Category Archives: Un pont vers le futur

Fondu enchaîné

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(Merci, merci, merci à ce merveilleux endroit 🥰 ! )

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Entre l’achat, les travaux et le déménagement les derniers temps ont été plutôt denses, avec une pensée pleine de gratitude pour les personnes qui ont patienté le temps que je les (re)contacte.
Le blog de Heidi risque de prendre une tournure déco/aménagement inédite au cours des prochains mois. Ceci étant posé, si l’idée de faire des cordes vous séduit le premier point de suspension sera bientôt opérationnel 😇

Pleine lune à 8h19,

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Male gaze

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C’était la semaine dernière. Le soleil de l’après midi inondait mon appartement à travers la porte-fenêtre. Soudain j’ai vu un curieux motif de lumière sur le mur. Quelque chose de rohrscharien.

Vous y voyez quoi ?
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C’était très beau, étonnant aussi, car je ne comprends pas comment un tel motif peut se former à travers une porte fenêtre rectangulaire, mais il y a certainement une explication.

Un peu plus tard dans l’après midi j’ai attaché une personne que je voyais pour la première fois. Une jeune femme très endurante et très masochiste, le genre de partenaire qu’on peut emmener très loin dans les cordes, tellement loin qu’il faut savoir dire stop à sa place, et redoubler de vigilance donc. Ce genre de partenaire m’a longtemps fait peur, mais en l’attachant j’ai réalisé que je suis beaucoup plus à l’aise avec ça à présent. C’était un beau moment de cordes, comme tous ceux que j’ai pu faire ces derniers mois, pourtant je ne suis pas pressé.e de revoir cette jeune femme. J’aurai plaisir à l’attacher encore, mais pas tout de suite. Je réalise que je cherche davantage une compagne qu’une partenaire de cordes en ce moment, et clairement elle n’est pas compatible avec moi sur ce plan là.

Au début de l’année, déjà, j’avais fait une rencontre de cordes. Très vite on a commencé à se voir toutes les semaines, et bien sur c’est devenu davantage qu’une rencontre de cordes. C’était une belle personne, attentionnée, brillante, fragile et instable aussi, comme je pouvais l’être moi même lorsque j’avais son âge, ce qui m’attendrissait beaucoup. Elle non plus n’était quelqu’un pour moi. On avait de beaux moments et une communication très fluide, évidente mais ça manquait d’intensité. Ca ne m’a pas fait trop de peine quand on a cessé de se voir. On est resté en contact depuis et le temps dira si on peut devenir amis.

J’ai longtemps eu une grande facilité à nouer des liens avec la gent féminine. Il y avait une simplicité, une évidence. La communication, les confidences coulaient de source. Seul bémol, à chaque fois que je rencontrais quelqu’un qui me plaisait je me retrouvais systématiquement confiné en « friend zone ». Ca a duré toute mon adolescence, c’est à dire jusqu’à 35 ans environ ;-). A un moment je me souviens m’être dit que j’en avais assez de faire des rencontres féminines amicales. Quelque chose a changé ensuite. Je suppose que ça c’est joué dans mon attitude, que je ne devais plus émettre les même vibrations autour de moi.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis cette époque, beaucoup d’eau. Depuis quelques temps je me dis parfois que j’aimerais bien renouer des amitiés féminines sans arrière pensée de séduction ou d’érotisme, simplement aller à la rencontre de l’autre. Ca devrait être simple mais j’ai du mal. Je me surprends parfois à porter un regard érotisé sur des femmes que j’apprécie énormément et je n’aime pas ça car j’ai l’impression de les ramener à de simples objets de concupiscence ce faisant. Peut être que je prends simplement conscience de ce qu’on appelle le « male gaze » ?

Je trouve que c’est pourtant bien d’apprécier la beauté d’un corps, d’une attitude ou d’une tenue. Ca fait partie de la légèreté, des choses qui rendent le monde plus beau au quotidien. Peut être que l’erreur est simplement de genrer le regard ? Formulée ainsi la réponse semble évidente.

J’ai l’impression que pour moi à un moment il y a eu une sorte de fétichisation du corps féminin. A un moment c’est devenu un objet de fixation érotique. J’ai des images très précises qui illustrent cette évolution : je me souviens du choc ressenti à la vue du string d’une commerciale qui dépassait de son jean pendant qu’elle me déroulait son argumentaire dans une boutique. Ou encore la déferlante du porno chic au début des années 2000, lorsque lorsqu’un érotisme trash s’est soudain affiché partout dans la pub, les galeries d’art, les médias… Est ce que cette vague a fait évoluer les normes, ou est ce juste moi qui suis devenu un obsédé sexuel vers cette époque là ? Formulée ainsi la réponse n’a rien d’évident, mais peut être que ça n’a guère d’importance.

Peut être qu’en l’occurrence l’important est que les personnes qui subissent ce regard dans l’espace public n’ont rien demandé et peuvent légitimement se sentir agressées. En tout cas il me semble que je le serais moi si j’étais à leur place. Il y a aussi le fait que cette fétichisation invisibilise les autres dimensions de la personne, et ce faisant empêche la rencontre authentique, condamnant la relation à rester minimale, étique là où, avec un peu d’éthique…

Ca fait longtemps que j’évite de jeter des regards insistants sur les personnes qui m’entourent, mais je réalise que pour certaines d’entre elles ça revient à ne pas les regarder du tout, simplement parce que je ne peux pas m’empêcher de les trouver très jolies et que je ne veux pas qu’elles se sentent agressées. Mais ça aussi empêche toute forme de relation. La rencontre avec l’autre commence par « je te vois et je te reconnais en tant que personne singulière ».

Enfin bref je veux cultiver un regard plus neutre dans l’espace public, tout en restant léger et capable d’apprécier la beauté. Qu’il puisse y avoir de la séduction, mais simplement que ce ne soit pas une fin en soi mais le fruit d’un dialogue entre adultes désirants. Je veux également nouer davantage de relations avec les gens que je croise, des amitiés profondes où l’on peut se dire les choses que l’on porte en soi, mais aussi nouer des relations légères. Parfois c’est simplement chouette d’être en bonne compagnie autour d’un verre.
Je veux enfin faire une belle rencontre romantique, c’est à dire parfaitement kinky et libre bien sûr, joyeuse, positive.

C’est amusant ce billet commençait par un rayon de soleil et s’achève en lettre au père Noël, ou à la mère Noël plutôt :-). Un billet de saison en somme, à l’approche du solstice.

Pleine lune à 5h37

(Tomi Ungerer)

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Le téléscope

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Il y a une douzaine d’années, aux premiers temps du blog de Heidi, j’étais tombé sur un magnifique téléscope en faisant les puces. C’était un appareil à réflecteur, fort impressionnant avec sa monture équatoriale et sa panoplie d’oculaires qui vont bien. Le genre dont j’avais souvent rêvé enfant devant le spectacle du ciel nocturne. Il était vendu à un prix considérable pour un marché aux puces. Je me souviens avoir voulu le négocier, mais devant l’inflexibilité du vendeur j’avais accepté de payer la somme demandée. C’était un peu cher certes, mais après tout c’était un rêve de gosse !

Je me souviens l’avoir ramené à la ferme familiale, tout fier de mon acquisition, et monté sur son trépied pour observer la lune, évidemment. J’ai vite déchanté ! Déjà la météo n’était pas favorable et la lune toute voilée par les nuages. C’était surtout difficile de viser juste, et quand d’aventure j’arrivais à pointer la mire dans la bonne direction voilà qu’aussitôt la lune se glissait hors du champs. C’est bien joli d’avoir une monture équatoriale, encore faut il savoir la faire fonctionner !

L’objet s’avérait complexe et je n’avais pas le temps d’apprendre. Pis, le week-end touchait à sa fin et je n’avais que faire d’un téléscope dans mon appartement. Je suis reparti à Strasbourg, en me disant que je m’étais bien fait avoir. J’en voulais au vendeur. J’avais l’impression déplaisante de m’être fait pigeonner en achetant très cher un objet dont je n’avais pas l’utilité, mais la vérité c’est que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi même : après tout personne ne m’avait obligé à l’acheter !

Cette histoire m’est revenue il y a quelques jours, au moment de négocier le prix d’une maison trouvée sur un site d’annonces immobilières. C’était la même impression d’acheter trop cher un bien, plaisant certes, mais aussi avec de vrais défauts. Une impression d’autant plus prononcée que je savais combien le vendeur l’avait achetée quelques années plus tôt, et même en comptant les travaux réalisés entre temps et l’évolution des prix ces dernières années c’était clairement excessif.

J’ai longuement hésité. A cause du prix bien sûr, et aussi à la perspective de m’endetter pour de longues années, et de devoir assurer l’entretien du terrain et de la maison encore. Je n’avais jamais réalisé jusque là combien c’est angoissant d’acheter. C’est une petite bâtisse, même pas en pierre (tssss ;-), mais pleine de charme. Une maison atypique, très loin de tout ce que j’ai pu voir depuis que je cherche.

J’ai réfléchi à ce que serait un prix juste pour moi, et demandé un rabais significatif. Je n’étais pas du tout certain que les vendeurs accepteraient, d’autant plus qu’ils avaient rompu les pourparlers à la première évocation de baisse de prix, au temps de nos premiers contacts. Je leur ai fait une proposition d’achat au prix demandé, puis j’ai reçu les diagnostics techniques. J’ai revisité la maison aussi, et pris quelques renseignements. Cette fois ci c’est l’agent immobilier qui a fait l’intermédiaire. Ils ont à nouveau rompu les pourparlers à ma première offre, puis accepté ma contre-proposition le lendemain.

C’était une négociation désagréable, avec des non-dit, des rapports de force, des drames et des signaux d’alarme parfois. Entre ces mauvaises sensations, ma tendance à ne voir que les côtés négatifs et ma peur d’acheter j’ai failli laisser tomber plusieurs fois. En fait j’ai même laissé tomber plusieurs fois, mais j’y suis à chaque fois revenu. C’est une chouette maison, inspirante, et j’espère que le processus ira jusqu’au bout. C’est angoissant d’acheter, mais il y a aussi de bons côtés.

La signature du compromis est prévue dans une semaine. Tant que ce n’est pas fait je suppose que tout peut encore arriver, alors j’évite de me projeter. Comme dit la chanson, que sera, sera !

Pour en revenir au téléscope ça fait douze ans qu’il attend, rangé dans une caisse en bois stockée avec mes affaires ramenées de Strasbourg. J’espère qu’il sera encore en état de marche lorsque je le remonterai, et que je pourrai bientôt admirer les planètes, la lune, et les étoiles depuis ma terrasse.

Pleine lune à 16h56

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L’appel du chemin

Pleine lune demain à 1h53,
puis équinoxe d’automne

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Le chemin parcouru

« Il est interdit d’interdire », dit l’Arbre
(Photo de gauche « empruntée » sur Prise au vent)
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<3

Pleine lune à 20h49

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Poussière d’étoile

Cette année le monde a basculé dans une nouvelle réalité avec l’apparition d’un virus inconnu il y a encore 12 mois. C’est comme une histoire de science fiction devenue réalité, avec le pressentiment étrange que ce n’est qu’un début. Cette crise aura de nombreuses conséquences qui restent à venir. Je suis loin de les saisir toutes, mais c’est, je crois, une bonne clé de la voir comme un révélateur et un accélérateur des mutations en cours, géopolitiques, économiques, culturelles, technologiques…

Il me semble qu’elle s’insère également dans une trame plus vaste, que ce n’est qu’une nouvelle manifestation de la catastrophe écologique en cours, au même titre que la fonte des glaciers, les feux de forets, la perte de biodiversité… Celle ci est juste plus visible et plus perturbante car contrairement aux autres elle nous affecte directement et immédiatement dans notre quotidien. Alors peut-être que ça donnera l’impulsion nécessaire pour réparer le monde ? Si ça pouvait en réveiller au moins quelques un.e.s ce serait un bien pour un mal !

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C’est étrange que la vie continue malgré cette pandémie. Au quotidien ça impacte surtout ma vie sociale. Quand je suis dans les garrigues je m’en tiens à un petit nombre de partenaires de jeux et quelques rencontres en petit comité en respectant des règles de bon sens. C’est plus compliqué sur mes terres natales comme en ce moment, avec le souci de ne pas mettre mes parents en danger. Quand des gens m’invitent je décline ou propose une balade au grand air pour limiter les risques. Entre ça et le dernier confinement mon horizon s’est singulièrement réduit et cette situation m’est pénible, tout particulièrement en cette période de fin d’année.

Ce temps ralenti m’a tout de même laissé du temps pour me demander où je veux habiter quand je serais grand, qui est une de mes grandes questions irrésolue des dernières années. Ceci implique en corollaire de de me demander comment je veux vivre et où je veux aller professionnellement. J’ai les options mais pas encore la réponse. Ce sera une de mes grandes affaires de l’an qui vient, si le monde comme il va m’en laisse l’opportunité, sans compter qu’on a parfois des surprises.

Sur le plan des loisirs ma sensibilité me porte de plus en plus vers la construction en pierre sèche. C’est une envie, et un besoin même, au point que j’ai songé cette année à en faire une activité professionnelle complémentaire. Je ne suis pas encore certain de vouloir franchir le pas. Mes compétences sont limitées, et surtout je veux que ça reste un plaisir, d’autant que c’est une activité harassante. Je me suis fait mal au dos deux fois cette année et ne serais pas surpris que la manutention des pierres y ait contribué, mais c’est tellement joli aussi !


Pour être précis mon dos à certainement aussi souffert d’une prise de poids conséquente depuis un an. Il me semble que c’est très mauvais pour ma santé et pour mon image de moi. Je m’en accommode mais je serais plus heureux et mieux dans mon corps avec 12 kg de moins. C’est un bon objectif je trouve pour l’an qui vient, et apprendre à déplacer les pierres sans se blesser aussi. J’aime bien la douleur parfois mais pas dans ce cas précis !

A ce propos l’exploration physique et sensorielle de mon masochisme fut l’une des grandes et belles affaires de l’année, ainsi que la redécouverte de ma soumission, ou plutôt sa réinvention aux pieds délicieux d’accortes doctoresses, dispensatrices de sensations et maîtresses des portes. Tout ceci a un fort goût de reviens-y, avec une pensée particulière pour le jour où mes cordes se sont faites cueillir à l’improviste par une boucle de cheveux. On ne réalise pas assez combien ça peut être risqué d’attacher parfois ! :-D

Curieusement ça ne m’a pas du tout empêché de reprendre les cordes cette année, bien au contraire même ! J’ai vécu de merveilleux moments de cordes, et retrouvé le plaisir d’apprendre. J’ai notamment eu la chance de nouer des liens avec une chouette partenaire que j’attacherai autant qu’elle le souhaitera. Compte tenu de ses disponibilités j’ai du temps pour d’autres relations suivies, et donc si vous êtes vers Montpellier / Nîmes / Alès / Avignon et intéressée pour faire une ou deux séances par mois du côté d’Uzès je serais enchanté de l’envisager avec vous. Je suis joignable ici, et ma bio d’encordeur est :-).

J’espère que 2021 sera une année plaisante et constructive sur tous les plans. Je me le souhaite, et je vous le souhaite de tout coeur aussi, chèr.e lecteur.ice qui honorez ce coin des prairies de silicium de votre passage. Santé, paix, amour et accomplissement à vous et vos proches !

Pleine lune à 4h29 :-)

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Somewhere I have never travelled, gladly beyond

Je me souviens avec tendresse de ma toute première nuit avec ma petite Américaine. C’était dans le donjon du club où on venait de faire connaissance. On avait dormi, après un chaste câlin, dans un grand lit en métal au milieu des cages, piloris et autres croix de Saint André. Je devais partir tôt le lendemain. Je m’étais éloigné sans bruit pour ne pas la réveiller, le coeur gros de ne pouvoir la saluer après les merveilleux moments de cordes qu’on venait de partager… Et au moment de partir la voici qui attendait au bord du lit. Irrésistible ! Peu après iel m’avait demandé si j’étais disposé à accepter tout ce qu’iel avait à me donner. Et la réponse était oui. Un oui serein.Tranquille. Evident.

L’amour est venu tout naturellement. Avec notre différence d’âge – 22 et 48 ans – il me semblait avoir une responsabilité spécifique. Sachant comme on peut aimer fort à 20 ans je craignais qu’iel puisse s’enferrer dans un cadre qui l’aurait empêché de se construire une existence à la hauteur de ses possibilités. Avec le recul il me semble avoir surtout projeté ce que moi j’aurais fait à sa place à ce moment là, mais bon ;-). Il n’en demeure pas moins qu’iel avait l’âge où on fait ses premiers pas, après des études super brillantes qui lui ouvraient n’importe quelle carrière de son choix, et que j’aurais eu l’impression de lui voler quelque chose si j’avais tenté de la retenir dans mon coin de garrigue, charmant certes (et en fort belle compagnie ;-), mais tout de même un peu étriqué pour quelqu’un de son envergure.

J’étais, et je suis toujours, un peu gêné aux entournures par le paternalisme implicite contenu dans cette attitude. J’avais conscience pourtant qu’iel était adulte et vacciné.e, tout.e jeune certes, mais capable de décider ce qui est bon ou pas. Simplement je voulais qu’iel se sente libre de choisir, ne surtout pas chercher à l’influencer. « T’aimer sans te posséder », comme le dit très joliment Jacques Salomé. Donner l’espace nécessaire pour un choix libre et éclairé. Après son départ je me suis parfois demandé si cette attitude n’avait pas porté préjudice à notre histoire. Si je n’avais pas fermé une porte en m’abstenant de lui exprimer clairement mon désir qu’elle reste, mais au final il me semble c’est juste une péripétie d’un récit plus vaste, avec des choses qui m’appartiennent, d’autres qui lui appartiennent et qui, bout à bout, font qu’iel est rentré.e.

Bien sur c’était prévu ainsi dès le départ. Une parenthèse a toujours vocation à se refermer. Mais est ce que ça aurait pu devenir autre chose ? Pour ça il a manqué une perspective à un moment, une direction commune. C’était surtout lors de la seconde saison, lorsque son départ programmé barrait l’horizon d’un bout à l’autre… J’avais choisi de profiter de ce joli cadeau de la vie, de vivre ce qu’il y avait à vivre avec légèreté, mais je crains de ne pas être très doué pour la légèreté. J’ai fait de mon mieux, et ne m’en suis pas trop mal sorti je crois. C’était une période déroutante. Je ne ressentais plus l’élan que j’avais ressenti l’année précédente, pourtant j’ai aimé chaque moment qu’on a partagé.

Il me semble davantage nécessaire d’aimer que d’être aimé, mais quelle joie, quel bonheur, quel accomplissement lorsque cet amour est partagé ! Je me suis senti couvert de bienfaits et de bénédictions. Nettoyé jusqu’aux tréfonds, remis à neuf, régénéré par tant d’amour. J’avoue que cette expérience m’a laissé un goût de reviens y et que aujourd’hui, pour la première fois de ma vie je me sens disposé pour une relation dans la durée, comme quoi tout arrive ;-). J’ai aussi appris que ma première relation, ma première fidélité est avec moi même, et que j’ai besoin de beaucoup temps pour moi.

Je l’ai connue par les cordes, mais suis rapidement devenu.e saon soumis.e, ou sa pup plutôt. C’était juste génial. Je m’occupais aussi des tâches domestiques quand on se voyait. Ménage, repas, service, lessive. Ce n’était pas déplaisant, et chouette pour faire péter les stéréotypes de genre, mais je ne le referai plus dorénavant. C’est trop épuisant quand on a déjà une vie professionnelle chargée par ailleurs. A moins que je devienne un jour homme au foyer ? Plus tard quand je serai grand qui sait ? Faut toujours être ambitieux dans la vie :-D

On a fait de moins en moins de cordes avec le temps. En me sentant soumis je n’avais plus l’état d’esprit nécessaire pour faire de bonnes cordes avec iel. Ca m’était déjà arrivé avec d’autres personnes : je ne peux pas être à la fois le soumis et l’encordeur avec une même partenaire. Ce sont deux énergies incompatibles pour moi.  Je l’ai fait pourtant. Parce que je savais qu’elle aimait ça et je voulais lui faire ce plaisir, ce qui est une assez bonne raison je trouve.

On faisait beaucoup de gender play encore. C’était chouette d’explorer ce domaine en sa compagnie. Me maquiller, porter des vêtements féminins… C’était facile car je me suis toujours senti.e davantage féminin.e que masculin.e à l’intérieur, mais curieusement c’est devenu moins structurant pour moi. Je suis moi tout simplement. Non binaire. A-genré.e. Ou plutôt ça ne se joue pas dans une apparence, mais c’est peut-être car je n’ai jamais prêté une grande attention à mon apparence ? (C’est d’ailleurs un tort je crois ;-)

Et à présent ?
Notre histoire telle qu’on l’a connue est passée, mais j’aime penser que le lien demeure et qu’on a encore des choses à partager… Ici, là bas, ou ailleurs encore.
Iel  vient d’être admis.e dans l’école où iel souhaitait aller, pour apprendre le métier qu’iel a choisi.
Iel est sur son chemin, et cette pensée me remplit de joie et de fierté tandis que je vais sur le mien.

Merci à E.E. Cummins pour le titre
Merci à Ivy et Lux, et à quelques autres
Merci Toi
<3

Pleine lune à 18h47

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Rope story

Je n’ai jamais fait si peu de cordes que l’an dernier depuis que j’ai entamé mon chemin sur cette voie. Pendant un temps je me suis même dit que je n’en ferai peut être plus jamais, puis… chassez le naturel ! ;-). Et puis ce temps n’a pas été perdu. C’est, c’était comme une respiration, une plage de dormance entre deux cycles et un temps pour mesurer le chemin parcouru depuis mes premières tentatives aussi.

A l’époque le monde des cordes était très confidentiel. il n’y avait pas de communauté là où j’habitais. J’avais juste cette envie qui m’habitait depuis aussi loin que je me souvienne, et la chance de rencontrer quelques partenaires qui n’avaient pas froid aux yeux, souvent par le biais de ce blog d’ailleurs.
Merci Heidi donc, et merci Home aussi de t’être prêtée à mes premiers pas, et merci à quelques autres encore.
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Puis ce fut le temps des premiers workshops, lorsqu’il est devenu possible de prendre des cours ou d’aller à des jams. Ce fut le temps d’une immense transformation intérieure, qui alla bien au delà des cordes, et qui m’a donné l’assurance nécessaire pour encorder. C’est là aussi que j’ai commencé à comprendre l’effet que pouvaient faire les cordes sur mes partenaires… L’infinie palette des effets qu’elles peuvent procurer. Quelle belle, magnifique, sublime découverte que celle ci ! :-D
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Puis vint une volée de marches gravies au pas de charge, un envol, avec la meilleure partenaire imaginable pour un apprenti encordeur : Naïs, une guerrière des cordes qui m’a challengé comme personne ne l’avait fait jusqu’alors. Elle habitait à l’autre bout de la France et on s’enfilait d’authentiques marathons quand on se voyait, des semaines entières de cordes à chaque fois qui nous laissaient l’un et l’autre épuisés. Mais quels résultats aussi !


J’ai attaché beaucoup de monde à cette période, des femmes et quelques hommes, des personnes binaires, non binaires, transgenres. Il y avait une sorte d’exaltation en moi. Un besoin d’explorer, de multiplier les expériences, les interactions. Ca avait sans doute à voir avec l’égo aussi. Une amie m’avait dit à l’époque que j’avais une revanche à prendre, et c’est possible en effet. Ceci étant posé il me semble que beaucoup d’encordeur.se.s passent par cette étape à un moment… Et puis cette « frénésie » m’a permis de faire de belles rencontres…

A un moment j’ai ressenti le besoin de me centrer sur un petit nombre de partenaires. J’avais appris beaucoup de choses sur le plan technique, mais pour moi l’essence des cordes se situe dans ce qu’elles éveillent chez ma partenaire et dans la relation qui en découle. C’est là que ça devient vraiment intéressant je trouve. Enoncé de la sorte c’est une évidence bien sûr, mais pour moi ça n’avait rien d’évident jusqu’à une époque toute récente. J’en étais conscient naturellement, mais j’avais tellement à faire ailleurs ! Il y avait l’apprentissage technique, et j’étais également très occupé à créer des liens avec moi-même.

On dit qu’il n’est pas possible d’avoir une relation avec quelqu’un si on n’en a pas une avec soi même au préalable. Ca me semble très juste et ce n’est peut être pas un hasard que j’aie rencontré maon petit.e américain.e. adoré.e précisément à l’époque où je commençais à bien m’aimer moi même. Et si c’en est un (de hasard) c’est qu’il a vraiment très bien fait les choses. Merci le hasard, donc, et merci la Goddess !
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J’ai fait de belles cordes dans cette période. Il y eut une forme de maturation, mais aussi l’impression d’être dans une zone de confort, une sorte de routine confortable mais pas très exaltante au bout du compte. Et quand le sensei que je m’étais choisi pour apprendre les cordes a cessé d’exercer ca n’a pas du tout arrangé mon impression de tourner en rond ! C’est dans ce contexte que j’ai presque arrêté les cordes l’an dernier. Bien sur il y eut d’autres causes, mais c’est, ce sont d’autres histoires.

J’ai eu un déclic à l’automne dernier. Tout à coup j’ai su la direction que je veux suivre comme une étoile dans le ciel. J’ai vu l’endroit où je veux aller, ainsi que ma source d’inspiration pour les temps à venir. C’était une évidence, tout comme c’est évident à présent que je souhaite m’orienter vers des sessions avec un petit nombre de partenaires régulières, deux, voire trois au plus… L’énergie des cordes est revenue et j’ai recommencé à en faire. De belles cordes. L’envie était de retour ! :-D
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Cette belle énergie est tempérée par un incident en workshop il y a trois semaines : une corde qui a cassé net en montée et ma partenaire qui est tombée au sol, sans gravité heureusement. C’était mon premier accident de cordes en 10 ans, et j’espère bien que ce sera le dernier ! J’ai fait ce qu’il faut pour que ça n’arrive plus mais il y a toujours un risque, fut il résiduel. Si on ne l’accepte pas il ne faut pas faire de cordes, et c’est vrai pour la personne qui attache comme pour celle qui est attaché.e.

J’ai passé la journée d’aujourd’hui à traiter mes cordes, les brûler, les nettoyer, les traiter à la cire d’abeille pour qu’elles retrouvent toute leur souplesse après cette pause. C’est une opération très particulière, un rituel, presque une méditation. Il y a une mystique des cordes et je trouve particulièrement chouette d’avoir pratiqué cette opération en prélude à cette veillée de pleine lune. Au moment où fleurissent les amandiers.

C’est également plaisant que ma prochaine session de cordes soit précisément demain, jour de pleine lune. Il s’agira d’une seconde rencontre et si elle est aussi réussie que la précédente, ma foi… :-)

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Pleine lune à 8h33

Avec toute ma gratitude :-)

(Takato Yamamoto)

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Fragments de sagesse aviaire

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« Chez l’oiseau, l’époque du changement de plumage est une période de fragilité. Parfois il ne peut momentanément plus voler, c’est le cas de certains canards. On dit alors qu’ils sont en plumage d’éclipse. Une jolie expression pour désigner ce moment où l’oiseau se met un peu entre parenthèses, attendant que certaines plumes essentielles qui sont tombées repoussent. Il se sait fragile, se fait discret, n’engage rien d’important. Il prend patience. Il attend que le renouvellement s’opère, pour recouvrer toute sa force, toute sa beauté. Ainsi devrions nous faire, parfois »

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« … coupons donc la tête à cette vieille croyance, qui veut que la majorité des oiseaux soient fidèles pour la vie, hérauts d’une monogamie du plus grand romantisme. Bien sûr il y a les oies, les cygnes, certains rapaces… mais pour le reste la vérité est plus nuancée que cela, et l’on rencontre en fait tous les intermédiaires possibles entre monogamie et polygamie (…) Chez les humains, y compris chez ceux qui cherchent à vivre des pratiques sexuelles plus libres, le rêve de l’amour absolu vient souvent compliquer un peu les choses. De plus la liberté n’est pas forcément de multiplier les partenaires : on peut aussi se sentir libre d’être fidèle (…) Certains vivront leur sexualité comme des cygnes, d’autres comme des accenteurs, avec toutes les nuances intermédiaires possibles. Pour éviter trop de malentendus le tout sera de trouver comme partenaire le même type d’oiseau que soi ! »

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« … les animaux ont de tout temps été considérés comme très inférieurs, et le mot ‘bête’ signifie à la fois ‘idiot’ et ‘animal’. Pourtant avec notre manie de tout mesurer et de tout classer nous usons de critères bien trop humains pour définir l’intelligence des animaux, qui parfois nous échappe (…) Cette arrogance des humains envers les formes d’intelligence ou de sensibilité animales évoque d’une certaine façon Claude Lévi-Strauss (Tristes Tropiques), quand il parlait de la façon dont les hommes peuvent se juger entre eux : « Les Blancs proclamaient que les Indiens étaient des bêtes, les seconds se contentaient de soupçonner les premiers d’être des dieux. A ignorance égale le premier procédé était certes plus digne d’hommes. »
Et si le début de l’intelligence c’était l’humilité ? »

In « Petite philosophie des oiseaux », Philippe J. Dubois, Elise Rousseau, Editions de la Martinière, 2018

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Pleine lune à 20h22 :-)

Avec mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année,
et cette nouvelle décennie ! :-)

 

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Au moment où les arbres se mettent à nu

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Ce fut un bel automne


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assurément


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J’ai même repris les cordes, c’est dire ! ^^

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(Il était temps ! ;-)

Pleine lune demain à 6h14

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