s’allongea près de lui, nullement intimidée par sa nudité. Elle portait un petit pull rouge et une longue jupe de lin blanc qui semblait animée d’une vie propre dans la brise légère. Il s’attarda un instant sur son beau visage au menton fin, sa bouche élégante et sensuelle, les soupçons de tâches de son sur ses joues et son nez.  Elle avait de jolis yeux en amande et des pommettes un peu saillantes qui lui donnaient quelque chose d’elfique.  Il ferma les yeux, savourant le calme profond qu’il sentait monter en lui à chaque fois qu’elle était là.

Elle se redressa sur ses coudes pour observer un essaim de cerfs-volants multicolores qui décrivaient de joyeuses arabesques au-dessus d’un groupe d’ados installés un peu plus loin sur la plage. Il les suivit un temps avant de revenir aux courbes qu’il devinait sous la ligne fluide de ses vêtements, l’élégance de sa gorge jaillissant de l’encolure de son pull, le doux renflement de ses seins qui soulevaient l’étoffe au rythme de sa respiration calme et profonde, le galbe de sa jambe croisée sous sa jupe. Il vit qu’elle l’observait avec un sourire qu’il connaissait bien. L’extrémité de son pied nu se balançait avec nonchalance en un appel muet. Son sourire s’élargit encore, dessinant une jolie fossette au coin de sa bouche, lorsqu’il alla s’agenouiller devant elle.

Il commença par balayer les grains de sable qui lui collaient à la peau avant de parcourir sa voûte plantaire en un doux mouvement circulaire des pouces. Puis il remonta sur les côtés en palpant son cou de pied pour défaire les petits noeuds qu’il devinait sous sa peau souple et chaude.  Il se pencha vers elle et lapa son pied, avec délicatesse d’abord, puis de plus en plus passionnément au fur et à mesure que sa langue s’immisçait dans les recoins et les interstices de ses orteils délicats. Il les avala un à un et les fit rouler sous sa langue tout en lui massant doucement le creux des tendons.

La première goutte de pluie éclata sur son épaule en de multiples éclaboussures, le tirant de sa bulle enchantée. Il leva des yeux interrogatifs vers elle, craignant qu’elle n’abrège ce joli moment, mais la belle se contenta de retirer son pull et renversa la tête en arrière, offrant sa gorge et ses jolis seins aux gouttes tièdes et bienfaisantes qui tombaient de plus en plus vite à présent. Il fit glisser sa jupe et la déposa sous elle pour la protéger de la pluie. Elle n’avait gardé qu’une culotte toute simple qui ne tarda pas à être trempée, dessinant les contours de son intimité en transparences affolantes.

Elle avait un corps fin et puissant à la fois, un peu comme ces félins qui dissimulent leur force sous la nonchalance de leurs attitudes. Il parcourut ses cuisses fuselées qui lui évoquaient les colonnes d’un temple, en lécha délicatement l’intérieur chaud et velouté avant de plonger sa langue à travers son voile de coton détrempé. Il sentit des sucs tièdes et délicats s’exsuder à travers le tissu et se mêler à l’eau qui ruisselait de son visage. Il voulut en déposer l’offrande dans la coupe de son nombril, mais elle le saisit par les cheveux et le ramena à son point de départ d’une main douce mais intransigeante.

Il se replongea dans le creuset de ses désirs, parcourant les plis et replis de ses nymphes aussi douces que du corail avec la curieuse sensation de glisser sur un coussin de soie, s’attardant longuement sur le petit bouton de rose qu’il sentait éclore dans son écrin de chair, le taquinant du bout de la langue, l’aspirant doucement entre ses lèvres mi-closes. Elle enroula ses cuisses  autour de lui et le plaqua contre elle avec tant de force qu’il craignit un instant de manquer d’air. Son odeur savoureuse et entêtante envahit ses papilles, déferla dans ses poumons, explosa dans chaque recoin de son être, affolant les petits papillons qui battaient des ailes au creux de son ventre. Il noua ses bras autour de ses hanches et s’abandonna à l’ivresse. Sa langue se vrilla, s’enfonça, plus loin, à la recherche de cette source enchantée qui lui inondait l’âme autant que le visage. Soudain elle eut une convulsion, puis une autre, puis une autre encore, ses cuisses se refermèrent en étau autour de son visage, elle attrapa ses mains et les serra entre ses doigts comme si elle avait voulu les briser.

Lorsqu’il ouvrit les yeux la pluie avait cessé. Il tourna la tête et l’aperçut accroupie près de lui. Elle avait remis ses habits et l’observait de ses yeux rieurs. « C’est moi qui jouis et c’est toi qui t’évanouis », dit-elle en lui caressant les cheveux. Il se contenta de sourire, bien incapable de formuler le moindre début de réponse cohérente. Ses doigts glissèrent sous sa nuque et elle pencha son visage en entrouvrant ses lèvres. Il crut qu’elle allait l’embrasser, mais elle lui donna un large coup de langue qui balaya son visage du menton jusqu’à la naissance du front. Ce fut bref, puissant, animal.

Elle se redressa et s’éloigna dans un dernier sourire. Il resta étendu un long moment, les yeux rivés dans le ciel redevenu bleu, le visage brûlant de sa salive et la bouche pleine de saveurs exotiques. Puis il alla ranger ses pinceaux et replier son chevalet. Les couleurs s’étaient dissoutes sous la pluie et sa marine s’était muée en un enchevêtrement de dégradés de bleu. Il trouva le résultat curieusement réussi, mais pas encore assez pour le lui offrir… Celui-ci irait rejoindre les toiles innombrables qui encombraient son atelier, mais un jour c’est certain il réussirait à peindre un joli tableau… Pour Elle… rien que pour Elle :-)…

___________________
Creative Commons License doigt de miel

Ps. Il y a quelques mois j’avais reçu un gage de sonatine suite à ce billet. Il consistait à écrire un billet évoquant l’univers de Takeshi Kitano… Je ne suis pas certain  que celui-ci soit entièrement kitanesque, mais l’important c’est d’avoir tenu parole non ? ;-)…

Posted in Parfums de déesses | 4 Comments

Une Dame…

Elle aime le vent du large et le silence des cathédrales
Elle a sa vie, ses joies, ses soucis, ses rêves et espoirs
Elle fait ses courses, son ménage et même sa cuisine
Elle a un petit chat noir qui adore jouer dans son jardin

Chez elle c’est tout blanc avec un beau parquet ancien
Il y a des livres, des beaux meubles, des guirlandes
Des étoffes fines et délicates sagement empilées
Qu’elle fait glisser sur sa peau au gré de son humeur

une belle femme presque ordinaire en somme, sauf que
Derrière un de ses fauteuils il y a une très jolie cravache
Toute de cuir au pommeau d’argent finement ouvragé
Et quand d’aventure il lui prend la fantaisie de l’utiliser…

.

;-)

___________________
Creative Commons License doigt de miel

Posted in Parfums de déesses | 2 Comments

les mots pour le dire…

          ;-)

Posted in Parfums de déesses | 3 Comments