Les travaux et les jours

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Grès, Ardèche, chantier collectif
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Calcaire, garrigues, chantier collectif
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Grès, Haut-Languedoc
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Calcaire et mortier de chaux, garrigues
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Avec ce confinement je fais plus de caillou que de cordes…
(et ça se sent ;-)

Pleine lune demain à 10h31

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Samain

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Il y avait deux saisons dans l’année pour les anciens Celtes : la saison claire et la saison sombre. Samain marquait le passage de la première à la seconde.

Sur l’étymologie du mot les hypothèses diffèrent : composée des racines *sam (été) et *fuin (fin) » pour les uns ; issue de *samani (« assemblée ») pour d’autres… En effet cette fête marquait la fin de la belle saison et tous les corps de la société s’y rassemblaient, alors elles ont chacune des arguments, sans compter qu’il y a d’autres hypothèses encore. Sur les motifs et le contenu de ces assemblées l’on est tout aussi réduit aux conjectures. On sait en revanche qu’elles se déroulaient sur 7 jours répartis de part et d’autre de la pleine lune de novembre.

C’était – c’est un intervalle hors du temps, un interstice entre deux périodes de l’année. Un moment dédié au changement. Dans les champs les travaux agraires prenaient fin et les guerriers rengainaient leurs épées. Cette année Samain a débuté mercredi dernier, soit le jour de l’annonce du reconfinement ce qui ne manque pas d’à-propos je trouve : question changement c’est pour le moins une ouverture en fanfare ! En revanche pour le côté festif et collectif il faudra repasser. Pour ce qui est des cordes c’est carrément la bérézina, et là j’ai très envie de verser une larme lorsque je pense à la session qui était prévue ce dimanche avec une charmante, une délicieuse, une super partenaire de cordes. 

Samain était – est l’époque ou s’ouvrent les portes du Sidh, un temps déjà évoqué en ces pages, où devient possible ce qui d’ordinaire ne l’est pas. Ca aussi ça décrit assez bien le présent je trouve !  Pour le moment, et pour quelques minutes encore, nous ne sommes qu’au troisième soir et ça me semble prématuré de dire de quoi cette édition 2020 sera tissée. Le fait est qu’elle est d’ores et déjà marquée d’un sceau d’étrangeté.

Il est minuit passé à présent, et c’est donc officiellement le quatrième jour. Tout à l’heure, dans l’après-midi, ce sera la pleine lune, suivie de Halloween, qui est à Samain ce que la pointe est à l’iceberg, suivie de la Toussaint et la fête des morts qui sont venues recouvrir tout ça lorsque le christianisme s’est enraciné sur les terres jadis veillées par les druides.

Le sens et les modalités de cette période varient au fil du temps et des circonstances mais l’essence elle, demeure. Nappée, voilée, festonnée par l’écume de l’histoire. Le passage et le changement.

Pleine lune à 15h50

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Album d’été

Le jour où j’ai appris à me tenir en public

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Le jour où je me suis retrouvé en l’air
(Cordes : Lady Dae ; photo : Mushroom)

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Le jour où je me suis fait emballer

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Le jour où j’ai pleuré sous un ceinturon
(et le bien que ça m’a fait)

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Le jour où j’ai reçu une carte d’anniversaire (by Cyille)

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ô Fées délicieuses, Reines et Déesses,
Chapines, Ladies, Cavalières,
artiste.s, photographe.s
ami.e.s, témoin.s, complice.s
d’un soir, d’une vie, d’un devenir
Merci pour ces beaux moments !
<3 <3 <3

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Pleine lune à 23h06 !

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Heidi explore trois styles (générations ?) de cordes

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Haruki Yukimura & Shin Kou Sabre

La quarta Corda et Arinel

Tifereth & Joan von Brook

Pleine lune demain à 7h22

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La vie secrète des pierres

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J’ai posé ma main sur la pierre. C’était une pierre comme les autres, si ce n’est qu’elle offrait une assise plus confortable que ses voisines, raison pour laquelle je m’y étais installé.e. C’était sur une longue crête, toute en pelouses d’altitude et roches affleurantes, qui dessinait avec les sommets voisins de belles ondulations parallèles. L’ensemble n’était pas sans évoquer une colonne de dragon.ne.s pétrifié.e.s en pleine chevauchée par quelque enchanter.esse esthète. Facétieu.se.

Un endroit parfaitement féérique donc, qui accueillait avant-hier un événement dont le blog de Heidi s’était déjà fait l’écho lors d’une précédente édition. Modulations. 24h de performances sonores radiodiffusées en autonomie complète dans un espace d’altitude avec, en prime cette année, un des plus fameux coucher de soleil que j’aie jamais vu.

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Je m’étais installé.e un peu à l’écart du groupe, en tailleur sur cette pierre accueillante, pour écouter en savourant le paysage. Où était ce l’inverse ? J’ai posé la main sur la pierre donc, et je l’ai sentie qui vibrait sous ma paume. J’ai d’abord cru que c’étaient les ondes sonores de la performance en cours, mais non, il n’y avait que cette pierre ci qui vibrait. C’était comme une fontaine d’énergie. Ou un puits peut-être ? Je me suis demandé si ce que je ressentais me plaisait ou non avant de m’ouvrir pour que l’énergie puisse circuler en moi. Me faire pont, canal, et la sentir s’écouler à travers moi, hors de moi, en route vers l’infini et au-delà.

Elle est entrée par ma main et j’ai parlé avec elle. Mon esprit a voyagé un long moment sous le ballet parfait de la lune et des étoiles et des planètes. J’ai appris que les pierres sont vivantes. Bon je le savais déjà en vrai (c’est bien connu !), mais j’ignorais en revanche qu’elles étaient porteuses d’une sagesse ancienne.  Quelque chose a bougé en moi, comme un ménage dans les arches encombrées de mon âme. Des choses qui m’étaient obscures se sont éclaircies, et ma réflexion à progressé sur d’autres points qui demeurent largement des mystères.

Qui dois je remercier pour ce bienfait ? La pierre ? L’énergie ? le lapiaz ? La montagne ? Gaïa ?

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Je lui ai fait don de mes peurs et mes peines, avec toute ma gratitude pour ce qu’elles m’ont enseigné. Je les laisse derrière moi à présent, entre de bonnes mains je crois. Je lui ai fait don de la colère que je ressens, pour qu’elle se dissipe et passe comme les nuages dans le ciel, mais il faudra sans doute d’autres dons tant il m’en reste en couches enfouies. J’ai aussi songé à lui faire don de mes blessures de l’âme, mais là je me suis ravisé.e. C’est trop tôt je crois, et important de les aimer bien pour qu’elles puissent cicatriser. Alors je lui ai simplement demandé conseil et appui pour en prendre soin.

A un moment la pierre toute entière s’est mise à vibrer sous moi et j’ai senti une colonne d’énergie monter. Je ne sais plus à quel moment précis. Je ne sais qu’en penser. Je ne sais ce qu’il en adviendra. Je veux simplement dire ma gratitude ici et maintenant.

Merci, merci, merci donc, la pierre et l’énergie, la montagne et le lapiaz ;
Merci les organisateur.ice.s ; Merci les participant.e.s ; Merci Gaïa ;
[Edit 06/08 : Merci les géants et leur pas]
Merci la Vie <3

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Pleine lune à 17h58

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Rencontre au sommet

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Pleine lune à 6h44

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Une boussole

Pour les jours où on se sent perdu.e

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Pleine lune ce soir à 21h11

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Le chameau, le lion, l’enfant

Une découverte. Quelques lignes dans la horde du contrevent d’Alain Damasio (excellent roman, sans doute le plus prenant que j’aie lu depuis des années !) qui avaient curieusement tinté en moi.

« Qu’est ce qui est lourd? demande l’esprit qui respecte et qui obéit, que je puisse, en héros, en bon hordier, porter les plus lourdes charges ». Ainsi parle le chameau. (…) Et solidement harnaché, il marche vers son désert et là il devient lion. Devant lui se dresse le dragon des normes millénaires et sur chacune de ses écailles brillent en lettres d’or ces valeurs et ces mots: « Tu dois. » mais le lion dit: « je veux! » – sauf qu’il ne sait pas encore ce qu’il peut bien vouloir, il n’a fait que se chercher un dernier maître pour le contredire, que se rendre libre pour un devenir qu’il est encore incapable d’incarner. Alors survient la troisième métamorphose : le lion devient enfant. Innocence et oubli, premier mobile, roue qui roule d’elle même, recommencement et jeu et l’enfant dit « je crée ». Ou plutôt il ne dit plus rien : il joue, il crée. Il a trouvé son Oui, il a gagné son monde.

Ces trois métamorphoses peuvent être les étapes d’une vie, d’un amour, d’une quête – mais tout aussi bien coexister en toi en ce moment même, à différentes vitesses et proportions, en couches fondues.

– Le chameau, le lion, et l’enfant?
– « Tu dois », « Je veux », « Je crée » : les trois métamorphoses. Le hordier obéissant, puis le hordier révolté qui se libère, puis l’enfant retrouvé, à force de courage adulte, et qui crée sa voix, et qui la fera entendre.

La horde du contrevent, Alain Damasio
Et aussi : Les trois métamorphoses, Friedrich Nietzsche

Pleine lune demain à 12h44

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Chroniques du premier kilomètre

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Pleine lune cette nuit à 4h34

(photo du jour !)
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Somewhere I have never travelled, gladly beyond

Je me souviens avec tendresse de ma toute première nuit avec ma petite Américaine. C’était dans le donjon du club où on venait de faire connaissance. On avait dormi, après un chaste câlin, dans un grand lit en métal au milieu des cages, piloris et autres croix de Saint André. Je devais partir tôt le lendemain. Je m’étais éloigné sans bruit pour ne pas la réveiller, le coeur gros de ne pouvoir la saluer après les merveilleux moments de cordes qu’on venait de partager… Et au moment de partir la voici qui attendait au bord du lit. Irrésistible ! Peu après iel m’avait demandé si j’étais disposé à accepter tout ce qu’iel avait à me donner. Et la réponse était oui. Un oui serein.Tranquille. Evident.

L’amour est venu tout naturellement. Avec notre différence d’âge – 22 et 48 ans – il me semblait avoir une responsabilité spécifique. Sachant comme on peut aimer fort à 20 ans je craignais qu’iel puisse s’enferrer dans un cadre qui l’aurait empêché de se construire une existence à la hauteur de ses possibilités. Avec le recul il me semble avoir surtout projeté ce que moi j’aurais fait à sa place à ce moment là, mais bon ;-). Il n’en demeure pas moins qu’iel avait l’âge où on fait ses premiers pas, après des études super brillantes qui lui ouvraient n’importe quelle carrière de son choix, et que j’aurais eu l’impression de lui voler quelque chose si j’avais tenté de la retenir dans mon coin de garrigue, charmant certes (et en fort belle compagnie ;-), mais tout de même un peu étriqué pour quelqu’un de son envergure.

J’étais, et je suis toujours, un peu gêné aux entournures par le paternalisme implicite contenu dans cette attitude. J’avais conscience pourtant qu’iel était adulte et vacciné.e, tout.e jeune certes, mais capable de décider ce qui est bon ou pas. Simplement je voulais qu’iel se sente libre de choisir, ne surtout pas chercher à l’influencer. « T’aimer sans te posséder », comme le dit très joliment Jacques Salomé. Donner l’espace nécessaire pour un choix libre et éclairé. Après son départ je me suis parfois demandé si cette attitude n’avait pas porté préjudice à notre histoire. Si je n’avais pas fermé une porte en m’abstenant de lui exprimer clairement mon désir qu’elle reste, mais au final il me semble c’est juste une péripétie d’un récit plus vaste, avec des choses qui m’appartiennent, d’autres qui lui appartiennent et qui, bout à bout, font qu’iel est rentré.e.

Bien sur c’était prévu ainsi dès le départ. Une parenthèse a toujours vocation à se refermer. Mais est ce que ça aurait pu devenir autre chose ? Pour ça il a manqué une perspective à un moment, une direction commune. C’était surtout lors de la seconde saison, lorsque son départ programmé barrait l’horizon d’un bout à l’autre… J’avais choisi de profiter de ce joli cadeau de la vie, de vivre ce qu’il y avait à vivre avec légèreté, mais je crains de ne pas être très doué pour la légèreté. J’ai fait de mon mieux, et ne m’en suis pas trop mal sorti je crois. C’était une période déroutante. Je ne ressentais plus l’élan que j’avais ressenti l’année précédente, pourtant j’ai aimé chaque moment qu’on a partagé.

Il me semble davantage nécessaire d’aimer que d’être aimé, mais quelle joie, quel bonheur, quel accomplissement lorsque cet amour est partagé ! Je me suis senti couvert de bienfaits et de bénédictions. Nettoyé jusqu’aux tréfonds, remis à neuf, régénéré par tant d’amour. J’avoue que cette expérience m’a laissé un goût de reviens y et que aujourd’hui, pour la première fois de ma vie je me sens disposé pour une relation dans la durée, comme quoi tout arrive ;-). J’ai aussi appris que ma première relation, ma première fidélité est avec moi même, et que j’ai besoin de beaucoup temps pour moi.

Je l’ai connue par les cordes, mais suis rapidement devenu.e saon soumis.e, ou sa pup plutôt. C’était juste génial. Je m’occupais aussi des tâches domestiques quand on se voyait. Ménage, repas, service, lessive. Ce n’était pas déplaisant, et chouette pour faire péter les stéréotypes de genre, mais je ne le referai plus dorénavant. C’est trop épuisant quand on a déjà une vie professionnelle chargée par ailleurs. A moins que je devienne un jour homme au foyer ? Plus tard quand je serai grand qui sait ? Faut toujours être ambitieux dans la vie :-D

On a fait de moins en moins de cordes avec le temps. En me sentant soumis je n’avais plus l’état d’esprit nécessaire pour faire de bonnes cordes avec iel. Ca m’était déjà arrivé avec d’autres personnes : je ne peux pas être à la fois le soumis et l’encordeur avec une même partenaire. Ce sont deux énergies incompatibles pour moi.  Je l’ai fait pourtant. Parce que je savais qu’elle aimait ça et je voulais lui faire ce plaisir, ce qui est une assez bonne raison je trouve.

On faisait beaucoup de gender play encore. C’était chouette d’explorer ce domaine en sa compagnie. Me maquiller, porter des vêtements féminins… C’était facile car je me suis toujours senti.e davantage féminin.e que masculin.e à l’intérieur, mais curieusement c’est devenu moins structurant pour moi. Je suis moi tout simplement. Non binaire. A-genré.e. Ou plutôt ça ne se joue pas dans une apparence, mais c’est peut-être car je n’ai jamais prêté une grande attention à mon apparence ? (C’est d’ailleurs un tort je crois ;-)

Et à présent ?
Notre histoire telle qu’on l’a connue est passée, mais j’aime penser que le lien demeure et qu’on a encore des choses à partager… Ici, là bas, ou ailleurs encore.
Iel  vient d’être admis.e dans l’école où iel souhaitait aller, pour apprendre le métier qu’iel a choisi.
Iel est sur son chemin, et cette pensée me remplit de joie et de fierté tandis que je vais sur le mien.

Merci à E.E. Cummins pour le titre
Merci à Ivy et Lux, et à quelques autres
Merci Toi
<3

Pleine lune à 18h47

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